
qui peuvent résulter du changement graduel de
composition, nous remarquerons celle qui présente
l’aspect glanduleux dont nous avons indiquera
cause.
Le mica passe souvent au talc , et par suite le
schiste-micacé passera au schiste-talqueux ; mais
le passage entre ces deux roches, comme le passage
entre les deux minéraux, est si insensible et
si fréquent, que je ne saurais voir dans ces deux
termes que deux simples variétés. Un des exemples
les plus frappants que j’aie vus de ce passage,
est en Auvergne, près Saint - Sernin, sur la
route de Mauriac à Aurillac : le schiste-micacé
y passe , sans changer même de couleur, à un
schiste-tal queux, tellement smectite (onctueux
au loucher) , que pour peu que la roche soit
inclinée, il est difficile de s’y tenir debout; on
y glisse comme si elle avait été frottée avec du
savon. Quoique le passage entre les deux variétés
ne soit le plus souvent qu’instantané, cependant
il se maintient quelquefois sur des espaces d’une
très-grande étendue : c’est ainsi que sur le revers
méridional des grandes Alpes, depuis le Montr
e jusqu’au Mont-Blanc, la roche dominante est
presque toujours du schiste-talqueux ; mais elle
retourne, par intervalles, au schiste-micacé, et elle
présente d’ailleurs tous les mêmes caractères géo-
gnostiques que lui : ainsi , il n’y a nullement lieu
à les séparer comme deux formations distinctes.
§ 175. Le schiste-micacé renferme très-fréquemment
diverses substances. Les principales
sont :
i° Le grenat, soit en grains amorphes , soit
en cris|aux ; il s’y trouve si souvent qu’on pourrait
presque le regarder comme un des principes
intégrants de la roche. J ’ai vu peu de schistes-
mi cacés qui, pris dans une certaine étendue ,
n’en continssent un plus ou moins grand nombre:
j’en ai trouvé dans ceux du Languedoc, des
Alpes, de la Saxe , de la Silésie , e tc. M. de Bu ch
en voyait presqu’à chaque pas qu'il faisait dans
les schistes-micacés de la Scandinavie. Us sont
quelquefois en grand nombre et d’une grosseur
considérable dans le même lieu : Saussure, descendant
du Simplon à Duomo d’Ossola , marchait
sur un chemin qui en semblait presque pavé ; ils
y étaient, dit ce naturaliste, saillants hors du rocher
comme les clous d’une charrette. ( Sauss. ,
§ 1760.) M. de Ilumboldt en a également observé
dans les schistes-micacés d’Amérique ; mais ils y
sont en moindre quantité que dans le gneis ; ils
diminuent dans cette roche lorsqu’elle se rapproche
des schistes , tandis qu’en Europe , c’est
à l’époque de ce rapprochement qu’elle commence
à prendre des grenats.
Les feuillets de mica se plient tout au tour des
cristaux de grenat, comme nous avons dit qu’ils
le faisaient aulour des noeuds de quartz ; et
(>.
Substances
contenues.