
enE ialmonass .
Filons épais
et cunéiformes.
Je renvoie au traité de Werner pour la discussion et l’établissement
des divers points de sa théorie, et des théories sur
les liions en général : qu’il me suffise d’avoir fait connaître les
faits généraux qu’ils présentent.
§ 4i 3. Les filons , comme les couches , en se
renflant considérablement, c’est-à-dire en prenant
une grande épaisseur , peuvent donner lieu
à de grosses masses ou amas qui diffèrent de
ceux provenant du renflement des couches , en
ce qu’ils coupent la stratification des roches qui
les entourent, au lieu que les autres sont parallèles
à cette stratification. Werner nomme cette
sorte de gîte slehendes stock (bloc ou amas debout
) , par opposition aux amas couchés , qui
sont les amas proprement dits. M. de Bonnard a
traduit par amas transversal la dénomination
allemande. Cette sorte de gîte est fort rare, je n’ai
pas été à même de l’observer , et je n’en trouve
même pas d’exemple bien positif dans les auteurs.
On pourrait y rapporter le gîte que quelques
anciens minéralogistes français ont appelés mine
en sac ; il se trouve dans les montagnes calcaires
et consiste en grottes ou cavernes qui ont été
remplies par les filtrations de minerai de fer
hydraté , et principalement de la variété connue
sous le nom de mine en grains.
§ 4 i4- B a dû quelquefois arriver, et il est ef-
fectivementarrivé, quelesfentes qui se sont faites
dans les montagnes ont été beaucoup plus larges
dans leur partie supérieure , et qu’en allant en diminuant
à mesure qu’on s’enfonce, elles se terminent
en coin : lorsqu’elles sont remplies de matières
minérales , elles présentent l’image d’une
grande masse cunéiforme. Werner donnait autrefois
le nom de putzenwerk à ce gîte ; mais il
paraît que depuisill’aplusparticulièrement donné
aux mines en sac.
On cite, comme exemple, le gîte de Maria-Lo-
retta, près Fatzebaie en Transilvanie , lequel,
d’après la description de Born , consiste en une
fente cunéiforme, remplie de grès en couches
horizontales, et contenant une quantité d’or assez
considérable pour être l’objet d’une exploitation
importante. On cite encore le gîte de Joachim-
stal en Bohême : c’est une grande masse cunéiforme
de wacke, au milieu d’un phyllade : elle
coupe les couches de la roche, et traverse plusieurs
filons sans changer leur direction : elle s’enfonce
à une profondeur de plus de 4 ° ° mètres : sa largeur
, à la superficie du terrain, excède cent mètres;
et à 3oo mètres au-dessous , elle n’est plus
que de vingt mètres : elle renferme des pierres de
diverses espèces et des débris d’êtres organisés ; on
y a trouvé des arbres entiers, avec leurs branches
et leurs feuilles ; ils étaient demi-bituminisés : les
habitants du pays les nomment ( sündjluth holz)
bois du déluge, comme si c’était le déluge universel
qui les eut portés et enfouis dans cette fente.
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