
D E S C R I P T I O N D E S R E P T I L E S .
immobile, èt tombe dans une sorte de catalepsie : ils le réveillent ensuite, quand
il leur plaît, en saisissant sa queue et la roulant fortement entre leurs mains. Mon
père, ayant été souvent en Egypte témoin oculaire de ces effets remarquables, crut
s’apercevoir que de toutes les actions qui composent la pratique des psylles modernes
une seule étoit efficace pour la production du sommeil ( si l’on peut employer
cette expression ); et voulant vérifier ce soupçon, il .engagea un bateleur à
se borner à toucher le dessus de la tête. Mais celui-ci reçut cette proposition
comme celle d’un horrible sacrilège, et se refusa, malgré toutes les offres qu’on put
lui faire, à contenter le désir qu’on lui avoit témoigné. La conjecture de mon père
étoit cependant bien fondée; car, ayant appuyé un peu fortement le doigt sur la
tête de l’haje, il vit aussitôt se manifester tous les phénomènes, suite ordinaire de
la pratique mystérieuse du bateleur. C e lu i-c i, à la vue d’un tel effet, crut avoir
été témoin d’un prodige en même temps que d’une affreuse profanation, et s’enfuit
frappé de terreur.
Les psylles se vantent en effet de tenir de leurs ancêtres et de posséder seuls le
secret de commander aux animaux : ils engagent les gens du peuple à les imiter et
à faire des tentatives qu’ils savent bien devoir être inutiles, et qui le sont en effet
constamment; car ceux-ci, se bornant à faire ce qui les frappe le plus dans la pratique
des bateleurs, se contentent de cracher dans la gueule du serpent, et ne réussissent
jamais à l’endormir (t).
et guérir leurs morsures. C ’est ce que Pline nous apprend
par le passage suivant : Crates Pergamenus, dit cet auteur,
in Hellesponto, circa Parium, genus hominum fuisse
tradii quos ophiogenes vocat, serpentium ictus contactu
levare solitos , et manu irnpositâ venena extrahere corpori;
Varrò etiamninn esse paucos ibi quorum salivce contra
ictus serpentium medeantur. Similis et in Africa gens psyl-
lorum fu it, ut Agatharchides scribit.. . . Au reste, la salive,
de l’homme passoit dans l’antiquité pour avoir beaucoup
d’action et produire des effets très-remarquables sur
les serpens. L’auteur dont nous venons de citer quelques
lignes ajoute un peu plus bas : E t tamen omnibus
hominibus contra serpentes inest venenum jferuntque ictas _
salivâ, ut fèrventis aquce contactum fugere : quod si in
fauces penetraverit, etiam mori ; idque maxime fiumani
jejuni oris. ( Plin. Hist. nat. Iib. V I I , cap. 2. )—
Consultez sur les psylles modernes les Mémoires de
MM. Jollois et de Chabrol, É . A ï.'t . I I , 2/ partit,
PaS-3S4 * S20-
(1) Le batracien figuré pl. 4> fig- 1 et 2 , ne nous est
connu que par un dessin non colorié, et nous ne pouvons
par conséquent rien ajouter à ce que peut apprendre l’inspection
de la planche. Nous croyons donc devoir nous
borner ici à-remarquer que, dans l’état présent de là
science, ce reptile appartient au genre Crapaud, et
ne peut conserver le nom de grenouille ponctuée qui lui
a été donné dans l’Atlas. I I ‘est d’ailleufs important de
ne pas le confondre avec un,autre batracien anoure
pour lequel Daudin a également proposé le nom de ram
punctata.
E X P L I C A T I O N S OM M A I R E
DES
PLANCHES DE REPTILES
(SUPPLÉMENT),
P u b l ié e s p a r J u l e s -C é s a r S A V IG N Y , M em b r e d e l ’In s t i t u t ;
O F F R A N T
UN EXPOSÉ DES CARACTÈRES NATURELS DES GENRES, AVEC LA DISTINCTION DES ESPÈCES
P a r V i c t o r A U D O U IN ( i ).
O B S E R V A T I O N S P R É L IM I N A I R E S .
L a classe des reptiles comprend tous les animaux vertébrés qui, à l’état parfait,
respirent à l’aide des poumons, mais dont le coeur est disposé de manière à
n’envoyer à ces organes qu’une portion du sang qu’il a reçu des diverses parties
du corps, et à renvoyer le reste à ces mêmes parties sans avoir passé par les
poumons et sans avoir subi 1 influence de l’air. D ’après la classification proposée
par M. Alexandre Brongniart et adoptée par la plupart des naturalistes, ces animaux
sont divisés en quatre ordres ; savoir :
Les c h é l o n i e n s , dont le coeur présente deux oreillettes, et dont le corps,
porté sur quatre pieds, est enveloppé par deux espèces de boucliers osseux;
Les s a u r i e n s , dont le coeur est également à deux oreillettes, et dont le corps,
pourvu de deux ou de quatre pieds, est recouvert d’écailles;
Les o p h i d i e n s , dont le coeur présente la même disposition, mais dont le corps
est dépourvu de pieds;
Les b a t r a c i e n s , dont le coeur n a quune oreillette, dont le corps est nu, et
dont la forme générale éprouve diverses métamorphoses avant de parvenir à l’état
parfait.
(■1 X 0)T c i' aPr“ > 4° p a r t ie , pa ge 3, la Note cancer- ont été fournis par M . J. C . S A V IG N Y pour / 'H i s t o i r e
nant l Explication sommaire des planches dont les dessins NATUR E LLE DE L’O UVR AGE .