
peau fert à faire la bourre, dont on garnit les' feiles
des chevaux, les bâts de mulet, &c. La pellicule qui
s’enleve de la furface de fes boyaux, fert aux Batteurs
d’or. Foye{ B a u d r u c h e & B a t t e u r d ’ o r .
B oe u f m a r i n . / ''b yê^V EA u m a r i n .
B oe u f d e D i e u , oifeau. Voyt{ R o i t e l e t . ( / )
BOEUF ; èparvinde boeuf. (Manch.') Voy. ÉPAR VIN.
B oe u f r ô t i ; (Hiß. anc.) cérémonie en ufage chez
les Scythes : voici ce qu’en dit Lucien au dialogue
intitulé Toxaris ou de L'amitié: lorfqu’un des anciens
Scythes a voit reçu quelqu’injure, & qu’il étoit trop
foible par lui-même pour en tirer vengeance, il failli
t rôtir lin boeuf le coupoit par pièces, & les mains
liées derrière le dos comme un prifonnier, il s’af-
feyoit fur la peau au milieu de tout cet amas de viande
; ceux qui paffoient auprès de lui & qui vouloient
le fecourir, en prenoient un morceau & s’engageoient à lui amener, l’un cinq cavaliers, l’autre dix, chacun
félon fon pouvoir, & ceux qui ne pouvoient difpofer
que d’eux-mêmes, promettaient de venir en perfon-
ne. Par ce moyen ils affembloient des troupes plus
confidérables encore par la valeur que par le nombre
; l’amitié étoit intéreffée dans leur vengeance, &
la religion du ferment la rendoit terrible. (G )
* B oe u f (OEilde) , Architecture, fenêtre ronde qui
fe pratique dans les grands bâtimens au-defîiis du
dernier entablement, & dans les grands & petits bâtimens
aux toits, pour éclairer les greniers.
* B oe u f , f . m. c ’ e ft a infi q u ’ o n a p p e lle dans le s Salines,
l’o u v r ie r q u i d é ch a rg e le b o is des c h a r r e t t e s ,
l e je t te fou s la p o e lle , & fa i t le s au tres menu s fe rv i-
c e s d e c e t te n a tu re .
* BO G, (Géog.) riviere de Pologne, qui va fe jet-
ter dans le Nieper à Oczakow.
*BOGÀRMILE, f. m. & f. (Hiß. ecdèf.) ç ’eft le
nom qu’on donnoit autrefois à une feCle d’hérétiques,
gui fe ftrent'connoître à Conftantinople fous l’empire
d’Alexis Comnene : leur chef étoit un nommeBa/île;
il renoitvella les erreurs des Antropomorphites, des
Audiens, & d’autres, qui avoient attribué à Dieu une
forme corporelle. Balïle fut condamné à être brûlé.,
& fa feCle n’eut que très-peu ou point de fuite. Voye^
B o g o m i l e s o u B o n g o m i l e s .
* BOGDOI, f. m. pl. (Géog.) peuples de la grande
Tartane. Les Chinois les appellent Tartares orientaux,
& les Monguls leur dorment le nom de Niouchi
ou Nuchi. Ils ont les Monguls au couchant, la Chine
au midi, & l’Océan oriental au levant. On fait habiter
le pays par les Tartares Dicuchari ou Diourf-
chi, par qui la Chine a été conquife & qui y régnent.
Ce font apparemment les mêmes que "Witlen appelle
Coejari.
BOGESUND, (Géog.) petite ville de la province
de "Weft-Gothie en Suede.
BOGLIASCO, (Géog.) petite ville fur le golfe de
Genes. .
BOGNA, (Géog.) riviere du Milanois, dans un
petit pays appellé Val Bognafca.
BOGOMILES ou BONGOMILES, fubft. m. pl.
(Hiß. eccl.) feCle d’hérétiques fortis des Manichéens,
ou félon d’autres des Mafliliens, mais qui ne s’élevèrent
que dans le xiij. fiecle, & dont le chef nommé
Bafile fut brûlé v if, par ordre de l’empereur Alexis
Comnene.
Ducânge prétend que leur nom eft dérivé de deux
mots de la langue Bulgare, favoir, Bog, Deus, &
milvi, miferere , enforte que ce nom lignifie à la lettre
celui qui implore la mifericorde de Dieu.
