
favorables , aura donné un produit plus cristallin
, plus pur , et meme plus précieux, s’il
est permis de le dire ; car c’est dans de pareils
filons qu’on trouve principalement les émeraudes,
les aigues-marines, les belles tourmalines et les
cristaux d’étain oxidé qu’on retire des granités.
Les veines de spath calcaire blanc, qu’on voit
dans les marbres noirs, celles de quartz qui
traversent les lydiennes, nous offrent de pareils
filons d’une matière plus .cristalline et pins épurée
que la masse qui les entoure et qui est cependant
de même nature.
Nous aurons encore des filons de granité ayant
un autre mode de formation ; ce seront des fentes
faites dans une roche, et qui, postérieurement à sa
consolidation , auront été remplies par une masse
granitique, laquelle se déposait en même tems
sur cette roche. Saussure a observé, près de
Yallorsine , dans les Alpes , dans un phyllade
que tout indiquait être sous un granité voisin,
des fentes dont quelques-unes avaient jusqu’à
trois pieds de large, et qui étaient remplies de la
matière de ce granité. ( Sauss., § 599.) Dans les
montagnes de Mourne en Irlande , sur une masse
de schiste-phyllade , se trouve un granité gris
la surface de superposition est nette et bien distincte
, e t, en la suivant, on voit des parties de
granité qui, semblables à des racines, s’enfoncent
dans le schiste ; elles y forment ainsi des veines
qui se prolongent à des profondeurs assez considérables
, et qui, diminuant peu-à-peu de longueur,
finissent par se perdre dans la roche ; elles renferment,
comme tous les grands filons, des fragments
de cette roche (1).
Il existe encore , au rapport de Hutton et de
plusieurs géologistes anglais, des filons d une autre
espèce et qui sont en quelque sorte l’inverse
des précédents. Le schiste est sur le granité ,
et les veines granitiques , au lieu de s’enfoncer,
comme des racines, dans la masse schisteuse , s’v
élèvent comme des branches ; elles s’y prolongent
et s’y ramifient de diverses manières. Hutton
insistait beaucoup sur ce fait, un des fondements
de sa théorie de la terre. La matière de
ces veines , disait-il, n’a pu penetrer dans le
schiste qui repose au-dessus, que par l’effet d’une
force qui, agissant de bas en haut, l’a injectee
dans les fentes de la roche schisteuse : une pareille
force existe donc dans l’intérieur du globe,
ajoutait-t-il ; et c’est elle qui a soulevé les couches
minérales et porte la surface de nos continents
au-dessus des eaux (2). Ces filons si extraordinaires
se trouvent, dit-on, dans l ile dAran,
où M. Playfair a vu un terrain granitique pousser,
dans un schiste surperposé , d’innombrables
(1) Trans, o f the geol. society, tom. IV, p. 44^ et planche 28.
(2) Tom. I , pag. 421 de ce traité.