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reil mélange, crut qu’il pouvait être divisé, sous le rapport
minéralogique , en calcaire intérim diaire, calcaire des hautes
montagnes ( hochgebirgskalks/ein) , et calcaire alpin : sous le
rapport géognostique, il réunit dans la mêmf classe les deux
premiers calcaires , et il eut la division communément adoptée ,
le calcaire intermédiaire et le calcaire alpin ; mais depuis quelques
années, un nouvel examen des localités lui a montré qu’il
n existait en réalité aucune limite fixe entre ces deux sortes de
roches ; et d’après des documents qu'il a eu la bonté de me
transmettre en dernier lieu, il ne pense plus qu’on puisse les
séparer. M. de Charpentier est dans la tneme opinion , et il met
en entier, dans les terrains intermédiaires, tout le calcaire qui est
en Suisse, entre la grande formation de grès et le sol primitif:
il n’y a plus pour lui de calcaire alpin.
Dans d’au- § 292. Le calcaire alpin forme en France, une
trées. grande partie des montagnes du Dauphiné et de
la Provence. Il occupe le pied du versant septentrional
des Pyrénées, en y faisant une bande
presque continue de quelques lieues de large : il
forme en outre , sur le faîte et au milieu de la
chaîne , la plus haute des sommités (le Mont-
Perdu) , les tours de Marboré elles grandes masses
calcaires adjacentes. Il existe vraisemblablement
encore sur plusieurs autres points de la France ;
mais comme il y est accompagné du calcaire du
Jura, il est difficile de pouvoir assigner avec précision
les contrées dont il constitue le sol.
L’Angleterre présente , daris sa partie septentrionale
, une grande bande calcaire d environ
quarante lieues de long , placée entre le terrain
houiller et le grès avec argile ( red marie ) dont
nous avons parlé (§ 281). Ce gissement 1 assimile
ainsi au calcaire alpin , sous le rapport géognostique
, c’est-à-dire qu’elle tient en Angleterre
la même place que le calcaire alpin en Suisse,
et que le zechstein en Allemagne ; car, d’ailleurs,
elle diffère essentiellement de ces roches par sa
nature minéralogique. Elle se distingue principalement
par son contenu en magnésie , ou plutôt
en carbonate de magnésie, lequel s’élève quelquefois
jusqu’à près de la moitié de son poids : de là
le nom de calcaire magnésien (magnesian-limes-
tone ) qui lui a été donné. Elle est, en général ,
d’une couleur jaunâtre ou jaune brun clair, d’une
texture un peu granuleuse et quelquefois décidément
oolitique, et elle a un peu d’eclat. Elle contient
du bitume et se rapproche ainsi du calcaire
fétide, dont elle renferme d’ailleurs des masses
tuberculeuses à texture testacée et radiée. — On
y a trouvé quelques grains de galène. Quant aux
fossiles, ils y sont peu nombreux ; M. Winch cite
des encrinites, des coquilles bivalves ressemblant
’ à celles des genres donax, des moules, etc., et
l’empreinte d’un poisson qui paraît appartenir
au genre chætodon (1).
L’Angleterre présente encore un autre calcaire
qui a peut-être plus de rapports minéralogiques
avec celui des Alpes, mais qui en diffère essen- 1
(1) Trans, o f the geol. soc. , tom. IV.