
328. Il paraît que la formation principale des
lignites a suivi immédiatement celle de la craie, et
qu’elle est ainsi la plus ancienne des formations
tertiaires, au moins en France. Elle consiste en
couches de lignites de diverses sortes, alternant
avec des couches d’argile , qui contiennent habituellement
des coquilles d’eau douce.
Nous allons faire connaître, par quelques exemples
, sa composition, la nature des couches qui
la recouvrent, et qui fixent ainsi son rang dans
l’ordre des formations.
Le nord de la France , depuis Beauvais jusqu’aux
environs de Reims , présente une bande
de terrain de lignite , dans lequel on trouve jusqu’à
cinq couches de cette substance , les unes
sur les autres ; elles n’ont d’ordinaire que deux
ou trois pieds d’épaisseur ; mais quelquefois elles
en ont cinq et six ; elles sont séparées par des couches
de glaise et de sable. Elles sont formées de
lignites terreux et compactes, renferment des
fragmentsdeboisbituminisé, etsontpénétréesde
beaucoup de pyrites, ce qui les rend propres à la
fabrication du sulfate de fer (vitriol); elles portent
dans le pays le nom de cendres noires, de terre vi-
riolique , tourbe pyriteuse, etc. Les couches de
terres intercalées sont également très-pyriteuses.
Le tout est recouvert par des couches marneuses
et calcaires : celles qui sont immédiatement au-
dessus des lignites, contiennent des coquilles fluviatiles,
tandis que les plus élevées en renferment
de marines : on dit encore que dans la partie supérieure
on a des grès coquilliers. D apres ces
considérations, on rapporte ces lignites à l’argile
plastique des environs de Paris : je remarquerai
cependant qu’elles renferment des coquilles d’eau
douce ; M. de Ferrussac y a trouvé, aux environs
d’Epernay, des mélanopsides, des cyclades, des
planorbes, etc., tandis que l’argile plastique est
généralement regardée comme une formation
marine.
M. Marcel de Serres cite encore, aux environs
de Béziers, un lignite tantôt fibreux, tantôt compacte
, renfermant des planorbes , et recouvert
successivement par des couches d’argile bitumineuse
, de calcaire également bitumineux et a
coquilles fluviatiles, de calcaire compacte sans
coquilles , et enfin de calcaire renfermant des
empreintes de cérites.
M. Faujas avait trouvé également des fossiles
fluviatiles dans les lignites de Saint-Paulet, près
le pont Saint-Esprit.
Assez souvent le lignite est recouvert par des
assises de basalte ; et Werner le regardait, dans
certaines contrées, comme subordonné a sa formation
des trapps secondaires (basaltiques). Le plus
bel exemple qu’on puisse citer d’un pareil gisse-
ment, est celui du Mont-Meisner, dans la Hesse,
montagne que nous avons fait connaître ( § 86 )