Sons ce titre impofant, les Bogomiles enfeignoient
une doCtrine très-impie. Ils affûtaient que Dieu avoit
une forme humaine, & que l’archange faint Michel
s’étoit incarné. Ils nioient la réfurreClion ,' & n’en,
admettaient d’autre que la réfurreClion fpirituelle
par la pénitence. Ils rejettoient aufli le myftere de
I’euchariftie, les livres de M ôÿfe, & ne recevoient
comme canoniques que fept livres de l’Écriture.. Selon
eux la meffe étoit un facrifice de démons. L’o-
raifon dominicale, qui étoit leur feule priere , étoit
aufli la feule euchariftie. Ils croyoient concevoir le
Verbe & l’enfanter comme la Vierge ; ils méprifoient
les croix & les images, & affûroient que le baptême
des Catholiques étoit le baptême de faint Jean , 8c
qu’eux feuls adminiftroient celui de Jefus-Chrift. On
leur attribue aufli des erreurs capitales fur la Tri-
nité. Baronius , ad annum 1118. Sander. heref. 138.
w M
BOÔUE., B O O P S , B O X , fubft. f. {Hift. nat.
Ichthyolog.) poiflon de mer qui vit près des rivages-:
il eft de la longueur d’un pié ; il a le corps renflé, la
tête courte & petite, & les yeux fi grands qu’ils occupent
prefque toute la tête. La bogue a différentes
couleurs, & des traits qui s’étendent depuis la tête
jufqu’à la queue : les uns femblent être dorés & les
autres argentés ; mais ils font tous peu apparens : on
n’en voit aucun fur le ventre, qui eft de couleur d’arr
gent. Ce poiflon a comme la dorade, deux nageoires
auprès des ouies & deux au-deflus ; une autre qui
s’étend depuis l’anus prefque jufqu’à la queue, & une
autre fur le dos, qui va prefque d’un bout à l’autre.
La queue femble être compofée de deux nageoires
triangulaires. Rondelet. "Willughby dit qu’il n’a ja7
mais vû de bogues qui euffent un pié de longueur ;
que la chair de ce poiflon eft de bon goût, & qu’elle
ne fait jamais de mal de quelque,façon qu’on la prépare.
On a de ces pbiffons à Genes, à Livourne, à
Naples, à Mefîine, &c. Foye{ D o r a d e .
B o g u e -r a v e l , poiflon qui reffemble beaucoup
au précédent, & qui a cependant le bec plus pointu
& le corps plus large & plus court ; on croit qu’il a
été nommé bogue-ravel-, parce qu’on le vend ordinairement
avec tous les petits poiffons que l’on appelle
ravaille, à Montpellier. Rondelet. Voye\_ POISSON. - * BOHADE, f. f c’eft-umdroit de
corvée" qui appartient aux feigneurs dans quelques
provinces ; leurs vaffaux font ën vertu de ce droit,
obligés de leur fournir deux boeufs ou une charrette,
pour aller pour eux au vin, ou en leurs vignobles,
dans le tems de la mvendange.
BOHEME, (Géog. ) royaume de l’Europe ; il eft
borné à l’occident par la Frànconie & le haut Pala-
tinat, à l’orient par la Moravie & la Siléfie, au nord
par la Luface & la Mifnie, & ait fud par l’Autriche
& la Bavière ; ce royaume eft divifé en 14 cercles
pu diftriCls, & Prague en eft la capitale. Le terrein
eft fertile & rempli de montagnes & de mines très-
abondantes ; il s’y trouve aufli des pierres précieu-
fes de plufieurs efpeces : il y a un grand nombre de
verreries , dont les ouvrages s’envoyent par toute
l’Europe. Le roi de Boheme eft le premier des électeurs
féculiers , & a le titre de grand maître d’hôtel
(Archi-pincerna) de l’Empire, dont il eft feudatairei
Ce royaume appartient à la maifon d’Autriche. Les
Bohémiens font fort induftrieux, leur langue eft une
dialeCle de l’Efclavon.
