
Montagnes
de minerai.
forme d’un demi-ellipsoïde , placée verticalement ; sa hauteur
est de près de 4oo mètres , et sa plus grande coupe , qui est à
la surface du terrain , a environ 2 5o mètres de diamètre. Elle
consiste en une pyrite martiale portant une croûte épaisse de pyrite
cuivreuse; elle est entourée d’une mince couche stéatiteuse ,
et est placée dans une masse de quartz, laquelle est renfermée
dans le schiste-micacé qui compose le sol du pays.
L ’exploitation de mercure à Idria, qui fournit cinq mille quintaux
de ce métal, a lieu dans un amas, mélange informe de
schiste bitumineux et de cinabre, entremêlé de blocs de roche, et
renfermé dans une montagne calcaire que M. Héron de 'Ville-
fosse regarde comme de même formation que celle qui contient
le schiste cuivreux de Thuringe ( § 287 ). L ’amas a environ
5oo mètres de long, 3oo de large et i 5o d’épaisseur.
Les fameuses mines du Ramelsberg, dans le Hartz, sont
ouvertes sur une couche fortement inclinée, bifurquée, et dont
une des branches, reconnue jusqu’à trois cents mètres de profondeur,
présentant, vers sa partie inférieure, un renflement
de 25 mètres d’épaisseur, peut être considérée comme un
amas. Elle consiste en un mélange intime de pyrites, de galène,
de blende, dé quartz , de baryte , etc., formant une masse très-
dure , qui ne peut être exploitée qu’à l’aide du feu. Elle est renfermée
dans un phyllade de formation intermédiaire. On en retire
du plomb, du cuivre, du zinc, de l’argent et même un peu
d’or (deux ou trois kilogrammes par an].'
Voyez, sur ces trois fameux gîtes , leâ' détails consignés dans
la Richesse minérale , ainsi que les' planches du bel atlas de cet
ouvrage.
§ 4oo. Lorsque les amas sont très-grands et très-
épais , et que , résistant à la décomposition qui
Laisse le terrain environnant, ils restent en saillie
à la surface du globe, ils y forment des1 masses: de
montagnes.
AMAS. 62B
Parmi les exemples qu’on cite habituellement,
le Mont-Taberg, en Suède, est au premier rang.
Quelque intéressant qu’il soit sous tous les rapports
, 1 amour du merveilleux a singulièrement
porté à l’exagération en le représentant comme
une montagne toute composée de fer. C’est un
monticule de 125 mètres de haut, et de cinq à six
cents mètres dans sa plus grande longueur.
M. Hausmann, après l’avoir soigneusement examiné,
n’a vu en lui qu’un banc de diabase, à très-
petits grains, chargé de beaucoup de fer oxidulé,
d’une grande puissance, eÿautrefois renfermé dans
dugneis. Le minerai n’y paraît distinctement, avec
son éclat métallique, que sous forme de veines ou
petits filons , et encore il est très-rare qu’il y soit
entièrement pur; presque par-tout il est intimement
pénétré d’amphibole et de feldspath. Les
blocs détachés qui sont au pied d’une face escarpée
de ce monticule , alimentent depuis deux siècles
une douzaine de fourneaux ; ils rendent environ
25 pour cent d’un excellent fer.
M. de Buch a vu, en divers endroits de la Laponie,
de pareilles masses de montagnes, mais formées
par du fer oxidule pur et à gros grains ; il
cite, entre autres, 1 amas ou bloc de Kirnnavara,
reconnu sur une épaisseur de huit cents pieds. Ce
célébré; geognoste observe que toutes ces montagnes
ou blocs de minerai de fer qu’on trouve
en Suede et en Laponie, n’étaient originairement
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