
sont mêlées, sur le dos et sur toute la queue, d’un grand nombre de tuberculJB
saillans et arrondis, placés à peu de distance les uns des autres, et rangés sur4 7
lignes longitudinales, plus ou moins régulières, dont le nombre est de douze oB
quinze environ, Parmi ces lignes, les plus latérales se trouvent généralement conB
posées de tubercules plus gros que ceux qui avoisinent la ligne médiane. Une senB
blable disposition s’observe sur les membres et sur la qüeue, avec cette diffcrencB
à l’égard de cettê dernière région, que les tubercules les plus latéraux devienneB
coniques et comme épineux, Enfin, pour terminer ce qüi concerne la descriptioB
des écailles, la lèvre supérieure est bordée d’une rangée de plaqués quadrilatètB
dont les plus antérieures sur-tout sont très-larges : l’inférieure présente une rangffl
d’écailles semblables à celles de la supérieure, et de plus une seconde rangée coiH
posée, vers la symphyse, de plaques si grandes, que la plus interne, placée exactB
ment sur la ligne médiane, a jusqu’à cinq millimètres de long sur deux de lartH
dimensions qui surpassent de beaucoup celles des autres écailles du corps et ¿H
la tête.
La langue est charnue comme chez les autres geckos ; les mâchoires sont garni«
sur toute leur longueur d’une rangée de dents très-petites, très-fines et très-nonH
breuses. La série des pores cruraux'n'existe pas.
Les couleurs de cette espèce, beaucoup moins belles que celles dont se troiH
vent parées plusieurs dé ses congénères, n’ont d’ailleurS rien de désagréable®
l’oeil : le Gecko annulaire est généralement d’un vert fonce êtt dessus et d’iB
vert clair en dessous. Les tubercules ne diffèrent des écailles ordinaires que pB
une nuance un peu plus foncée. 1
On trouve dans plusieurs parties de l’ancien monde, et particulièrement1 «
Indes et dans le midi de l’Europe, des geckos très-voisins de l’annulaire sofl
plusieurs rapports, mais qui nous paroissént aussi, du moins pour la p lu p a r t,!«
férens par quelques caractères, et principalement par la forme, le nombre t i l
position des tubercules épineux de la queue. Il nous semble donc fort doutée«
que ces derniers doivent’être considérés comme ne différant pas spécifiquemt«
du Gecko annulaire; ce qu’on he petit, au reste, regarder comme certain d l«
l’état présent de la science, à cause du petit nombre d’individus que possède!®
encore les collections, et sur-tout à cause de l’imperfection des documens fouri®
par les voyageurs.
L e Gecko lobé [ Gecko lobatus~\, que plusieurs auteurs ont indiqué sous lenol
de Lacerta Gecko et de Lacerla Hasseiquistïi, et que M. Cuvier a désigné sous II
nom de Gecko des maisons, est une espèce un peu mieux connue que la preefl
dente, avec laquelle elle paroît cependant avoir été Confondue par plusieurs ail
teurs, même parmi les modernes. L ’individu qui a servi de type à la fig®
avoit cinq pouces du bout du museau à 1 extrémité de la queue, celle-ci formai
la moitié de la longueur totale : l’intervalle qui sépare le membre antérieur dj
postérieur est seulement d’un pouce, et demi, et la tête a près d’un pouce
d’avant en arrière,
Le Gecko lobé est généralement couvert de petites écailles : celles du dessous
du corps, de la région interne des membres et de la partie antérieure de la face,
sont les seules qu’on puisse distinguer facilement. Cependant la commissure des
lèvres est bordée, comme chez le Gecko annulaire, par des plaques quadrilatères
assez larges ; et l’on remarque parmi les écailles qui couvrent le dos, le dessus
de la queue et la face externe des cuisses, un assez grand nombre de tubercules
arrondis, disposés sur plusieurs lignes irrégulières. Les doigts ressemblent à ceux
du Gecko annulaire, en ce qu’ils sont tous presque égaux en longueur; mais ils
en diffèrent d’une manière très-remarquable, en ce qu’ils ne sont pas élargis sur
toute leur longueur, mais seulement à leur extrémité, où se voit une petite plaque
circulaire, dont le dessous présente un assez grand nombre de stries, et dont la
circonférence a des dentelures correspondant aux stries de la face inférieure.
Tous les doigts sont placés au milieu de semblables plaques, et enveloppés
par elles jusquà la dernière phalange : leur position est indiquée en dessus par
une ligne saillante et en dessous par un sillon. Quant aux ongles, leur situation
est également remarquable ; chaque plaque présente, à son extrémité, une échancrure
qui fait suite au sillon de la face inférieure : c’est dans cette échancrure
quils se trouvent logés, et, on peut le dire, profondément cachés. Ils sont tous
crochus et acérés, mais d’une telle petitesse, qu’on ne les distingue bien qu’avec
le secours d’une forte loupe, et que plusieurs observateurs ont cru qu’ils man-
quoient à plusieurs doigts, ou même qu’il n’en existoit aucune trace. Cette
opinion n’est nullement fondée ; nous avons constaté que tous les doigts sont
onguiculés, comme 1 a dit M. Cuvier dans son ouvrage sur le Règne animal; et
il est meme tres-facile de s assurer de ce fait, en examinant avec une loupe,
ou , mieux encore, en touchant avec un çorps dur ou avec le doigt le dessous
de la plaque!
La queue, épaisse à sa base, mais très-grêle dans sa moitié postérieure, est
arrondie dans toute sa longueur : le corps et la tête sont, au contraire, déprimés
et aplatis. La série des pores cruraux n’existe pas. Enfin les deux mâchoires
ont, comme chez le Gecko annulaire, une rangée de dents très-petites et
tres-nombreuses.
Cette espèce est, en dessus, d’un gris tirant sur le lilas, et, en dessous, d’une
nuance plus claire : les tubercules paroissént aussi d’une couleur un peu différente
de celle des petites écailles.
Le Gecko lobé est très-commun en Egypte, où il est bien connu du peuple,
qui le regarde comme un animal venimeux : quelques auteurs affirment que
lorsquil marche sur la peau, il y M naître des rougeurs; effet f
peut-etre uniquement, comme le pense M. Cuvier, de l’extrême finesse de ses
ongles. On prétend aussi que l’usage de quelques alimens sur lesquels il auroit
passe suffit pour produir6 la lèpre : d’où le nom de abu burs, c’est-à-dire, père de
H, VI. TOME !.«■, 1 .re partie.