
qu’elle contient : ce suc les pénètre plus ou moins profondément, et les rend imperméables
à l’humidité. Cette glande étoit sur-tout nécessaire aux oiseaux aquatiques:
aussi est-elle chez eux plus développée et peuvent-ils plonger et passer leur vie sur
l’eau sans être jamais mouillés.
Tout le monde connoît le chant varié des oiseaux, la flexibilité de leur gosier et
le charme de leur voix mélodieuse, ainsi que leur adresse et leur industrie non
moins étonnantes dans la construction de leur nid, et les tendres soins qu’ils
prennent de leur progéniture. La ponte n’a lieu le plus souvent qu une fois l’année ;
mais quelques espèces en font deux et quelquefois trois. Le mâle, dans plusieurs
genres, partage avec la femelle les soins de l’incubation. Dans le plus grand nombre
de cas, le mâle se distingue de la femelle par l’éclat, la vivacité et la variété des
couleurs.
Tous les oiseaux, en général, muent dans la première année de leur âge; et les
couleurs de leur plumage sont, dans la plupart des espèces, après cette première
mue, très-différentes de ce qu’elles étoient auparavant. Après ce premier changement
il s’en fait un second, aussi considérable à la seconde et à la troisième mues,
et ainsi jusqu’à ce que les oiseaux aient acquis leur entier accroissement et soient
parvenus à l’état adulte : c’est ce qui arrive dans le plus grand nombre d’espèces à
la troisième ou à la quatrième année, comme dans les zygodactyles, les passereaux,
les passérigalles, les gallinacés, les échassiers et les palmipèdes ; mais cela a lieu plus
tard, et seulement à la cinquième ou même à la sixième année, dans les oiseaux
de proie. On voit encore plusieurs espèces, tant indigènes qu’exotiques, chez lesquelles
une double mue change annuellement deux fois les couleurs du plumage :
dans ce cas, la mue se fait en tout ou en partie, mais toujours à l’exception des
plumes des ailes et de la queue. Cette double mue s’opère, dans plusieurs genres,
chez les deux sexes; dans d’autres elle n’a lieu que chez le mâle, et alors il prend en
hiver le plumage de la femelle, qui est presque toujours celui des jeunes : ces derniers
ont une livrée qui leur est propre quand les adultes mâles et femelles sont de
même couleur. La nouvelle mue, ou la mue de printemps, ne se maintient que pendant
le temps des amours. De tous les oiseaux qui ne muent qu’une seule fois dans
l’année, les hirondelles' et les martinets sont les seuls chez qui la mue ait lieu au mois
de février ou de mars.
Sans qu’on en connoisse encore la véritable cause, les oiseaux émigrent périodiquement
des régions glaciales vers les pays tempérés et chauds, et ceux des pays
chauds vers les régions tempérées et polaires : c’est aux équinoxes qu’ont lieu
chaque année ce flux et reflux d’oiseaux, dunord vers le midi etdu midi vers le nord.
Les caractères d’après lesquels on distribué méthodiquement les oiseaux sont
tirés de la forme du bec et des pieds.
Les oiseaux sont divisés en sept ordres que l’on subdivise en familles, les familles
en genres, et les genres en sections. Ces ordres sont : lés Oiseaux de proie [Accipitres]
, les Zygodactyles [Zygodacty/i],les Passereaux [Passeres], les Passérigalles ou
Pigeons [Passerigalli], les Gallinacés [ Gallinacei], les Échassiers [ Grallatores] et les
Palmipèdes [ Palmipèdes],
ORDRE PREMIER.
A C C I P I T R E S , A C C I P I T R E S .
Caractères principaux.
B e c court, robuste, comprimé ; mandibule supérieure couverte à sa base d’une cire
nue ou garnie de poils rudes, dans laquelle sont percées les narines; mandibule
inférieure droite, à bassin profond.
P ie d s forts, musculeux, courts ou de moyenne longueur, emplumés jusqu’au talon
ou jusqu’aux ongles.
Doigts très-flexibles, très-propres à saisir, verruqueux sous les jointures ; trois devant,
un derrière ; les antérieurs entièrement séparés, ou les deux extérieurs unis à la
base par une membrane; l’externe se portant naturellement de côté, ou même
en arriéré, le postérieur articule au bas du tarse, sur le même plan que les antérieurs.
Ongles mobiles, rétractiles, alongés, crochus, très-acérés.
Caractères accessoires.
Y e u x sur les côtés ou dirigés en avant.
Doués d’un vol puissant et 'd ’armes redoutables, les accipitres sont la terreur
des petits mammifères et des petits oiseaux. Ils occupent dans leur classe la place
des carnassiers parmi les quadrupèdes : tous sont carnivores. Les uns préfèrent les
charognes, les autres poursuivent les animaux vivans; quelques-uns se nourrissent
principalement de poissons et de reptiles; les petites espèces recherchent aussi les
insectes.
Les endroits les plus solitaires pu les plus inaccessibles sont ceux dont ils font
choix pour y établir leur nid. Le nombre des oeufs n’excède jamais celui de quatre.
Les petits, dès leur naissance, prennent eux-mêmes la nourriture qui leur est apportée
par le père et la mère, et ne quittent le nid qu’en état de voler.
De tous les oiseaux ce sont ceux dont le plumage, dans les différentes circonstances
de leur vie, présente le plus de variations, et qui offrent le plus de difficultés
pour constater l’identité des espèces.
Les femelles sont d’un tiers plus grosses que les mâles. Les accipitres vivent
par couples isolés, et tous sont monogames. Leur estomac, suivant M. Cuvier, est
presque entièrement membraneux; leurs intestins sont peu étendus; leur coecum