
mais elles sont bien moindres que celles que nous
venons de citer.
En Amérique , près de Carippe , au nord de
Cumana , M. de Humboldt en a vu une qui est
très - remarquable ; elle se présente comme une
énorme galerie qui aurait environ dix mètres de
large sur vingt de hauteur, jusqu’à quatre cent
soixante-douze mètres de l’entrée ; dans cette
partie, son sol s’élève en un plan incliné, au-delà
duquel elle se prolonge encore à une grande distance
; de sorte qu’elle a au moins neuf cents mètres
de long. Elle sert d’aquéduc À une petite rivière
, et est habitée par une étonnante quantité
d’oiseaux nocturnes , gros comme des poules, et
qui fournissent une sorte d’huile aux Indiens du
pays : une fois par an , ils entrent dans la caverne
et tuent lesguacharos, c’est le nom qu’ils donnent
à ces oiseaux.
Quelle est l’origine de ces cavernes ? Je ne saurais
la voir, avec quelques personnes, dans la
cause qui a produit les cavités bulleuses que présentent
un grand nombre de pierres calcaires , et
qui paraissent dater de l’époque de leur formation.
Des secousses, des affaissements peuvent
avoir fendu des masses de montagnes, les parties
séparées peuvent s’être diversement inclinées de
manière à ce que l’ouverture se soit refermée par
le hauL et élargie par le bas : les filtrations stalacd-
tiques auront ensuite ressoudé lafissure à la partie
supérieure , et il en sera résulté une grotte. Mais
la grande cause de leur formation paraît être la
dissolution des parties minérales qui occupaient
primitivement les espaces , aujourd’hui vides ,
qu elles présentent : ces parties, de nature peut-
être gypseuse ou marneuse, ou même muriatique,
auront été dissoutes ou délayées par les eaux et
entraînées par elles. Il serait même possible que
des eaux chargées de quelque principe acide, et il
s’en trouve de telles dans l’intérieur du globe ,
eussent agi sur la matière calcaire et l’eussent entraînée
dans leur cours souterrain : la forme des
parois des cavernes , les contours arrondis des
parties saillantes, tout concourt à montrer les effets
d’une dissolution.
Nous ne saurions terminer ce que nous avons à dire sur les
cavernes des terrains calcaires , sans nous arrêter quelques instants
sur les ossements qu’elles renferment et qui intéressent
autant le géognoste que le zoologiste. Plusieurs de celles de la
Hongrie et de l’ Allemagne , notamment celles de Gaylenreuth
et de la Licorne, dont nous avons fait mention, renferment
une immense quantité d’ossements de quadrupèdes grands et
petits ; le sol en est jonché. M. Cuvier, après un examen
scrupuleux de ces fossiles , et après avoir pris en considération
les circonstances de leur gissement, en a fait l’objet d’un des
mémoires les plus intéressants qu’on ait encore publiés en histoire
naturelle ( i) : écoutons ce savant donner lui même les résultats
et les conséquences géologiques de son travail.
( i) Sur les ossements du genre de fours (et autres ) qui se
trouvent dans certaines cavernes d Allemagne et de Hongrie.
dO’ossuerms enetst qdu’aaudtrreusp è- ldeess cadvaenrs
nes.