
les montagnes de gneis de Freyberg, si riches en
filons de spath brunissant et d’argent sulfuré,
on ne trouve pas la moindre parcelle de ces substances
dans les couches. Ce fait est répété presque
par-tout; et quoique les auteurs citent des exemples
de montagnes où la même substance se trouve
tantôt en couches, tantôt enfilons, il n’en est pas
moins vrai qu’ils sont rares.
On a peut-être également trop généralisé les
observations faites dans certains pays, lorsqu’on
a dit que les montagnes de gneis, de schiste micacé
et de phyllade, étaient les plus riches en filons; que
le granité elle porphyre étaient peu métallifères;
qu’il en était de même des montagnes très-escar-
pees, ou dont la stratification était irrégulière ;
que la direction la plus générale des filons dans
une contrée, était parallèle aux grandes vallées
voisines. Ces faits, généralement vrais en Saxe, ne
le sont plus en Amérique , où l’on voit les porphyres
et les calcaires renfermer les plus riches
des filons qui nous sont connus, où on voit ces
gîtes à des hauteurs de quatre mille mètres.
b) Rapport des filons entre eux.
§ 4og. Rarement un filon est-il seul dans une
contrée ; en général ces gîtes se trouvent comme
par groupes dans lesquels ils sont quelquefois parallèles
; mais le plus souvent ils se croisent.
Dans la même région, les filons d’une même
formation sont ordinairement parallèles : c’est
ainsi qu’à Freyberg on voit les principaux filons
de plomb dirigés du nord au sud ; et qu’à
Ehrenfriedersdorff, les filons d’étain sont dirigés
de l’est à l’ouest, en affectant un parallélisme remarquable.
Mais ceux de formation différente, et quelquefois
ceux de même formation, se joignent, se croisent,
en présentant dans leurs jonctions et intersections
des phénomènes qui sont d’un grand intérêt
dans l’exploitation des mines, et sur lesquels
nous allons nous arrêter un instant.
§ 410- Lorsque deux filons se croisent, il y en a
un qui, sans éprouver aucune interruption, traverse
l’autre, et le coupe ainsi en deux parties.
Le filon coupé existait déjà lorsqu’il s’est fa it,
dans la montagne, la fen te qui, remplie ensuite
de matière minérale, a formé le filon coupant ;
de sorte que celui-ci est le plus nouveau, et que
le filon traversé est le plus ancien. En partant de
ce principe, et en combinant les observations
sur les divers filons de la contrée de Freyberg,,
Werner est parvenu , de la manière la plus ingénieuse
, à déterminer l’âge relatif de chacun
d’eux.
Quelquefois le filon coupant, aux approches
de l’autre , se ramifie ou s’éparpille en petites
veines, lesquelles se rejoignent et présentent de
nouveau ce filon au-delà du filon coupé.
Intersection
des filons.