
Sur un terrain de calcaire coquillier et de grès avec
argile, on a une mince couche de sable, au-dessus
de laquelle est une assise de lignite d’environ
six mille mètres de long et deux mille de large, et
d’une épaisseur très-variable, mais qui va jusqu’à
trente mètres; au-dessus, on a une coulée de lave
basaltique, ayant plus de cent mètres d’épaisseur.
Le lignite se présente ici dans tous les états possibles
de bituminisation. Dans le bas de l’assise ,
ce sont des troncs d’un bois pareil au cèdre, dit-
on , avec leurs branches, d’un brun clair , ayant
conservé la texture fibreuse , pouvant se ce iper
au couteau et se travailler au tour : au-dessus, se
trouve le lignite ordinaire ( braunkohle ) , tantôt
compacte et approchant du jayet, tantôt friable
et passant à la terre d’ombre : il forme la masse
principale du banc. Il est recouvert en partie
d’une couche de jayet, ayant jusqu’à trois pieds
d’épaisseur ; ce minéral est généralement très-
dense , à cassure parfaitement concoïde , et à
bords très-aigus , aussi l’appelle-t-on charbon
vitreux ( glaskohle ) ; on y reconnaît quelquefois
la texture ligneuse. Par-dessus , on a une couche
plus épaisse encore d’un lignite tout particulier :
il est très-noir , très-brillant, ressemblant à certaines
houilles, et meme à certains anthracites;
il est même traversé par quelques veines de
quartz. Enfin , plus haut, et immédiatement au-
dessous du basalte , se trouve une mince strate
d’un autre lignite, encore particulier au Mont-
Meisner , semblable au précédent, mais divisé en
petits barreaux de quelques lignes d’épaisseur, et
pareils à des prismes basaltiques. L’état dans lequel
se trouvent ces lignites voisins du basalte
est l’effet d’une carbonisation opérée par la lave ,
et analogue à celle que M. Hall a produite, en
renfermant de la sciure de bois de sapin dans
un canon de fusil, de manière à ce qu’aucun principe
ne pût se volatiliser, et en l’exposant ensuite
au feu : il a obtenu une substance noire compacte
, ressemblant à de la houille, et brûlant
avec flamme (i). Le lignite du Meisner, qui avoisine
le basalte , a de son côté tant de ressemblance
avec une certaine variété de houille ( le
glantzkohle ) , qu’il est continuellement donné
comme exemple de cette variété , par les minéralogistes
allemands. L’effet produit par la lave
basaltique du Meisner a bien quelque analogie
avec celui que les dik.es de basalte ont opéré sur
les couches de houille aü point de contact ; mais
il en diffère sous certains rapports ; les dykes
ont réduit la houille en coak, l’ont privée de bitume
, et ont détérioré sa qualité comme combustible
: ici, au contraire, les parties qui avoisinent
le basalte sont les plus recherchées , et elles
répandent plus de chaleur que les autres (2).
(i) Journal de ph ysique, tom. LXV.
(a) A ce qui.m’a été dit, sur les lieux , à ce sujet, j’ajouterai le