
situation des quatre cordons colorés démontre que les animaux sont places à peu
près horizontalement, et que le sommet de leur assemblage doit etie rapporté à
son ouverture annulaire.
Les mêmes lois, ou des lois analogues, paroissent pouvoir s appliquer à d’autres
familles, telles que les Flustres, les Cellépores, les Cellulaires, Sertulaires, &c., et
fournir des résultats assez curieux : je ne puis qu’indiquer ici cette théorie; ce
n’est pas le lieu d’en donner les développemens.
Les genres qui sont le sujet de ce second Mémoire, diffèrent de ceux décrits
dans le premier par leurs deux orifices apparens. On peut, en s en tenant aux
caractères tirés de 1 organisation individuelle, les disposer ainsi quil suit.
i.° Bouche et anus surmontés de tentacules extérieurs. Un seul ovaire.
Genre i . D i a z o n a . Abdomen pédiculé. Ovaire latéral, entouré par l intestin.
Genre z. D i s t o m a . Abdomen pédiculé. Ovaire latéral, dégagé de l intestin.
Genre 3. S i g i l l i n a . Abdomen sessile. Ovaire dégagé de l ’intestin,pédiculé, inférieur.
Genre 4- S y n o i c u m . Abdomen sessile. Ovaire sessile, inférieur.
z.° Bouche et anus non surmontés de tentacules extérieurs. Deux ovaires.
Genre 5. B o t r y LLUS. Branchies réunies par devant, sans communication avec l ’orifice and.
Genre 6. P y r o s o m a . Branchies séparées, communiquant avec ïorifice anal.
La série fa plus naturelle des dix genres dont l’ordre entier se compose, paroît
être celle-ci :
I. C O R P S FIXÉ.
ï.1' Division. Les deux ouvertures supérieures, à six rayons réguliers.
Genre 1 . D i a z o n a .
. - - 2 . D i s t o m a .
- - - - - - - - - - 3 . S i g i l l i n a .
2 .' Division. Les deux ouvertures supérieures : l ’une à six rayons réguliers ; l'autri
irrégulière ou simple.
Genre 4- S y n o i c u m .
c . A p l id iu m .
6 . PO L Y C L IN UM .
7 . D id e m n u m .
3 .' Division. Les deux ouvertures supérieures et simples.
Genre 8. E u coe e l ium .
9 . B o t r y l l u s .
II. C O R P S L IB R E .
f Division. Les deux ouvertures aux deux bouts diamétralement opposés.
Genre 10. P y r o s o m a .
Voilà donc un nouvel ordre d’animaux composés déjà formé de quatre divisions
et de dix genres bien distincts. Il est à présumer que les recherches ultérieures
augmenteront bientôt ce nombre. Quelques Alcyons peu connus, tels que les A i
qoriutn stellatum et corniculatum, quelques Flustres, semblent se rapprocher de cet
ordre. On n a presque rien encore observé de l’organisation de ces mêmes Flustres,
des Cellulaires, des Cellépores, et des autres Polypes que j’appelle agrégés. J’ai
fait dessiner et graver avec soin, dans 1 atlas, un grand nombre d’espèces appartenant
à ces genres ( ij, et ces figures seules suffiroient pour prouver que la
structure de ces petits animaux est beaucoup plus compliquée qu’on ne l’avoit
cru jusqu’à présent (2).
Ces considérations m’ont engagé à continuer l’emploi du nom de Polypes
pour désigner les animaux composés qui font l’objet de ces Mémoires, quelle
que soit d’ailleurs leur place naturelle dans le système zoologique. Je donnerai-
donc à ceux dont il a été particulièrement question, le nom de Polypes ascidiens:
peut-etre faudra-t-il leur accorder celui de Mollusques ; peut-être conviendra-t-il
d’en créer quelque autre. Ces animaux devront suivre le sort des Ascidies. Je ne
déciderai rien que je n’aie acquis par de nouvelles recherches ( 3 ) une connois-
sance plus approfondie de ces dernières.
(1) Voyez p o l y p e s ou a n t h e l i d e s , planches V II
et suivantes.
(2) Ils paroissent pourvus d’un anus. Les Brachions ou
Rotifères observés par M. Dutrochet, Ann. du Mus. d'hist.
nat. tom. XIX, pag. 355» et par M. Léon Leclerc, ont
certainement un seul intestin et un anus. Ces animalcules
présentent d’abord un grand sac ou pavillon supérieur,
dont l’orifice reçoit l’organe rotatoire. Au fond de
ce sac est située la bouche , ou le pharynx, qui communique
par un oesophage avec l’estomac. L’intestin qui naît
de celui-ci monte et va aboutir à un anus antérieur et
supérieur. Sous l’intestin pend un ovaire. Le corps entier
est contenu dans un étui cartilagineux,fixé parla base.
Cette organisation, vue dans son ensemble, ne manque
pas de rapports avec celle des Alcyons précédemment
décrits : elle en aurait de bien sensibles, si, comme le
soupçonne M. Cuvier, les organes ciliés des Rotifères
servoient à leur respiration.
( 3 ) Ces recherches sont exposées dans le Mémoire
suivant.
H. X. T O M E , r partie.