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& de moindre qualité : aufli ce poiffon n’eft-il pop
recherché. Rondelet. V P o i s s o n . ( / )
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*BHAVAM, f. f. ( Hifi. mod. ) déeffe des Indiens ;
c ’eft la puiffance à laquelle ils donnent pour époux
lepuiffant. Il paroît que ce n’eft là qu’une maniéré
myfterieufe de défigner ou la matière & la forme ,
ou les caufes & les effets. Voye^ Kircher, Chin. illufi.
pag. 1G1.
B I
* B IA, f. m. ( Commerce.) coquille blanche qui fert
demonnoie aux Indes. Les Siamois lui donnent ce
nom à la Chine : mais dans le refte des Indes, on l’appelle
coris. Voye{CoK\s. Neuf bia ou coris valent un
denier, argent de France.
* BIAFAR A , ( Gcog. ) royaume d’Afrique, dans la
baffe Ethiopie, dont les habitans font idolâtres. Long.
36. So.Lat. 6. 10.
* BIAFAR.ES, f. m. pl. (GVo£.)peiiples d’Afrique,
fur la côte de Guinée , vis-à-vis les îles de Bifagos.
* BIALA, (Géog.) ville du palatinat de Rava,dans
la grande Pologne.
* B i a l a , ( Géog. ) ville du palatinat de Briefcia ,
dans le grand duché de Lithuanie.
*BIALGROD, (Géog. ) ville de la Beffarabie ,
furie Nieller, appartenante aux Turcs ; cette ville
s’appelle aufli Akerman. Long. 4g. 20. lat. 46. 24.
* BI ALOGRODKO, (Géo^.)ville capitale de 1U-
kraine, fituéeen Wolhinie,fur la riviere d’Onetz,qui
fe jette dans le Don ; elle appartient aux Mofco vîtes.
BIAIS, f. m .en Architecture, on entend par ce nom
les obliquités ou angles faillans, qu’on ne peut éviter
dans un mur de face ou mitoyen, à caufe du coude
que forment fowvent les rues d’une ville ou d un
grand chenu« > ou le terrein de fon voifin avec le
fien ,p«r un fuite des partages qui ont été faits avant
l ’acquilition. ( P )
B i a i s , B i a i s e r , ( Jardinage. ) c’ e ft à l’a r t qu’ il app
a r t ie n t d e r a ch e te r les biais d’un ja rd in , q u i fo rm ent
d e s a lign em en s ir r é gu lie r s & des fo rme s b ifa rre s , &
c ’ e ft c e qu’o n ap p e lle fauver un biais.
Dans les pièces couvertes, comme font les bof-
quets , une ligne droite que forme une paliffade, re-
dreffe un biais qui le perd dans les quarrés de bois.
Dans les lieux découverts , tels qu’un parterre ,
un boulingrin ,1e biais paroît un peu plus ; mais il fe
fauve dans l’étendue, & on ne peut juger que par
le plan, de l’irrégularité du terrein.
On rejette le biais fur les plates-bandes dans les
petits jardins, en régularisant la piece du milieu, &
on redreffe les plates bandes par un trait de buis ;
des lifieres de bois & de broffailles rachètent le biais
des murs; &les coudes des allées qui ne peuvent s’aligner
, fe corrigent par le moyen d’un berceau ou
d’un banc placés à propos dans l’angle.
Pour rendre le biais plus tolérable d’unquarré long
dont deux côtés oppolés font inégaux, entrez par le
petit côté, la perfpe&iveracourcira le grand. ÇK)
B 1 a 1 S , ( Manege. ) aller en biais, c’eft-à-dire les
épaulesavant la croupe.Faire aller un cheval en biais.
Laleçon du biais aupaffager. Siles épaules font avant
la croupe, le cheval eft en biais, & a la croupe un peu
en-dehors. Mettre le cheval en biais, tantôt à une
main, & puis le pouffer en-avant ; tantôt à l’autre ,
& puis le pouffer de même en-avant, & réitérer cela
de main en main & en-avant, lui fait obéir la main
& le talon, &c eft une excellente leçon ; mais d’autant
qu’il eft mis en biais , il faut que les parties de devant
aillent toujours avant celles de derrière. La maniéré
de faire aller un cheval en biais ; de lui faire faire
des courbettes en biais ; de le mettre au pas en biais9
& en courbette en biais 3 eft fort détaillée dans New-
B I B
cajlte. Pour aller en biais , il faut aider aufli à toutes
mains le cheval de la. rêne de dehors , & foûtenir,
c’eft-à-dire le tenir ferme , fans lui donner aucun
tems: car le cheval le prend mieux qu’on ne peut le
lui donner. Il faut aufli l’aider de la jambe de dehors ;
c’eft-à-dire, qu’il faut que la rêne & la jambe foient
d’un même côté , & toujours en dehors, ( F )
* BIALOZERK.IE'W, ( Géog.') ville du palatinat
de Kio vié, en Pologne, fur la riviere de Roft.
