
monte plus haut et s’ouvre plus près du cou ; la peau est lâche et semblable à
une tunique par devant ; on voit courir, à sa surface et aux bords de son ouV£r
ture antérieure, quelques nervures qui descendent des tentacules, et qui s’ar
rangent avec beaucoup de symétrie. On remarque souvent au-dessus de l’anus unt
.protubérance semblable à un petit jabot, mais qui est loin d’être un jabot véritable
si elle est produite, comme je le pense, par un germe arrêté dans cet endroit et
non par les animalcules que le Polype peut avoir avalés. Cette espèce en prend
néanmoins d’assez gros, et j’ai trouvé dans son premier ventricule des crustacés
à quatorze pattes, qui diffèrent, par leurs tarses en pinceaux, des autres crustacés
connus.
En ouvrant ce ventricule, on voit que son entrée forme un bourrelet saillantI
entouré de douze filets mobiles, cylindriques et courbés, dont six, plus longs
alternent avec les autres. C e même ventricule est aussi garni d’un appareil bien]
propre à le soutenir et à en fortifier les parois ; c’est une sorte de réseau trans-l
parent, élastique, dont la structure est très-régulière : il est composé, dans cette!
espèce, de trente-deux bandelettes, seize de chaque côté; dans d’autres, devinai
quatre ou de trente-six, disposées horizontalement, à égale distance, et unies ver-|
ticalement les unes aux autres au moyen de traverses plus étroites : ces bandelettes]
se joignent par devant à une seule petite bande ; et par derrière, elles s’attachenti]
deux autres bandelettes qui s’étendent le long du dos. Je n’ai observé un senti
blable appareil que dans quelques espèces de cette famille; mais, dans toutes,lel
thorax offre à l’extérieur des plis saillans, plus ou moins prononcés, et je présume]
qu’ils sont dus à quelque chose d’analogue.
L ’abdomen, des deux tiers au moins plus petit que le thorax, est attaché à sa]
base antérieure, et semble n’y tenir, que par un fil. On ne peut mieux, en celai
le comparer qu’au ventre d’un Sphex ou d’une Guêpe. Son pédicule donne pas-]
sage à l’intestin grêle. L e ventricule abdominal se montre à travers la peau : il est]
charnu, lisse et simplement ovoïde. Le gros intestin se recourbe en arrière, et,|
faisant un tour- de spirale sur lui-même, il monte en suivant le côté gauche de!
l’abdomen, traverse aussi le pédicule , et se porte au-devant du thorax. Les excre-l
mens sont d’un gris cla ir, et forment assez souvent une longue chaîne de gio-|
bules, qui s’étend depuis le bas de l’intestin jusqu’à l’anus.
De même que l’abdomen est suspendu au thorax, l’ovaire l’est à l’abdomen:!
il s’y attache à gauche par un petit pédicule, et se prolonge sous la forme d’une!
massue ovale , terminée par un long filet tubuleux. Les germes qu’il contient sont!
semblables à ceux de l’espèce précédente, et fixés de même à quelques vaisseaux. I
Les polypiers que nous avons examinés jusqu’ici sont gélatineux ou cartila-1
gineux. Celui de l’espèce dont je vais maintenant parler (Didemnum candidum),!
est plus opaque et comme fongueux ou spongieux: il s’étend sur les tiges des ma l
drépores, qu’il enveloppe plus ou moins. Les incrustations qu’il y forme sontdunl
blanc de lait, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur : leur surface est couverte de ma l
melons saillans, fendus en six rayons et disposés à peu près en quinconce. Les!
Polypes sont jaunes et très-petits : ils égalent à peine en volume deux graines del
pavot. A la vérité, ils occupent seulement deux loges. Il n’y en a qu’une seule-
pour l’abdomen et l’ovaire.
L a bouché de ces Polypes ressemble à un entonnoir, dont le limbe supérieur
seroit découpé en six dents très-simples , écartées et pointues. Le thorax
est court, arrondi, sillonné transversalement ; le dos, très-gibbeux et divisé par une
gouttière longitudinale : la poitrine est échancrée au-dessous du tubercule antérieur,
où elle laisse voir l’anus à sa place ordinaire ; elle se prolonge ensuite en
un filet auquel tient Iabdomen, qui par conséquent est pédiculé, comme dans
|:Jespèce précédente ; mais, au lieu d être des deux tiers plus petit que le thorax, il
est une fois plus grand : sa direction est presque horizontale, et sa forme elliptique,
Le ventricule abdominal en occupe la région supérieure et postérieure; ce ventricule
est ovoïde et charnu. Le gros intestin, après être descendu jusqu’au fond
de l’abdomen, se replie en avant et remonte vers le pédicule, par lequel il passe
pour se rendre à l’anus.- L ’ovaire ne pend point : il est orbiculàire, et appliqué
sur le côté gauche de l’abdomen, qu’il dépassé sensiblement. II contient de très-
petits grains. Je n’ai pu me rendre compte de leur disposition : je suppose quelle
diffère peu de celle que j’ai observée dans l’espèce suivante.
Celle-ci ( E u c oe l i u m Iiospitiolum), qui est la quatrième et dernière recouvre
aussi les madrépores et d’autres corps marins, sur lesquels elle s’étend en petites
plaques, qui sont d’un blanc laiteux, mais à leur surface seulement, car leur intérieur
est mou et transparent comme une gelée : il recèle souvent des Crevettes,
auxquelles ces Alcyons servent de refuge. J’ai voulu savoir à quoi tenoit
là couleur opaque et laiteuse de cette espèce et de la précédente, et, après en
avoir placé quelques fragmens sous une forte lentille, j’y ai découvert une multitude
d’atomes lenticulaires, hérissés d’épines et comme radiés. Ces molécules
calcaires ne sont pas des corps étrangers à la substance du polypier, comme on
pourrait le croire, et comme le sont en effet les grains de gravier qu’on rencontre
quelquefois ailleurs.
Il y a donc une sorte d analogie entre la troisième et la quatrième espèce ;
tuais elles différent sous des rapports très-importans. Les mamelons ovales dont
la surface de la quatrième espèce est parsemée, ont une ouverture peu ou point
apparente : ils ne représentent point des étoiles,à six rayons; on aperçoit seulement,
a travers leur demi-transparence, les bouts de huit à dix filets qui semblent
sortir du ventricule thoracique. Lés Polypes sont très-rapprochés de la surface
de leur enveloppe, et ils n’occupent chacun qu’une seule loge. Leur bouche est
porteepar un cou plus ou moins grêle. Peut-être se déploie-t-ellè en six vé-
n les tentacules; mais je n’ai jamais réussi à les voir s’épanouir. J’y ai fait des
nom,.et, insiste sur ce point, parce que la nécessité d’observer ces organes n’est
pas assez généralement reconnue. Les naturalistes en font rarement mention dans '
exposition des caractères , et ils semblent n’avoir aucune idée fixe sur leur
egre d importance. II n’est pas rare de trouver dans un seul genre des espèces
H i g f l l f à «macules simples, à tentacules en nombre défini et en
>re indéfini, disposés sur un seul rang et disposés sur plusieurs. Cette négli