
248
M. Brochant qui a fait, dans les Alpes, une
étude particulière des gypses de ces terrains, observe
qu’ils sont en général d’un très-beau blanc,
d’un grain très-fin et quelquefois compactes ou
presque compactes, et qu’ils contiennent des parties
calcaires, du mica ou talc, duselgemme et du
soufre. Il rapporte à ces gypses, celui qui, dans la
mine de fesey, est au-dessus de la masse métallifère
; celui de Brigg dans le Vallais, qui est recouvert
par un calcaire saccaroïde schisteux et micacé
; celui du Val-Canayia, dont nous avons parlé
(§ 23o); celui de Cogne, que nous regardons comme
de formation contemporaine à la masse générale
des Grandes-Alpes; celuide l’Allée-Blanche, quiest
en masses placées sur la tranche des couches du
sol de la contrée , etc. J ’ai vu de pareilles masses
dans la même vallée d’Aoste ; mais comme elles
ne sont point recouvertes, je ne saurais rien «lire
sur leur âge relatif. Saussure avait observé , au
Mont-Cénis , des couches considérables de cette
même substance, et il s’était trouvé dans le même
embarras sur leur classement.
Les terrains de phyllade intermédiaire du pays
deSalzbourg, contiennent fréquemment dugypse,
tantôt interposé entre les feuillets de la roche ,
tantôt en rognons , quelquefois même en masses
assez considérables. Dans la vallée de Leogang ,
au milieu d’un gîte de minerai de plomb et de
cuivre , on a plusieurs couches de gypse grenu ,
à grains fins, ayant plusieurs mètres d’étendue et
contenant aussi du minerai (1).
M. de Charpentier, directeur des mines et
salines de Bex, pense que le gypse salifère de
cette contrée est en couches dans un calcaire
intermédiaire très-argileux et carburé. A Be x ,
l ’exploitation a lieu sur deux couches de plus de
centmètres d’épaisseur ; leur masse, contenant du
sel gemme , en grains souvent imperceptibles,
est du gypse anhydre , dans lequel on trouve,
i° des couches plus petites de calcaire compacte
noir et avec des parties anthraciteuses ; 20 des
couches de phyllade (grauwackenschiefer) passant
K\digraucvacke, e t contenantune assez grande quantité
de sel, soit en grains, soit en rognons, soit en
veines de sept a huit pouces d’épaisseur. M. Struve,
inspecteur-géneral du meme etablissement, regarde
le gypse comme superposé au calcaire intermédiaire
, mais sans faire partie de sa formation;
Userait, d’après lui, au milieu d’une masse
argileuse comme les gypses duTyrol, de Salzbourg,
de Wieliczka, etc. M. de Charpentier fait observer
que dans l’intérieur des mines le gypse est anhydre
; mais qu’ à cent ou soixante pie ds de la superficie
du sol, l’atmosphère ayant fait ressentir son action
l ’a altéré , a porté de l’eau dans sa composition, et
en a fait une pierre à plâtre ordinaire. Il pense 1
(1) De Buch. Geognostiche Beobachlungen.