
plus grossier et le plus rude. L’Auvergne en présente
un exemple auPuy-de-Dôme,et mieuxencore
sur une montagne voisine, le Puy-de-Sarcoui, dont
la roche est comme spongieuse, légère et tendre,
douée d’une propriété absorbante, qui la faisait
employer par les anciens pour des cercueils
ou sarcophages ; ce qui a donné à la montagne
le nom qu’elle porte. En quelques endroits ,
elle présente des bandes d’un beau jaune citrin,
qui exhalent, lorsqu’on les frotte, une forte odeur
d’acide muriatique, et que M. Vauquelin a reconnue
être effectivement due à cet acide.
Au reste , il se présen te du trachyte entièrement
blanc , à l’état compacte et même à l’état
cristallin. J ’en ai vu de tel au Mont-Mezen, dans
le Velay; il paraît n’êlre qu’un assemblage de
grains et de paillettes très-intimement serrés les
u n s contre les au tres, et il ressemble ainsi à certains
calcaires grenus et perlés, ou plutôt à des
masses toutes composées d’un mica blanc et
nacré. ASanla-Fiora en Toscane, aux îles Ponces,
en Hongrie , on a de semblables roches ; et cette
texture, jointe aux autres substances qu’elles cdn-
tiennent, leur donne une structure presque granitique.
Ce sont des trachytes granitoides.
On trouve; assez souvent des trachytes qui
prennent une couleur noirâtre, deviennent compactes
et se rapprochent du basalte. Ils se divisent
même comme lui en prismes, mais la présence
des cristaux de feldspath vitreux, et l'absence
de l’olivine les rattachent au trachyte, indépendamment
des considérations du gissement.
M. de Humboldt les nomme pseudo-basaltes :
tout le Pichincha en est formé. Ces trachytes
noirs renferment en général peu de feldspath et
beaucoup d’amphibole. J ’ai habituellement vu,
en Auvergne, qu’à mesure que la couleur du trachyte
se fonçait, les cristaux et les grains noirs
allaient en augmentant : on se rappellera qu’en
général il y a, dans les roches porphyroïdes, un
rapport entre la nature de la pâte et celle des
cristaux contenus. Malgré leur couleur noire ,
plusieurs trachytes fondent en émail blanc ; la
matière colorante paraît être quelquefois un
principe fugace, tel que le carbone qui est détruit
par le feu ; mais d’autres fois elle semble due à une
matière minérale disséminée en parties très-fines.
M. Beudant a trouvé en Hongrie de très-
grandes masses d’un trachyte tellement chargé
de matières ferrugineuses, qu’il fond en émail
noir, et ressemble à un porphyre primitif ; sa
pâte est d’un brun vineux foncé , et les cristaux
de feldspath y sont habituellement sous forme
de taches blanches et mattes.
Dans cette même contrée, on voit souvent le
trachyte renfermer de petits grains ronds ,
comme de la graine de chanvre, striés du centre
à la circonférence , contenant quelques lames