* BIALY-KAMEN, (Géog.) petite ville delà
Ruflie, fur la riviere de Bug. *
BIAN,eft un terme ufitédans les coûtumes d’Anjou,
de Poitou, d’Angoumois,& de Saint- Jean d’An-
gely , .pour lignifier ce que nous appelions corvée.
Foyc{C o r v é e , (H )
* BIANA, ( Geog. ) ville d’Afie ,dans les états du
Mogol ; on y trouve d’excellent indigo ; elle eft à io
lieues d’Agra. Long.gâ. 30. lat. 46. 24.
*BI ANDRA ou BIANDRATE,(Géc>g.)petite ville
du Milanois, fur les frontières du comté de Verceil.
* BIARQUE , f. m. ( Hifi. anc. ) intendans des vivres
} à la cour des empereurs de Conftantinople. Sa
charge s’appelloit biarchie, dé filoç , vie , &
chef ; c’étoit la même dans le palais de l’empereur ,
que celle du prcefectus annonce dans Rome.
BIATHANATES , du g r e c CiadavcClûï 9fuicides, ou
c e u x q u i fe tuent eu x -m êm e s . Foye^Syj-c ï d e .
Le doyen de S. Paul de Londres « compofé, fous
le titre de Biothanatus, un ouvrage imprimé à Londres
, in-40. danslequçf ^entreprend de prouver cette
proportion, ow-plutôt cet étrange paradoxe : que
le fuicide nefi'fas f i efjenciellernent un péché , qu’il ne
puifle jj/xrdts cefier de l'être. ( G )
^BTBA , ( Hifi. nat. bot. ) c ’eft le nom qu’on donne à
l’arbre qui produit Yanacardium. Foyeqf article Anac
a r d e . ( / )
* BIBBY, (Hifi. fiat. bot. ) arbre qui croît dans la
terre-ferme de l’Amérique , dont il fort beaucoup
d’un jus auquel les Anglois donnent aufli le nom de
bibby ; fon tronc eft droit, de la groffeur de la cuiffe,
de loixante à foixanre-dix piés de haut, fans branches
ni feuilles jufqn’au fomrnet, & chargé de pointes
; le fruit croît au-deffous , & tout au-tour de l’endroit
oit les branches commencent à pouffer : le bois
en eft très-dur, & noir comme de l’encre. Les Indiens
ne font pas dans l’ufagede le couper: mais ils le brûlent
pour en avoir le fruit, qui eft blanchâtre, huileux
, & de la groffeur d’une noix de mufcade ; on le
pile dans des mortiers de bois ; on le fait cuire , &
on le paffe à la chauffe ; lorfque ce jus eft refroidi ,
on en ôte une huile limpide très-amere , qui nage à
la furface ; les fauvages s’en fervent pour fe froter ,
& y mêlent des couleurs pour fe peindre le corps.
Lorfque cet arbre eft encore jeune , ils y font une in-
cifion ; il en fort beaucoup de jus qui reffemble à
du petit-lait : il a un goût aigrelet, mais affez agréable
: les Indiens le boivent après l’avoir laiffé repo-
fer pendant quelques jours.
* BIBEN, ( Géog. ) ville de l’Iftrie, dans le comté
de Mitterburg.
* B1BER, ( Géog. ) petite riviere, dans le duché
de Magdebourg.
*BIBERACH,((ré0g.) villelibre & impériale delà
Soiiabe, à quatre lieues d’UIm , fur la riviere de Rufs,*
& le ruiffeau de Biber. Long. 2 7 .32. lat. 48. 4.
* BIBERISCH, (Géog.) petite riviere de la Mifnie,
qui tombe dans la Moldave à Noffen.
* BIBERTEICH, ( Géog. ) petite ville de Siléfie ,
dans la principauté de Croffen.
* BIBESIE 6* EDESIE, f. f. ( Myth. ) déeffes des
banquets : l’une préfidoit au vin, & l’autre à la bon-
ne-chere.