* BOHEMIENS, f. m. pl. (Hifi. mod.) c’eft ainfi
qu’on appelle des vagabonds qui font profeflion de
dire la bonne aventure, à l’infpeftion des mains. Leur
talent eft de chanter, danfer, & voler. Pafquier ert
fait remonter l’origine jufqu’en 1427. Il raconte que
douzepénanciers ou pénitens, qui fe qualifioient chrétiens
de la baffe Egypte, chafles par ,les Sarrafins ,
s’en vinrent à Rome, & fe confefferent au pape, qui
leur enjoignit pour pénitence d’errer fept ans par le
monde, fans coucher fur aucun lit. Il y avoit en-
tr’eux un comte, un duc, & dix hommes de cheval ;
leur fuite étoit de cent vingt perfonnes : arrivés à
Paris, on les logea à la Chapelle, où on les alloit voir
en foule. Ils avoient aux oreilles des boucles d’argent
, & les cheveux noirs & crêpés; leurs femmes
étoient laides, voleufes, & difeufes de bonne aventure
: l’évêque de Paris les contraignit de s’éloigner,
& excommunia ceux qui les avoient confultés ; depuis
ce tems le royaume a été infeCté de vagabonds
de la même efpece, auxquels les états d’Orléans tenus
en 1560, ordonnèrent de fe retirer fous peine
des galeres. Les Bifcayens & .autres habitans de la
même contrée ont fuccédé aux premiers bohémiens,
& on leur en a confervé le nom. Ils fe mêlent aufli
de voler le peuple ignorant & fuperftitieux , & de
lui dire la bonne aventure. On en voit moins à pré-
fent qu’on n’en voyoit il y a 30 ans, foit que la police
les ait éclaircis, foit que le peuple devenu ou
moins Crédule ou plus pauvre, & par conféquent
moins facile à tromper, le métier de bohémien ne foit
plus aufli bon.
* BOHIT1S , f. m. pl. (Hiß. mod.) prêtres de l’île
Efpagnole en Amérique. Les Efpagnols les trouvèrent
en grande vénération dans le pays, quand ils y !
arrivèrent. Leurs fondions principales étoient de
prédire l’avenir & de faire la Medecine. Ils em-
ployoient à l’une & à l’autre une plante appellée co-
hoba; la fumée du' cohoba refpirée par le nez leur cau-
foit un délire qu’on prenoit pour une fureur divine ;
dans cette fureur ils débitoient avec enthoufiafme un
galimathiàs, moitié inintelligible, moitié fublime,
que le peuple recevoit comme des infpirations. La
maniéré dont ils traitoient les maladies étoit plus fin-
guliere. Quand ils étoient appellés auprès d’un malade
, ils s’enfermoient avec lui, faifoient le tour de fon
lit trois ou quatre fois, lui mettoient de leur falive
dans la bouche ; & après plufieurs mouvemens de tête
& autres contorfions, fouffloient fur lui & lui fuçoient
le cou du côté droit. Ils avoient grand foin auparavant
de mettre dans leur bouche un o s, une pierre,
ou un morceau de chair; car ils entiroient après l’opération
quelque chofe de femblable, qu’ils don-
noient pour la caufe de la maladie, & que les parentes
du malade gardoient avec foin afin d’accoucher
heureufement. Pour foulager le malade fatigué de
ces cérémonies, ils lui impofoient légèrement les
mains depuis la tête jufqu’aux piés, ce qui ne l’em-
pêchoit pas de mourir ; alors ils attribuoient fa mort
à quelque pêché récent dont elle étoit le châtiment.
Ils n’avoient d’autre part aux facrifices que celle de
recevoir les pains d’offrande, de les bénir, & de les
diftribuer aux afliftans ; mais ils étoient chargés de
la punition de ceux qui n’obfervoient pas les jeûnes
prefcrits par la religion. Ils portoient un vêtement
particulier, & ils pouvoient avoir plufieurs femmes.
Voye%_ Löp. de G omar. hiß. des ind. occid.
BOHMISCH-BROD, (Géog.) c’eft une ville de
Boheme , peu éloignée de Prague.
BOHMISCH-WEYER, (Géog.) ville de Boheme,
dans le cercle de Pilfen fur un lac.
* BOHMISTES, f. m. pl. (Hiß. ecclèf.) on appelle
ainfi en Saxe les feâateurs d’un nommé Jacob Bohm ,
qui eft mort en 1624 ; il a laiffé plufieurs écrits myf-
tiques, & a donné dans une théologie obfcure & inintelligible.
BOHOL, (Géog.) une des îles Philippines, dans
l’océan oriental en Afie.
BOHUSLAV, (Géog.)'ville de Pologne, dans le
palatinat de Kiovie.
^ BOIANO, (Géog.) petite ville d’Italie , au pié de I 1 Apennin, au royaume de Naples, dans le comté de
Molife, près du Bifèrno. Long. 32. 8. lat. 4 1 .3 0.
BOIARD, fub. m. (Commerce.) terme ufité par
ceux qui pechent la morue pour défigner une civiere
à bras , fur laquelle on charge ce poiflon, pour le
tranfporter d un lieu dans un autre.
