
à barbes douces, veloutées et finement duvétées, les mettent aussi à portée d’approcher
sans bruit de leur proie et de fondre sur elle à 1 improviste. Quelques
espèces font cependant exception à cette loi générale, et jouissent, même en plein
jour, de toutes les facultés de la vue; elles poursuivent leur proie à tire-d’aile,
ou la guettent dans l’épaisseur des forêts : tels sont les harfangs, les chouettes-
éperviers. Les hiboux et les chouettes ne se réunissent jamais en troupe; on les
rencontre presque toujours seuls, ou par paire composée du mâle et de la femelle.
Les fentes de rocher, les masures, les poutres des vieux édifices, les creux des
arbres, sont les lieux où ces oiseaux de nuit font le plus ordinairement leurs nids,
qu’on trouve aussi quelquefois dans des touffes d herbes ou dans des trous que
certaines espèces creusent elles-mêmes en terre. Leur ponte est de deux à quatre
oeufs. Les petits naissent couverts d’un duvet épais. L ’ouverture de la bouche des
chouettes étant très-grande, elles peuvent avaler leur proie en entier: aussi rejettent-
elles, après la digestion des chairs, les os, les poils ou les plumes en pelotes arrondies.
Tous lesaccipitresnocturnes ont les deux mandibules mobiles, comme celles
des perroquets. De cette conformation résulte un craquement produit par le froissement
des mâchoires, et qu’ils font entendre quand ils sont attaqués ou frappés de
quelque objetnouveau.; ils hérissent en même temps les plumes, étendent les ailes,
se redressent, prennent des postures bizarres et font des mouvemens ridicules.
La mue n’a lieu qu’une fois l’année.
E S P È C E .
L E H I B O U A S C A L A P H E o u D ' É G Y P T E , S T R 1X A S C A L A P H U S
( Bubo ascalaphus, S A V . , pl. 3 , f i g . 2 . ).
S. auricnfarum permis numerosis; corpore flavo, dorso et pectore ex fusco maculato;
abdomine lineis transversis undulatis; caudâ subtùs albidâ, striis tribus aut quatuor
transversisque fuscis; rostro fusco; unguibus nigris.
S y n o n y m . Grand Hibou à huppes courtes, Strix ascalaphus. Cuv. tome I, page 328.
Hibou ascalaphe ou d'Égypte, Strix ascalaphus. VrEILL. Tabl. encyctop. tome III,
page 12 7 5 .
Hibou d'Égypte, Bubo ascalaphus. S a v i g . Ois. d’Egypte, H. N. t. I , p. 1 1 o, pl. 3, fig. 2.
Hibou à huppes courtes. T em m . p lan c h e s c o lo rié e s , 5 7 .
Tout le plumage est d’un fauve roussâtre. Les plumes du dos, des couvertures
des ailes et des côtés de la poitrine, sont variées de fauve, de blanc et de noir;
cette dernière couleur domine sur-tout sur les côtés de la poitrine : le dos et les
ailes sont vermiculés; les plumes du ventre sont très-finement découpées à leur
extrémité, et terminées par un petit filet d’un brun noirâtre; la queue est blanchâtre
en dessous, avec trois ou quatre raies transversales, étroites et brunes; les
joues sont d’un rouge briqueté clair.
On rencontre le Hibou ascalaphe en Egypte, dans l’Asie mineure, en Perse, en
Turquie;
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Turquie; et, si l’on en croit Pennant, il se trouveroit dans quelques pays du centre
de l’Europe, car il dit l’avoir reçu d’Ecosse.
Il se nourrit de taupes, de rats, de souris, de mulots, de petits oiseaux et
d’insectes.
La propagation est inconnue.
ORDRE II.
Z Y G O D A C T Y L E S , Z Y G O D A C T Y L I
( Grimpeurs, Cuv. ).
Caractères principaux.
B e c très-courbé, crochu; ou simplement arqué, comprimé, gros, celluleux; ou de
forme conique, épais, élargi a sa base souvent garnie de longues soies; ou droit,
quadrangulaire, tranchant sur ses bords.
Deux doigts devant, et, le plus ordinairement, deux derrière; rarement un seul
doigt postérieur, et, dans ce cas, c’est le pouce qui manque.
Les oiseaux de 1 ordre des grimpeurs nichent, pour la plupart, dans les trous des
vieux arbres ; leur nourriture se compose principalement d’insectes et de fruits.
Le sternum, dans le plus grand nombre des genres, a, suivant M Cuvier, deux
échancrures en arrière ; mais dans les perroquets il n’a qu’un trou, et souvent il est
absolument plein.
Genre C O U A
( Çuv.; Coccyçus, V ie ill., Temm.; Cuculus, Briss., Lin., Lath. ).
Caractères principaux.
B e c épais à sa base, foiblement arqué, comprimé, sans échancrures, arrondi en
dessus; narines à ouvertures ovales, percées dans les bords de la mandibule,
entourées d’une membrane nue et proéminente.
L a n g u e plate, courte, entière, terminée en flèche.
B o u c h e grande.
P ie d s tétradactyles.
Tarses de moyenne longueur, emplumés au-dessous du talon.
Quatre doigts, deux devant, deux derrière : les antérieurs soudés à la base; les postérieurs
totalement séparés.
H. N. T O M E I.er, 4 ' partie. L I