BIBLE, f f. ( Théol. ) td fiiÇxia, pluriel de faÇxiovy
livre ; c’eft-à-dire les écritures ou livre par excellence,
B I B
Poyet E c r i t u r e . C ’eft le nom que les Chrétiens
donnent à la colle&ion des livres facrés, écrits par
l’infpiration du Saint-Efprit. La bible fe divife généralement
en deux parties ; lavoir, l’ancien & le nouveau
Teftament. On appelle livres de l ’ancien Tefia-
rnent, ceux qui ont été écrits avant la naiffance de
Jefus-Chrift, & qui contiennent, outre la loi & I’hif-
toire des Juifs, les prédictions desprophetes touchant
le Meffie, & divers livres ou traités de morale. Le
nouveau Teftament Contient les livres écrits depuis
la mort de Jefus-Chrift par fes apôtres ou fcs difcib
|
Suivant la décifion du concile de Trente 9fejf. 4.
les livres de l’ancien Teftament fontlePentateuque,
qui comprend les cinq livres de Moyfe, favoir la
Genefe, l’Exode, le Levitique, les Nombres , & le
Deuteronome: viennent enfuite les livres de Jofué
des Juges, deRuth, les quatre livres des Rois, les
deux de Paralypomenes, le premier le fécond d’Efdras,
ceux de T o b ie , de Judith, d’Efther, de Job ; le
Pfeautier de David, contenant cent cinquante pfeau-
mes; les Proverbes, I’Eccléfiafte , la Sageffe, l’Ec-
cléfiaftique, le Cantique des cantiques, Ifaïe , Jérémie
, & Baruch ; Ezéchiel, Daniel, les douze petits
Prophètes , & les deux livres des Macchabées : ce
qui fait en tout quarante-cinq livres.
Le nouveau Teftament en contient vingt-fept^
qui font les quatre Evangiles, le livre des A Clés des
Apôtres, les quatorze épîtres de S. Paul, l’épître de
S. Jacques, les deux épîtres de S. Pierre, les trois
épîtres de S. Jean, l ’épître de S. Jude, & l’Apoca-
lypfe. Tel eft à-préfent le canon ou catalogue des
Ecritures reçû dans l’Eglife catholique, mais qui n’eft
pas admis par toutes les feéles ou fociétés qui fe font
féparées d’elle. F b y e ç C a n o n .
Quant à Pancien Teftament, il y a une grande
partie des livres qu’il contient , qui ont été reçûs
comme facrés & canoniques par les Juifs & par tous
les anciens Chrétiens : mais aufli il y en a quelques*
uns que les Juifs n’ont pas reconnus, & que les premiers
Chrétiens n’ont pas toûjours reçûs comme canoniques
, mais qui depuis ont été mis par l’E«Iife
dans le canon des livres facrés. Ces derniers font les
livres deTobiej de Judith, le livre de la Sageffe, l’Ec-
cléfiaftique, & les deux livres des Macchabées c quelques
uns même ont douté de l’authenticité des livres
de Baruch & d’Efther. Tous ces livres ont été écrits
en langue hébraïque , à l’exception de ceux que les
Juifs ne reconnoïffoient point. Les anciens carafle-*
res étoient les Samaritains : mais depuis la captivité
on s’eft fervi des nouveaux caraéteres Chaldéens.
Iis ont été traduits plufiéurs fois en grec ; la verfion
la plus ancienne & la plus authentique, eft celle des
Septante , dont les apôtres mêmes fe font fervis.
Foye^ S e p t a n t e 6* V e r s i o n .
Quoique la plûpart des livrés du nouveau Teftament
ayent aufli été reçus pour canoniques dès les
premiers tems de l’Eglife , on a douté cependant de
l’authenticité de quelques - Uns, comme de l’épître
aux Hébreux, de celle de S. Jude, de la fécondé de
S. Pierre, de la fécondé & de la troifieme de S. Jean ,
& de l’Apocalypfe. Tous lés livres du nouveau Tef-
tament ont été écrits en .grec , à l’exception de l’évangile
de S. Matthieu & dé l’épître aux Hébreux ,
qu’on croit avoir été originairement écrits en hébreu.
C’eft le fentiment de S. Jérôme, contre lequel
quelques critiques modernes ont foûtenu .que tout
le nouveau Teftament a voit- été .écrit en fyriaque :
mats cette opinion eft également deftituée de preuves
& de vraiffemblance.
