
C’est dans un porphyre semblable, de couleur
généralement, verte, que M. de Humboldt a vu ,
en partie, les filons du Mexique , les plus considérables
et les plus riches de l’univers.
Nous devons encore faire men tion du porphyre
re'tinitique ( pechstein-porphyr des Allemands). Sa
base est la substance décrite par M. Brongniart,
sous le nom de rétinite ; elle a un éclat qui approche
de celui de la résine , sa couleur la plus ordinaire
est le v e rt, mais quelquefois elle est rouge,
brune et même noire ; elle est en pièces séparées
grenues ; elleseboursouffleau chalumeau et donne
un ^émail blanc : elle renferme habituellement
des cristaux de feldspath et des grains de quartz.
Ce porphyre est remarquable, non - seulement
par sa composition, car il contient une quantité
d’eau qui est quelquefois le douzième de son poids,
mais encore parce qu’il se trouve fréquemment
dans des terrains volcaniques * et qu’il y forme de
vraies laves vitreuses , ainsi que nous le verrons
dans la suite. Aussi, sa position dans les terrains
primitifs est-elle un fait à bien constater dans
toutes ses circonstances. A l’époque où j’ai observé
celui de la vallée de Triebischen Saxe, je ne connaissais
pas toute l’importance d’un pareil gisse-
ment, et par suite je n’y ai pas donné toute l’attention
qu’il méritait ; je puis cependant dire que
je l’y ai vu entremêlé avec le porphyre euritique
ordinaire, lequel , un peu plus loin , était mélangé
avec le porphyre terreux, et qu’il est d’ailleurs
identique , au moins sous les rapports de la
composition , avec celui qui, dans la même contrée
, auprès de Freyberg, est en couches dans le
gneis : il renfermait une grande quantité de cristaux
de feldspath et de quartz, et il contenait encore
cette dernière substance à l’état calcédo-
nieux, sous forme de plaques et de boules.
M. Voigt a trouvé encore du pechstein dans les
montagnes porphyriques du Thüringerwald.
M. Brongniart a cru devoir désigner par des noms différents
les diverses sortes de porphyres, ou même de porphyroïdes à
pâte homogène ; il a laissé au seul porphyre rouge le nom de
porphyre , et il a donné celui d'ophite au porphyre v e rt, celui
de mélaphyre au porphyre noir, celui d’argilophyre au porphyre
terreux, et son stigmite comprend le pechstein-porphyr.
§ 197. Les minéraux en cristaux, ou grains cristallins
, renfermés dans les masses dont nous
venons de parler , sont :
i° Le feldspath. Il s’y trouve toujours en quantité
plus ou moins considérable , le plus souvent
même il y est seul, et on peut dire qu’il y est
essentiel ; c’est en quelque sorte lui qui constitue
une roche à l’état de porphyre , même dans
l’acception que les artistes donnent à ce nom.
Les porphyres rouges, noirs , bruns, verts , contiennent
tous des cristaux de feldspath : les taches
blanches du porphyre oriental, auquel elles
ont fait donner le nom de leucosticlos , c’est à-
Cristaux
contenus
dans les
porphyres.