BOIBI, (Hijl. nat.) c’eft un ferpent du Brefil,
que les Portugais appellent cobre verde, ferpent verd ;
il eft ordinairement d’environ trois piés de long, &
gros comme le pouce : fa couleur eft verdâtre. Il a
la gueule grande & la langue noire ; il fe tient entré
les pierres & dans les mafureS ; fa morfure eft très-
dangereufe : l’on attribue à fa chair les mêmes qualités
qu’à celle de la vipere.
* BOICININGA , ( Hifi. nat. ) en Portugais caf-
cdvel, c’eft un grand ferpent du Brefil, qui a quatre
ou cinq piés de long ; il eft de la groffeur du bras, fa
couleur eft d’un rouge tirant fur le jaune ; fa tête eft
longue & mince & fa langue fourchue : il a de petits
yeux, mais fes dents font longues & pointues. On
voit attaché à fa queue vers l’extrémité, un corps
parallelepipede, de trois à quatre doigts de long,
large d’un demi-doigt, & compofé de petits chaînons
entrelacés les uns avec les autres, fecs, unis, lui—
fans , de couleur cendrée , tirant fur le rouge. Ce
corps croît à chaque année d’un anneau ou chaînon;
il fait le même bruit qu’une fonnette : il annonce de
loin la préfence du ferpent qui fe tient dans les chemins
écartés. Il eft fort venimeux & attaque les paf-
fans ; les Indiens, à ce qu’on prétend, portent pour
S’en garantir au bout d’un bâton un morceau de la
racine dite vipérine, dont l’odeur arrête fa furie. On
prépare un remede fingulier contre fa morfure ; c’eft:
fon fiel imbibé dans une quantité convenable de
chaux réduite en poudre ou de farine de maïs. On
dit que ce fiel eft de couleur d’azur & fi fpiritueux,
qu’il s’évapore & difparoît à l’air. On ajoûte que la
véficule en eft vuide en été ; d’où l’on conjecture
qu’elle eft portée aux gencives de l’animal & qu’elle
eft la fource de fon poifon. On raconté de la viru-
' *ence de ce poifon des chofes étonnantes ; comme
de fe tranfmettre à-travers le bois & le fer & de
rendre dangereux l ’attouchement des corps que le
ferpent à mordus. ’
* BOIE, f. f. (Commerce.) efpece de revêche que
les Sayetteurs d’Amiens fabriquent. Il y en a de trois
largeurs ; les grands ont trois quartiers de large fur
vingt aunes de long : les moyennes ont la même longueur
fur un peu moins de largeur; les étroites n’ont
qu’une demi-aune de large, fur vingt de long.
* BOIENS, fub. m. pl. (Géog. anc.) il .y a eu plu-
i fieurs peuples de ce nom : les uns en Germanie les
autres dans les Gaules, en.Italie, & même en Afie.
Ceux de Germanie habitoient la forêt Hercyniené1
& ce font eux qui ont donné le nom à la Boheme. *
Ceux de la Gaule habitoient entre la Loire & l’Ailier,
jadis le pays des Æduens, aujourd’hui le Bour-
bonnois.
Ceux des Gaules réfidoient vers les confins de la
Novempopulanie & dans le pays de Bordeaux. On
les appelle aujourd’hui Bujes, & leur canton Buch,
Burt{, & Buch; il eft fitué fur la Loire.
Les Boiens de la Gaule Cifalpine firent partie des
Gaulois qui entrèrent en Italie en 364, & s’emparèrent
de l’Umbrie & de l’Etrurie. Près de l ’Apennin,
dit Polybe, on trouve les Ananes , ènfuite les
Boiens.
Les Boiens de l’Afie, Gaulois d’origine, s’avancèrent
, fous la conduite de Brennus, jufqu’à Bifance ,
& pénétrèrent jufque dans l’Eolie & l’Ionie, où ils
s’établirent.
BOIER, (Marine.) Fbye£ BOYER.
BOINITZ, (Géog.) ville de la haute Hongrie, au
comté de Zoll, remarquable par fes bains & fon fa-
fran. Long, j G. 40. lat. 48. 42.
BOIOARIENS, fub. m. pl. (Géog. anc.) peuples
de la Germanie, connus dans les auteurs modernes
fous le nom de Bavarois, & leur pays fous celui de
Bavière.
BOIRE, v. a Cl. ÔC n, (P hyjiologie.) a&iunpar la-'