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galets dans les ruisseaux ou dans les brèches, et on
la voit assez rarement en place. M. de Charpentier
l’a observée , dans son gissement primordial, en
deux endroits différents des Pyrénées : dans
l ’un, elle se présente comme une grande masse
faisant partie d’une couche très-puissante qui s’enfonce
sous le phyllade ; elle se divise en strates de
quelques pouces d’épaisseur, et est traversée par
des filets de quartz blanc : dans l’autre, elle forme
une couche de huit pieds d’épaisseur.
Si la présence du carbone dans les lydiennes
semble les lier aux phyllades intermédiaires , son
abondance dans les couches et masses suivantes les
y unira indissolublement ; ces couches charbonneuses
seront :
6° Vampelile alumineux ( alaunschiefer). Cette
substance n’est qu’un phyllade imprégné de carbone
et de soufre. Ce dernier principe^s’y trouve ,
ou dans un état particulier de combinaison avec
le premier, comme le pense Klaprotb, ou à l’état
de sulfure de fer, comme semblerait le dénoter la
multitude de grains et de points pyriteux qu’on y
remarque. Il est peu de terrains de phyllade qui
ne présentent de ces couches alumineuses : j’en
ai vu à Huelgoat, en Bre tagne. Lorsqu’elles sont exposées
à l’air, elles s’effleurissent, le soufre passe
à l’état d’acide sulfurique , lequel se porte sur
l’alumine, et forme un sulfate d’alumine : l’action
du feu, opérée par un grillage, contribue beaucoup
à accélérer et à produire une pareille combinaison.
Le phyllade intermédiaire de la Suède
méridionale et de laNorwége, contient une grande
quantité de ces couches : elles y sont assez riches
pour êLre l’objet d’exploitations importantes.
70 Si, dans le phyllade carburé, les feuillets
sont assez serrés pour que la pierre ait un peu de
consistance, et qu’en même tems, elle soit tendre,
elle pourra être taillée en forme de crayons pour
dessiner. C’est Yarnpelite graphique ( zeichen-
scliiefer').
8° Le carbone s’accumule quelquefois dans
des portions du terrain de phyllade, de manière
à y former des masses d’anthracite. J ’en ai observé
une dans les phyllades intermédiaires du petit
Saint-Bernard , près le village de la Thuile ; elle
a une trentaine de mètres de long et deux ou trois
mètres d’épaisseur ; elle brûle difficilement, et
n’est employée qu’à cuire de la chaux. Il y en a
plusieurs semblables dans cette contrée ; elles
S etendent sur le revers des montagnes qui regardent
la Savoie; et M.Brochant les a décrites dans
son Mémoire sur la Tarentaise : le schiste qui les
entoure présente des empreintes végétales de
roseaux ou plantes analogues. C’est encore au
phyllade intermédiaire que nous rapporterons les
couches d’anthracite que M. Héricart de Thury
a observées, à de très-grandes hauteurs, dans les
Alpes du Dauphiné, et qui y sont dans un terrain
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