Les exemplaires dé là bible s’étant extrêmement
multiplies, foit par rapport aux textes originaux,
oit par rapport aux verfions qu’on en a faites dans
a plupart des langues mortes ou vivantes, cette di-
B I B
vmon eft la plus commode pour en donner une idée
nette au Iefleur. On diftingue donc les bibles félon
la langue dans laquelle, elles font écrites, en hébraï-
qttes, greques , latines , chaldaïques , fyriaques ,
aiabes, cophtes , arméniennes, perfiennes, mof-
covites, &c. & celles qui font en langues vulgaires ;
nous allons traiter par ordre & féparément de chacune.
Les B i b l e s H é b r a ïq u e s font ou manuferites ou
imprimées. Les meilleures bibles manuferites font
celles qui ont été copiées par les Juifs d’Efpagne ;
celles qui 1 ont ete par les Juifs d’Allemagne étant,
moins exaftes , quoiqu’en plus grand nombre. Il eft
facile de les diftinguer au coup-d’oeil. Les premières
font en beaux caraéleres bien quarrés, comme les
bibles hébraïques deBombèfg, d’Etienne , & de Plan-
tin. Les autres en caraôeres femblables à ceux de
Munfter & de Gryphe. M. Simon obferve que les
plus anciennes bibles hébraïques n’ont pas 6 Ou 700
ans. Le rabbin Menahem, dont on a imprimé quelques
ouvrages à Venife en 1618 fur les bibles hé~
bràiques, en cite pourtant un grand nombre, dont
1 antiquité ( à compter de fon tems ) remontoir déjà
au-delà de 600 ans. On trouve plufiéurs de ces bibles
manuferites dans la bibliothèque du R o i, dans
celle des Jéfuites de Paris, & dans celle des PP. de
l’Oratoire de la rue Saint-Honoré.
Les plus anciennes bibles hébraïques imprimées,
font celles qui ont été publiées par les Juifs d’Italie,
fur-tout celles de Pefaro & de Brefce. C eux de Por»
tugalavoient commencé d’imprimer quelques parties
de la bible à Lisbonne, avant qu’on les chaffât de ce
royaume. On peut remarquer en général, que les
meilleures bibles hébraïques font celles qui font imprimées
fous les yeux même des Juifs, fi foigneux à
obferver jufqu’aux poin'ts. & aux,virgules , qu’il eft
împoflible qu’on les furpaffe en exactitude. Au commencement
du xvj. fieclè , Daniel Bomhergimprima
plufiéurs bibles hébraïques in-folio & in-4°. a Ve-
nife, dont quelques-unes font très-eftimées des Juifs
& des Chrétiens. La première fut imprimée en 1517:
elle porte le nom de fon éditeur, Félix Praeenni; &
c’eft la moins exaéie. La fécondé le fut en 15 26 {on.
y joignit les points des Mafforettes, les commentaires
de différens rabbins, & une préface hébraïque dé
Rabbi Jacob Benchajim. En 1548, le même Bom-
berg imprima la bible in-fol. de ce dernier rabbin ;
c’eft la meilleure & la plus parfaite de toutes : elle
eft diftinguée de la première bible du même éditeur
en ce qu’elle contient le commentaire de Rabbi d !
Kimclïi fur les chroniques ; ce qui n’eft pas dans l’autre.
Ce fut fur cette édition que Buxtorf le perë imprima
à Bâle en 1618 , fa bible hébraïque des rabbins:
mais il fe gliffa, fur-tout dans les commentaires
de ceux-ci, plufiéurs fautes ; car Buxtorf altéra
un affez grand nombre dé leurs paffages, peu favorables
aux Chrétiens. La même année parut à Venife
une nouvelle édition de la bible rabbinique de Léon
de Modene, rabbin de cette ville, qui prétendit a voir
corrigé un grand nombre de‘fautes répandues dans
la première édition. Mais outre que cette bible eft
fort inferieure & pour le papier & pour le caraôerç
aux autres bibles de Venife , elle paffa par les maini
des Inquifiteurs, qui ne la laifferent pas en fon entier
, quant aux commentaires des rabbins.
La bible hébraïque de R. Etienne eft eftimée pouf
la beauté des carafteres : mais elle eft trop infidèle.
Plantin a aufli imprimé à Anvers différentes bibles
hébraïques fort belles, dont la meilleure eft celle de
1566 in-40. Manafle Ben Ifrael, favant Juif Portugais,
donna à Amfterdam deux éditions de la bible
en hébreu, l’une in-40. & l’autre in-8°. La. première
eft en deux colonnes, & par-là plus commode pour
le leàeur. En 1634, Rabbi Jacob Lombrofo en pu