
de mica. Quelquefois toute la masse en est cour*
posée, et a pris ainsi une structure oolitique ; ce
sont les cristallites dont nous avons parlé plus
haut; ils sont d’ailleurs fusibles comme le reste
de la pâte.
Mais la plus remarquable des variétés observées
par M. Beudant est un trachyte très-siliceux, formant
des masses de montagnes aux environs de
Schemnitz et de Tokai, contenant des cristaux de
quartz, des cristaux de feldspath quelquefois vitreux,
et quelques lamelles de mica noir. On y
trouve fréquemment encore des parties et des
veines de jaspe et de silex corné terne ( hornstein),
et on y voit de petites géodes d’améthiste. Sa
pâte prend quelquefois la texture globuleuse dont
nous avons parlé, et elle présente un grand nombre
de cavités bulleuses, quelquefois grandes et
irrégulières, d’autres fois allongées et toutes dans
le même sens. Assez souvent cette pâte est infusible
, et montre des parties blanches et compactes
, extrêmement siliceuses, et passant au
quartz grenu. Elles sont exploitées pour la confection
de meules de moulin. Dans la majeure
partie de la Hongrie, on n’emploie pas d’autre
pierre à cet usage : aussi M. Beudant a-t-il donné
le nom de porphyre-meulière à la masse des montagnes
qui la fournissent. Une roche volcanique
de nature quartzeuse !
§ 358. La Hongrie nous fournira encore le
plus bel exemple que nous ayons, sur l’ancien
continent, de trachytes émaillés ( perlstein , ou
obsidienne perlée de M. Brongniart). Ils couvrent,
aux environs de Tokai, des espaces de trente ou
quarante lieues carrées. Ces masses de montagnes
sont formées d’une roche quelquefois terne ,
mais le plus souvent luisante et d’un éclat nacré
ou perlé, et qui contient, quoique rarement,
de petits cristaux de feldspath vitreux, de doubles
pyramides hexaèdres de quartz, et de petites
lames de mica. On y voit aussi divers produits
siliceux, tels que des rognons et veines de jaspe
et d’opale, ainsi que de petites géodes de calcédoine
et de quartz. Les parties perlées montrent
une grande tendance à se former en globules ;
tantôt ce sont de simples/?ièces distinctes, grenues,
à surface convexe ; tantôt ces pièces se sont tout-
à-fait arrondies, et se présentent comme des sphéroïdes
irréguliers et composés de couches concentriques
, gros comme dek pois ou des noisettes
, ayant l’éclat de l’émail, et une couleur
ordinairement grise ; ce sont les vraisperlstein des
minéralogistes. Quelquefois les parties émaillées
et compactes se forment aussi en globules parfaits,
à rayons convergents , d’aspect lithoïde et
sans éclat ; ils sont comme des taches dans la
roche , et lui donnent ainsi l’aspect tigré. Des
masses considérables en sont fréquemment composées
, mais les globules y' sont si petits, qu’on