
l’espèce du Cyprinus lepidotus: tous avoient été embaumés avec beaucoup de soin
enveloppés dans plusieurs bandelettes, et placés dans des boîtes sculptées à l’extérieur
et de même forme qu’eux.
L A C L U P É E D U NIL,
Clupea N ilot ic a
( P o i s s o n s d u N i l , p lanche i o , fig . i ). '
Je trouve dans le registre d’observations de mon père cette espèce décrite
avec soin d’après un individu frais. Je crois devoir me borner à transcrire ici cette
description, beaucoup plus exacte sans doute que celle que je pourrois faire moi-
même ,' n’ayant à ma disposition que deux individus chez lesquels les couleurs et
les formes sont altérées et les nageoires mutilées.
C L U P E A N I L O T I C A , G e o f f r . S .t-H i l .
« Quatre branchies à feuillets : fente branchiale très-ouverte, laissant voir dans
» leur entier les ouïes ; huit rayons branchiostéges, dont les trois internes sont
» tres-aplatis et tres-larges. Opercule composé de pièces très-minces et transpa-
» rentes, rayé en dessus, et de couleur cuivrée et argentée. Mandibule inférieure
» un peu plus longue, sans dents, terminée par un crochet remplissant i’inter-
» vaile des deux os maxillaires supérieurs. L e côté interne des arcs branchiaux
» armé de nombreuses épines grêles, longues, parallèles et solides. Les nageoires
» ( et particulièrement l’anale } comme chez la sardine; cependant la dorsale est
» terminée par un bord légèrement échancré en dedans. Une bande écailleuse,
»étroite, demi-circulaire, située au-dessous .et en arrière de l’oeil; une longue
» écaillé triangulaire au-dessus de 1 insertion de chaque pectorale. Le corps pro-
» portionneUement moins alongé, et le dos plus arqué que chez le hareng : Ion-
» gueur totale, un pied. Les rayons de la queue sont difficiles à compter, parce
» qu’ils sont aplatis et très-adhérens les uns aux autres; et l’on ne peut distinguer
» la ligne latérale, quelque soin qu’on puisse mettre à la chercher. On remarque
» sur le ventre, comme chez les autres dupées, une série de dentelures en scie,
» résultant de la rencontre des écailles des deux moitiés du corps, et dont les
» pointes regardent la queue. »
Cette espèce est, en dessus, d’un verdâtre foncé, et, sur les côtés, d’un blanc
argenté : le nombre de ses rayons est comme il suit :
B. 8. P. 18. V . p. D . 2.0. A . 2 1 . C . 20.
Cette clupée, ou, si l’on veut, cette alose, qui est désignée en Égypte sous
le nom de sabouga, est, à proprement parler, un poisson de mer, comme son
odeur seule suffirait pour l’indiquer : néanmoins elle remonte le Nil jusqu’à une
grandeJiauteur, et se pêche dans ce fleuve pendant les trois mois d’hiver ; elle y
est alors excessivement commune, et s’avance même jusqu’à Q en é ,;où elle est
très-bien connue.
Ce poisson a été indiqué et figuré par Sonnini, qui en a donné (pl. 23, fig. 3 )
une figure peu exacte, et qui l’a confondu avec la sardine ( Clupea spratus);erreur
assez grave et dont il est difficile de concevoir la cause.
L E S I L U R E O U D N E Y ,
S i L U R U S A U R I T U S
( P o i s s o n s d u N i l , pl . 1 1 , fig . 1 - 2 )
ET LE SILURE SCHILBÉ,
S lL U R U S M Y S T V S
I pl. 1 1 , fig . 3 - 4 ; .
Le grand genre des silures, ou, pour m’exprimer d’une manière plus précise,
la grande famille des siluroïdes, si remarquable par sa peau non écailleuse et par
la composition de ses mâchoires, a ete subdivisée principalement par MM. de
Lacepede, Cuvier et Geoffroy-Saint-Hilaire, en une foule de genres et de sous-
genres plus ou moins distincts et plus ou moins tranchés, mais qui ont été pour
la plupart adoptés par les ichthyologistes tels sont principalement les pimé-
lodes ( Lacép. ), les hétérobranches ( Geoffr. ) , les malaptérures ( Lacép. ) , et
quelques autres moins importans, parmi lesquels je me bornerai à citer les schil-
hés (,.Cuv. )i,Ce dernier groupe, fort rapproché de celui des silures proprement
dits, se confiposc uniquement, dans l’état présent de la science, des deux espèces
du Nil figurées dans la planche 11 , l’oudney, ou schilbé oudney [ Silurus auritus,
Geoffr. S.'-Hil, ],. et le schilbé proprement dit {Silurus mystus, Lin. ].
Ces deux espèces se distinguent très-aisément des autres silures par la forme
très-comprimée de leur corps et de leur queue; par une épine assez forte et dentelée
sur son bord interne, qui forme le premier rayon de leur nageoire dorsale;
par.la position très-antérieure et par l’extrême brièveté de la dorsale, qui a également
une épine pour premier rayon; par la longueur considérable de l’anale;'
n par 1 existence de huit barbillons. Mais ce qui les rend sur-tout remarquables,;
et ce qui meme leur donne une physionomie toute particulière, c’est
eur tête, courte, large et déprimée horizontalement, qui se continue directement
par sa face inférieure avec le bord de l’abdomen, mais qui est à peine de niveau
avec la ligne latérale, quoique celle-ci corresponde, à peu de chose près, à la
egion moyenne du corps. Il suit de la que le tronc, beaucoup moins large que