
Sables
et grès.
des os de poissons. On a ensuite un grand banc de
marnes vertes renfermant des géodes argilo-cal-
caires, et des rognons ou boules de strontiane sub
fatée. 11 est suivi de quelques autres plus petits, et
le tout est terminé par deux couches renfermant
une grande quantité d’huîtres qui paraissent avoir
vécu dans le lieu où on les trouve aujourd’hui,
disent MM. Cuvier et Brongniart.
Ces auteurs ont été tentés de diviser les marnes,
et de séparer celles qui contiennent les coquille s
d’eau douce, de celles qui renferment lescoqui lies
marines : mais , ajoutent-ils , ces couches sont
tellement semblables les unes aux autres, elles
s’accompagnent si constamment, que nous avons
cru devoir nous contenter d'indiquer cette division.
§ 319. Au-dessus des marnes, ou même immédiatement
au-dessus du calcaire à cérites, lorsque
les couches intermédiaires manquent, on a une
grande assise composée de sable et de grès , dont
l’épaisseur est quelquefois de quaranteà cinquante
mètres , et même de cent, ainsi qu’on le voit à
la forêt de Fontainebleau.
Le sable consiste en un assemblage de très-petits
grains anguleux de quartz, mêlés habituellement
d’une petite quantité de terre, de carbonate
de chaux, et de fragments de coquilles ; quelquefois
ils sont entièrement purs, et fournissent les
sablons aux fabriques de cristaux : c’est à Fontainebleau
que la fabrique royale de Mont-Cenis ,
en Bourgogne , envoie chercher ceux dont elle
fait usage.
Au milieu de ces sables se trouve la pierre dont
on pave les rues de Paris et les chemins qui aboutissent
à cette capitale , pierre que l’on désigne
vulgairement sous le nom de grès. Elle est tantôt
en rognons ou amas aplatis étirés en quelque
sorte dans le sens des couches , tantôt en couches
bien prononcées etbien tranchées, ayantquelques
pieds d’épaisseur, tantôt en grosses masses formant
des monticules ou des buttes. Ces grès ne
sont autre chose que les sables, au milieu desquels
ils se trouvent, mais dont les grains , adhérant
les uns aux autres, forment des masses plus ou
moins solides : ils sont en général plus petits que
dans les sables, et moins mêlés de matières étrangères.
La plupart de ces grès, vus au microscope,
ne présentent qu’un assemblage confus de parties
anguleuses, brillantes et limpides comme du cristal
de roche, aggrégées entre elles comme celles
des dolomies ; d’ailleurs, je n’ai pu y reconnaître
aucune forme cristalline : cependant, les fissures
montrent habituellement une multitude de points
très-brillants qui m’ont offert quelques faces de
cristallisation extrêmement petites : cette surface
drusique n’est pas une pellicule superposée
comme on pourrait le croire , elle lient au reste
de la masse. Dans les grès à grains très-petits et