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la plus élevée est une saillie bombée que forme le front, et dont le plan est perpendiculaire
au bord supérieur de la tête. L ’ouverture buccale occupe la partie
inférieure de cette surface quadrilatère, et se trouve en même temps rejetée de
quelques lignes en arrière de l’angle du front. L ’oeil est très-grand et se trouve
assez rapproché de l’extrémité du museau.
Les écailles, et sur-tout celles qui avoisinent la ligne latérale, sont plus grandes
que chez les autres mormyres : celles du ventre ont aussi des dimensions plus
considérables que celles des parties supérieures et latérales du corps ; ce qui forme
à l’égard du bané un caractère d’autant plus remarquable, que les écailles abdominales
des mormyres sont ordinairement les plus petites de toutes.
Les couleurs sont les mêmes que celles de l’espèce précédente, mais avec cette
différence, que le dos est uniformément d’un noir bleuâtre.
Les nageoires anale et dorsale sont presque exactement de même forme : elles
se composent, dans leur tiers antérieur, de rayons beaucoup plus longs, que cens
des deux tiers postérieurs; d’où il résulte que leur bord, concave en avant,
devient rectiligne en arrière. Toutes deux sont aussi de même grandeur : elles
commencent vers la partie moyenne du corps, ou, ce qui revient au même,au
niveau de l’anus, et occupent la moitié de l’espace compris entre cet orifice et
l’origine de la caudale. Celle-ci présente un caractère très-remarquable, eu égard
à ce qui a lieu chez tous les autres mormyres, en ce qu’elle n’est pas formée de
deux lobes entièrement séparés l’un de l’autre, mais qu’elle présente seulement
une échancrure très-profonde, comme on le voit parfaitement dans la figure 3,
Il est d’ailleurs à remarquer que la petite membrane fine et transparente que
j’ai décrite chez l’oxyrhynque , ne manque pas entièrement chez le bané : on la
retrouve dans cette espèce comme chez ses congénères, mais seulement beaucoup
plus étroite.
L e Mormyrus cyprinoides, que plusieurs traits de son organisation éloignent des
autres mormyres, diffère également de ceux-ci par ses habitudes. Bien loin de se
tenir caché au milieu des pierres, il vient très-fréquemment nager à la surface de
l’eau : aussi est-il assez commun de le prendre au filet. Il se trouve particulièrement
dans les anses, et paroît avoir peu de moyens de résister au courant. On prétend
qu’il est facile de distinguer les deux sexes par la forme de la nageoire anale, dont
le bord seroit droit chez les femelles, et sinueux chez les mâles. Cependant, sur un
très-grand nombre d’individus que j’ai examinés, soit à l’état d’adulte, soit sur-tout
à l’état de jeune âge, j’ai toujours trouvé la nageoire anale de même forme, c’est-a-
dire, ayant son bord inférieur concave en avant et rectiligne en arrière. C ’est ce qui
a lieu, par exemple, chez les deux sujets représentés dans la planche 8, dont 1 un
est adulte, et dont l’autre est un jeune, pris à l’âge ou il commençoit à descendre
le fleuve.
En outre du nom de bané, qui a été adopté dans l’Atlas pour le Mormyrus cypn-
no'ides, ce poisson est encore appelé dans la haute Egypte rous el-hagar, c’est-a-
dire, têtes des pierres ; désignation par laquelle les pêcheurs rappellent sans doute I
quelqu’une de ses habitudes.
On voit par ce qui précédé que les six espèces de mormyres figurées dans
l’Atlas sont toutes très-distinctes : je crois cependant qu’il ne sera pas inutile de
rassembler en quelques lignes les caractères les plus remarquables de chacune d’elles.
Les principaux traits de leur description se trouvant ainsi comme placés en
regard, il sera plus facile de les comparer, et de voir en quoi chaque espèce
diffère de ses congénères et en quoi elle leur ressemble. C ’est dans le même but
que j’ai cru devoir faire connoître par un tableau synoptique le nombre des
rayons des nageoires chez tous les mormyres que j’ai examinés.
Mormyre oxyrliynque. Museau alongé, cylindrique; bord supérieur de la tête
alternativement convexe et concave; lèvres presque égales; nageoire dorsale
longue; anale courte, séparée en deux lobes; écailles petites.
Mormyre d‘Hasselquist. Museau alongé; bord supérieur de la tête convexe;
lèvre inférieure un peu plus courte que la supérieure; nageoire dorsale longue,
anale courte, caudale séparée en deux lobes; écailles moyennes.
Mormyre de Denderali. Museau alongé; bord supérieur de la tête concave;
lèvres presque égales; nageoire dorsale courte, anale longue, caudale séparée en
deux lobes; écailles moyennes.
Mormyre de Sâlehyeh. Museau court; bord supérieur de la tête convexe; lèvre
inférieure plus longue que la supérieure; nageoire dorsale courte, anale longue,
caudale séparée en deux lobes ; écailles moyennes.
Mormyre de Behbeyt. Museau court; bord supérieur de la tête convexe; lèvre
inférieure un peu plus longue que la supérieure; nageoire dorsale très-courte,
anale longue, caudale séparée en deux lobes; écailles moyennes.
Mormyre bané. Museau court, comme tronqué, et terminé en avant par une
surface quadrilatère, au-dessous de laquelle est placée la bouche; bord supérieur
de la tête convexe; lèvres presque égales; nageoire dorsale courte, anale longue,
caudale profondément échancrée ; écailles assez grandes.
T a b l e a u ( i ) d u n o m b r e d e s r a y o n s d e s n a g e o i r e s .
Mormyre oxyrhynqut. . . D. 63.
■------------d'Hasseïquîst. D. 68.
■-------------de Sâlehyeh. . D. 25 .
-de B eh b ey t.. . D. i4 .
---- :-------bané. ............. D. 3 1.
(l) Je n’ai pu comprendre dans ce tableau le Mormyre
aeDenderah, n’ayant eu à ma disposition qu’un seul indi-
P. .4 -
P. 12.
P. to.
P. t t .
P. o.
V. 6.
V. 6.
V. 6.
V. 6.
V. 6.
A. 18.
A. 18.
A. 32.
A. 63.
A. 34.
C. 20.
C. 20.
C. 20.
C. 20.
C. 20.
vidu en trop mauvais état pour qu’il fût possible de compter
sur lui les rayons des nageoires.