
Trachytes ï
-vitreux.
ne peut les distinguer qu’au microscope. Le tra-
chyte émaillé est très-souvent bulleux ; les bulles
sont petites, en général aplaties dans le meme
sens , et il en résulte une ponce. Il n’est pas rare
devoir des échantillons, formés de minces bandes
ayant à peine une ligne d’épaisseur, de trachyte
émaillé, et de trachyte ponceux, alternant à plusieurs
reprises : cette même disposition se voit
en grand dans les montagnes.
Quelquefois l’éclat devient plus fort, et comme
résineux ; les pièces distinctes sont moins arrondies
, et l’on a le pechstein des Allemands,
ou la rétinite de M. Brongniart. Il s’en trouve
peu dans les terrains trachy tiques de la France ;
mais il en existe de grandes masses en Hongrie.
M. de Humboldta observé sur le PicdeTénériffe»
des laves à base d’une rétinite contenant des cristaux
de feldspath, et dont l’analogie avec celui
de la vallée de Triebisch , en Saxe, est frappante ;
seulement il ne contient point, comme ce dernier
, de cristaux de quartz (voyez, sur la rétinite
de Saxe le § 196).
Les îlesLipari montrent de fréquents exemples
de trachytes émaillés de diyerses sortes.
§ 359. Elles nous montrent sur-tout les trachytes
vitreux les mieux caractérisés : les deux
tiers de Lipari et de Vulcano en sont composés ;
ils y forment, dit Spailanzani, une masse de verre
quia six à sept lieues de circuit.
Arrêtons-nous un instant, avec cet excellent observateur,
sur la montagne délia Castagna, pour considérer ce singulier
produit.
Cette montagne, qui a une lieue et demie de tour, est
presque entièrement composée de courants de verre ou d’émail,
dont l’épaisseur varie de un à douze pieds, et qui sont amoncelés
les uns sur les autres. Entre eux se trouve souvent une légère
couche terreuse rougeâtre ; ils sont gercés et fendus, et
leur surface présente fréquemment de ces saillies, en forme de
câbles et de cordes, qu’on voit quelquefois sur les laitiers sortant
de nos fourneaux. La substance vitreuse, qui constitue la
masse principale de la montagne, est olivâtre, opaque en masse,
et transparente lorsqu’elle est en fragments minces, étincelante
sous le briquet, à cassure concoïde ou vitreuse, et contenant
des grains de feldspath ; son aspect est un peu gras ; c’est un
milieu entre le verre et l’émail. La montagne présente des verres
plus parfaits : il y en a des morceaux qui ne le cèdent en
rien aux plus belles obsidiennes de l’Islande et du Pérou : leur
masse paraît très - noire et entièrement opaque; mais les
écaiües que l’on en enlève sont blanches , transparentes, et fondent
en verre blanc : la cassure en grand est ondulée; lès bords
des fragments sont aigus et tranchants ; ils donnent beaucoup
d’étincelles par le choc du briquet : ces masses prennent aussi
bien le poli que les plus beaux verres de nos fabriques; elles renferment
des grains de feldspath qui ont une écorce émaillée, et
dont le noyau est ce minéral demi-fondu. On trouve sur cette
même montagne, et sous forme de courant, une variété de
verre incolore, quoique les gros blocs présentent comme
un nuage qui les fait paraître noirâtres ; sa cassure en est absolument
semblable à celle du verre; elle renferme une multitude
de globules opaques-, d’un aspect cendré , quelquefois d’appa -
rence presque terreuse, d’autres fois striés du centre à la circonférence
; ce sont, sur de grandes dimensions, les petits