
Elles finissent d’ordinaire en s’amincissant vers
leurs bords, e.t se terminent ainsi sous forme de
coins plus ou mois aigus ; rarement se divisent-
elles à leurs extrémités en ramifications qui se
perdent dans la roche ; rarement encore se terminent
elles brusquement avec une grande puissance
: la couche ferrifère de Rancié nous a offert
un exemple de ce dernier cas. Quelquefois le volume
d’une couche restant le même, on la voit
changer peu*à-peu de nature et devenir tout
autre à une certaine distance : au reste, ce fait est
assez rare, et je n’en ai pas vu d’exemple bien
positif.
Les particularités que les couches de houille
présentent dans leurs étranglements et leurs renflements,
ainsi que dans leur rejet lorsqu’elles sont
traversées par des filons ( §§ 260et 266 ), se montrent
encore quelquefois dans les couches des
substances pierreuses et métalliques. Il serait superflu
de revenir sur cet objet.
§ 898. Tous les terrains ne contiennent pas la
même quantité de couches : dans les primitifs, ce
sont ceux de schiste-micacé et de schisle-phyllade
qui en présentent le plus grand nombre. D’un
pays à l’autre, le même terrain offre, sous ce rapport
, de grandes différences : en Saxe, le gneis,
qui abonde en filons auprès de Freyherg, ne renferme
presque plus que des couches à Ehrenfrie-
dersdorff, c’est-à-dire à dix lieues plus loin. Ailc
o u c h e s . 6T g
leurs, onne trouve guère que cette espèce de gîte :
je n’en ai point vu d’autre dans les Alpes piémon-
taises.
L’âge des montagnes semble ê tre en quelque rapport
avec la nature de certaines couches métallifères
; c’est ainsi que les observations faites jusqu’ici
, n’ont fait trouver que dans les terrains
anciens, les couches d’étain , de fer oxidulé, de
cuivre oxidé. Dans les montagnes secondaires, on
trouve principalement des couches de plomb sulfuré
, de zinc oxidé , de fer hydraté , etc.
Arrêtons-nous quelques instants sur les minerais
qui se trouvent le plus fréquemment en couches.
r° Le fe r oxidulé ou fe r magnétique. Les fameuses
exploitations de Dannemora en Suède,
qui donnent le meilleur fer connu, 2Îo mille
quintaux par an, ont lieu sur une énorme couche
renflée, ayant jusqu’à 55 mètres de puissance, et
formée d’un minerai presque compacte. Celles
d’Utoe, les secondes de la Suède, tant par la qualité
que la quantité ( 200 mille quintaux par
an ) , présentent un banc ayant environ quarante
mètres de puissance, et près de mille mètres de
long , sur une petite largeur ; son minerai est à
grain fin, et est traversé par des veines de fer car-
bonaté.
J ’ai observé des couches de fer oxidulé en Saxe et en Piémont
, et j’y ai trouvé presque toujours ce minerai accompagné
d’amphibole, d'actinote, de grenats, d’épidote, de chlorite, etc.,