
On ne comprit d’abord dans la nouvelle classe
que le terrain de la partie centrale du Hartz ,
composé de pliyllade , de grès et de calcaire , et
bientôt après un terrain analogue des montagnes
de la Saxe. On y joignit ensuite quelques roches
amphiboliques , et quelques lydiennes. M. de
Buch , dans un mémoire publié en 1798 (x) , et
c’est, je crois , le premier des écrits sur les terrains
intermédiaires, recueillit-les faits déjà connus
à leur sujet, et il y ajouta de nouveaux exemples
pris en grande partie de la Silésie.
Les choses étaient dans cet état , lorsque
M. Brochant, professeur de minéralogie et de
géologie à l’école des mines, alors établie à Mou-
tiers , dans la Tarentaise , en observant divers
points de cette contrée, fut frappé de la multitude
de brèches et de poudingues qui s’y trouvaient ;
il vit les roches de ces montagnes alterner avec
ces poudingues , et avec un terrain anthraciteux
contenant des empreintes végétales. Il exposaces
faits dans un mémoire qu’il publia en 1808 , et
dans lequel on nous montra, pour la première
fois , des schistes - micacés , des serpentines ,
des quartz en roche et des calcaires grenus , hors
de la classe des terrains primitifs , et postérieurs
à l’existence des êtres organisés ( 2 ). Ce mé- 1 2
(1 ) Jahrbücher der Berg und hutten künde. 1798.
(2) Journal des Mines , tom. XXII.
moire classique et fondamental, pour employer
les expressions de M. de Buch , fait époque dans
cette partie de la science.
L’année suivante , un géologiste d un mérité
distingué , M. Omalius d'Halloy, dans son Essai
sur la géologie du nord de la France , plaça parmi
les terrains intermédiaires , plusieurs parties
de la contrée qu’il décrivait, et qui, étant formées
d’ardoises , de quartz et d’amphibolites, se
trouvant riches en métaux, avaient été regardées
jusqu’alors comme primitives.
Mais quelque extraordinaires que fussent ces résultats
de l’observation, ils le furent encore bien
moins que ceux que MM. de Buch et Hausmann
rapportèrent de leur voyage de Norwege. Avec
surprise, nous vîmes le granité lui-même , et un
granité des plus beaux et des plus cristallins ,
superposé à des bancs de calcaire coquillier. Ce
fait, jusqu’ici le seul dans son genre , était si extraordinaire
, et tellement oppose aux idées que
l’étude des montagnes avaient fait naître èn nous,
qu’on aurait pu en désirer une nouvelle vérification
avant de l’admettre définitivement ; mais il
était rapporté , dans tous ses détails . par le plus
habile des géognostes actuels , et il était confirmé
par un minéralogiste très-distingué. Il y a
donc des granités secondaires , et la géognosie
11’a plus une seule roche essentiellement primitive.
A peine ce fait fut-il publié , qu’un grand