
L ’épine dorsale, assez longue, présente un sillon longitudinal très-prononct
sur la partie antérieure de chacune de ses faces latérales ; elle n est dentelée que I
dans la moitié supérieure de son bord postérieur. L epine rudimentaire, placée
en avant de la nageoire dorsale, est très-petite, très-obtuse, et presque entièrement I
cachée sous les tégumens,
Les épines pectorales, de même longueur que la dorsale, mais beaucoup plus I
fortes et plus larges, présentent, sur le milieu de leur bord externe, de petites
dentelures dirigées en arrière, et sur toute la longueur de 1 interne, de fo rtes!
dentelures comparables aux dents d’un peigne, et dirigées en avant, mais seu le-1
ment sous un angle très-peu aigu.
Cette espèce a quatre barbillons de chaque côté; savoir, deux inférieurs et deux I
supérieurs. Ceux-ci partent de l’angle de la commissure des lèvres, et sont l'unI
au-devant de l’autre : l’antérieur, aussi long que la tête, est bordé en arrière par I
une membrane assez large, qui se continue inferieürement avec la peau, le pos-l
térieur ( i ) , huit fois plus court que l’antérieur, est peu visible et enveloppé pari
l’antérieur. Les quatre barbillons inférieurs naissent sous la lèvre ; la paire
externe est deux fois plus longue que l’interne : tous sont d ailleurs beaucoup I
moins grands que les barbillons antérieurs de la mâchoire supérieure, dont ils sont
très-différens par leur forme; en effet, ils n ont de membrane qua leur extremitc,!
et présentent quelques barbes longues et ecartees sur la bordure de leur moitié I
antérieure (z). Les rayons branchiaux sont au nombre de cinq.
Le Synodontis membranaceus a communément plus dun pied de long : sa peau, I
lisse et très-fine, est généralement d’un gris blanchâtre argente sur le dos et lesI
flancs, d’un bleu noirâtre sur le ventre : les barbillons sont couleur de chair; mabI
les membranes et les barbes dont ils sont bordés sont noirâtres. Les nage’oiresontI
de petites taches de cette dernière couleur.
C e poisson remarquable est bien connu des pecheurs, qui 1 appellent schalyi:::.I
ou schal caumari dans l’Égypte inférieure, et gourgar hcngaoui ou gourgar galkk\
dans la supérieure. Ces noms, qui se correspondent parfaitement eiïtre eux, sont!
tous composés de deux mots, dont le premier sert de désignation generique potitl
tous les pimélodes, et dont le second appartient en propre a 1 espèce (3)-
Mon père a trouvé le gemel deux fois figuré d’une manière très-rêconnoissalle j
dans une des grottes sépulcrales de Thèbes: A u milieu de plusieurs autres poissons
(4), tous placés dans leur attitude naturelle, ce poisson-’ étdit représente
( 1 ) Je dois prévenir que je n’ai vu sur aucun individu
cette' seconde paire de barbillons supérieurs, quoique je
l’aie cherchée avec beaucoup de soin sur deux sujets; et je
n’en parle que d’après une, description du Pimelodus membranaceus
que mon père a faite en Egypte sur un individu
frais. Elle n’est pas représentée non plus dans les figures de
l’Atlas, quoique l’une d’elles ( fig. 2. ) ait pour but spécial
d’indiquer la disposition et la forme des barbillons.
(2) C.^est par erreur que les figurés ne représentent
pas comme ciliés les barbillons externes : je me suis assure
qu’ils ont, comme les internes, des barbes assez alongees,
mais à la vérité peu nombreuses.
; (3) Le gemel .est aussi appelé, dans la haute Egypte,
abou sari, c’est-à-dire, père du mât, parce que les Arabes
ont comparé à un mât la longue' épine dorsale : mais«
nom, qui convient également aux autres pimélodes,lew
est aussi quelquefois donné; d’ou naît une c^use d erreur
contre laquelle il est bon d’être prévenu.
(4) Tels sont l’oxyrhynque, le cyprin lébis, une espèce
qui paroît être le raï ou le raschal, et quelques autres.
C ’est vraisemblablementparmi ce's poissons qu’il faut chercher
le mceoiis cîes anciens, sur lequel les auteurs.n?
donnent aucun détail, et que l’on sait seulement avoir
été honoré par les habitans de l’île d’Eléphantine.
nageant
nageant sur le clos; fait remarquable, et qui montre par un exemple de plus
combien les anciens Égyptiens etoient riches d observations sur les moeurs des
animaux de leur pays. En effet, comme mon père s’en est assuré par les récits
des pêcheurs; et .comme il a eu lui-même à Qené l’occasion de le constater
plusieurs fois, le gemel n’a guère d’autre allure que celle qui lui est attribuée par
les figures de 1 hypogée de Thèbes : il nage presque constamment sur le dos, se
dirigeant en avant dans Je sens de sa longueur, ou bien, ce qui lui arrive plus souvent
encore,, ¿avançant, dans le sens de sa largeur. Cependant, lorsqu’il redoute
quelque danger, il se retourne, aussitôt, reprend la position ordinaire aux autres
poissons, et s’enfuit avec rapidité.
L E P IM É L O D E S G H E 1L A N
^ Pimefcfos çhfriqs, GlîOFFR. SZ-Hil. , planche 13, fig. .3,,et 4).
C e tte qsp,çce,hquiressemble par ses proportions et sa taille au Synodontis ma-
protlon, mais qui paroît cependant avoir la tête un peu plus large et le corps un
peu plus haut dans sa partie, postérieure , est très-facile à distinguer de ses congénères,
Elle a six barbillons, deux, supérieurs plus longs que la tête , et quatre,
beaucoup plus courts, partant de la lèvre inférieure : les premiers n’ont ni membrane
ni barbes, et ne présentent rien de remarquable; mais les inférieurs sont
ciliés, savoir, ceux de la paire extérieure sur leur côté interne où se voient sept
ou huit barbes, et les autres sur leurs deux bords,.( fig. 3 et 4 ).
Lépine,dorsale.( au-devant de laquelle, on remarque, comme à l’ordinaire, une
autre épine fort petite et rudimentaire) est, remarquable par sa force et son
épaisseur :;elle est d ailleurs comprimée latéralement, et, quoique d’une longueur
moyenne, elle pjj trouve un peu plus courte que les épines pectorales. Ses faces
latérales ne présentent antérieurement qu’un sillon peu prononcé; et il n’y a de
deute)uges ,que sur la moitié supérieure de son bord postérieur : encore ces dentelures
sont-elles peu nombreuses et très-petites. Au contraire, les épines pectorales
sont fortement dentelées, comme chez le. Synodontis macrodon, et ressemblent à
colles, ,de .cette espèce, ayçc cette différence qu’elles sont proportionnellement
beaucoup plus .longues. .
Le scheilan a encore quelques caractères particuliers dans son adipeuse, séparée
par un intervalle assez considérable de la première dorsale, et sur-tout dans la
ongueur considérable de l’os de l’épaule ; celui-ci envoie en arrière un prolongement
triangulaire, qui setend jusquau niveau de 1 insertion des premiers rayons
mous de la nageoire du dos. La caudale, profondément fourchue, a son lobe
supérieur sensiblement plus long que l’inférieur; et l’anus est placé plus près de
insertion des ventrales, que de 1 origine de l’anale ; caractère qui se trouve .également
dans 1 espèce précédente.
Ce poisspn, qui est le Silurus clarias d’Hasselquist, et qui pourra être appelé
H-if. TOME I.«, ..»partie. n 1 r y q