
phanite, etc., qui leur sont entremêlées et qui ne
paraissent être qu’une modification différente de
lamême substance. Les descrip tions géognosliques
donnent peu d’exemples de couches réellement
hétérogènes contenues dans les terrains porphyri-
ques. Un des plus remarquables est celui, rapporté
par M. Beudant,t de trois sortes de couches
dans le porphyre siénitique des environs de
Schemnitz ; ce sont : i° des couches peu étendues,
mais bien caractérisées, de schiste-micacé, qui alternent
principalement avec les siénites à petits
grains; 20 des couches de quartz ordinaire, tantôt
compacte , tantôt grenu , et quelquefois se divisant
en plaques séparées par des lames de mica ;
3° des couches de calcaire compacte, imprégnées
de stéatite , d’un jaune-serin, mêlées de serpentine
contenant de l’asbesle et même quelques
grenats rouges.
§ 200. Werner, considérant les porphyres sous
le rapport de leur âge relatif, les comprend sous
trois formations principales.
i° La première , ou la plus ancienne , est antérieure
aux phyllades ; elle se trouve dans les
schistes micacés, les gneis, et vraisemblablement
aussi dans les granités ; elle ne consiste guère
qu’en porphyre à base d’eurite compacte, et se
trouve en assises plus ou moins considérables
dans les roches que nous venons de citer, et
principalement dans les gneis. Elles y sont, dans
ma manière de voir, un gneis passé, par quelques
circonstances particulières de formation, à l’état
compacte. M. de Buch a vu au centre des Alpes
un eurite de structure porphyrique passer a un
gneis à feuillets épais (1).
20 La seconde formation est beaucoup plus
étendue et plus considérable ; c’est elle qui
constitue , dans l’époque primitive , les terrains
de porphyre proprement dits. Sa masse principale
est l’eurite ordinairement compacte , et
quelquefois terreux; elle est accompagnée de
granité siénitique , auquel elle tient et elle passe
de la manière la plus évidente en plusieurs endroits,
ainsi que l’ont bien constaté MM. de Rau-
mer et de Bonnard. On y trouve aussi quelquefois
du pechstein, comme en Saxe et dans le Thürin-
gerwald.
Werner remarquant que ce porphyre repose, ou semble reposer
sur la tranche des couches de roches placées au-dessous,
en conclut qu’il appartient à une formation entièrement différente
, et qu’il constitue une de ces formations particulières
dont nous avons parlé (§ ï/^.3 ) ; peut-être est-elle, dit-il, le
produit d’une dissolution particulière, à-peu-près comme celle
des trapps secondaires. Je ne discuterai pas cette opinion, à laquelle
les observations dernièrement faites sur le porphyre de
Christiania, en Norwége, semblent prêter une nouvelle force,
et je me bornerai à dire que ce second porphyre, comme le
premier, ne me paraît qu’une roche formée des mêmes éléments
que le, granité, mais dans un état d’agrégation confuse. 1
(1) Mtigazin der naturfor ehender Freunde, 1809, p. n 5.