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formes en entraîne d’autres ailleurs, celles qui suivent de sa fixation au centre
de l’autre appareil : mariés ensemble, le larynx et l’hyoïde agissent de concert;
la langue, aussi bien que les muscles hyo-glosses et génio-glosses, les mettent
■ pareillement en mouvement, de façon que quand l’hyoïde s’emploie derrière le
voile du palais à intercepter le passage du pharynx, la glotte, cédant au même
effort, se trouve portée sur les arrière-ouvertures du canal crânio-respiratoire,
ouvertures traversant l’hérisséal, e t , dans ce lieu , si improprement nommées
arrière-narines ■
A ce moment, le canal crânio-respiratoire ne forme plus qu’un seul conduit
aérien avec la trachée-artère; le relief de la glotte, en s engageant dans la cavité
des arrière-narines, embranche l’un sur 1 autre ces deux appareils : c est différemment
en d’autres temps, quand, pour satisfaire à d’autres combinaisons, ççs
appareils se séparent et se tiennent éloignés, c’est-à-dire, alors qu’il devient nécessaire
cíe tenir largement ouverte l’entrée de l’oesophage.
En occupant l’intérieur du cuilleron hyoïdien, le crocodile presente en ce
point le premier degré d’une organisation très-merveilleuse ailleurs. Une combinaison
du même genre, que les plus bizarres suppositions n eussent jamais fait
imaginer, se voit en la Tortue matamata, Testudofimbria : non-seulement le larynx,
mais de plus une partie de la trachée, sont dans cette espèce venus se loger dans
un long canal osseux, formé par un des os de l’hyoïde, par un os qui, pour cet
effet, a acquis une longueur démesurée.
Si ces observations diffèrent de celles (1) qui ont été publiées dans l’ouvrage des
Ossemens fossiles, on peut se l’expliquer par la différence des méthodes employées
pour Jes faire. A u commencement des trente dernières années, l’anatomie comparative
, fécondée par les inspirations de la zoologie, se plaisoit à la recherche
des différences : pour le peu qu’aidassent les apparences, on ne se rendoit point
difficile sur ce que pouvoient offrir de bien distinct tant et de si merveilleuses
singularités. Mais l’esprit de ces recherches a totalement changé dans la nouvelle
école ; on se porte aujourd’hui de préférence sur la considération des ressemblances
: l’induction scientifique est de supposer de communs rapports et de sen
proposer la découverte ; on n’en arrive que mieux sur les points qui s’y refusent,
c’est-à-dire, sur tous les faits de réelle différence.
L a trachée-artère, un peu avant de se diviser en deux branches et d’entrei
dans les poumons, se replie et se retourne du côté gauche : ce coude disparoit
et elle est droite quand l’hyoïde se porte aussi loin que possible en devant. Les
anneaux pleins et entiers, après les dix premiers, sont séparés par un autre anneau
petit et membraneux. Les tégumens qui complètent et réunissent les anneaux
interrompus, sont susceptibles detre aussi tendus que la peau d’un tambour:
( i ) Une partie de ces considérations auroit-elle été
puisée dans le travail de 1686 sur le crocodile de Siamî
Ce qui est. tout l’hyoïde, se méprenant sur la détermination
de son large cuilleron, les Jésuites correspondans
de l’Académie des sciences le donnèrent pour une des
pièces du larynx, qu’ils appelèrent Vos thyroïde. On fut
d’autant mieux disposé à leur accorder une entière confiance,
que l’on dut penser qu’ils y avoient mûrement
réfléchi, quand on vit les dessins de ces pièces, qu ils se
décidèrent à publier; savoir, sous le n.° 5, Vos thyroïtk,
vu par la face cave, et sous le n.° 6, le même, vu parla
partie convexe.
l’air intérieur des p o um o n s, s’en venant frapper dessus, pro cu re au crocodile
ce cri ou plutôt ce mugissement sourd qui a été signalé pa r plusieurs voyageurs.
Alors la fente de la glotte est fermée p a r des bourrelets musculeux qui la b o rdent
de chaque côté.
Les poumons sont deux sacs coniques dont les sommets sont dirigés du côté
de la tête ; leurs faces internes, qui s’appuient sur l’oesophage, en conservent l’empreinte
par ün sillon longitudinal. Leur longueur (i), dans le Crocodilus vulgaris que
j’ai disséqué, étoit de om,^ , et leur largeur, prise à la base, de om,2a. Une figure
qu’en a donnée Perrault les représente aussi ovoïdes-alongés. Il n’en faudroit point
confondre la structure avec ce qui est connu chez les lézards. Les poumons de
ceux-ci ne sont que des sacs alongés dont les parois internes sont, dans de certaines
places, seulement tapissées de petites fibres charnues entre-croisées et de vaisseaux
sanguins. Les poumons des crocodiles se font au contraire remarquer par
la grandeur des feuillets dont ils sont fournis, et qui forment comme autant de
petits murs c est un vaste réseau composé d’une quantité de mailles pareilles à
celles qui S e voient dans le second des estomacs des animaux ruminans. Chacune
de ces mailles sert d entrée a une petite poche qui s’ouvre dans une seconde et
quelquefois dans une troisième ; elles sont composées de deux ordres de fibres,
les unes circulaires et parallèles entre elles, et les autres perpendiculaires, qui
coupent les premières transversalement à angles droits. L e centre de chaque
espace pulmonaire reste entièrement vide, et forme une cellule servant de réservoir
a air. Les cellules, en s’ouvrant, s’en r em p ilen t; et c’est quand, par un
effort contraire, Pair y est comprimé, qu’elles portent une petite portion d’air
sur le sang, par conséquent à peu près sans le concours des organes qui pèsent
sur toute la masse pulmonaire. II suffit de ce jeu pour accomplir la fonction respiratoire,
quand l’animal est calme; mécanisme qui se répète sans le recours à
de nouvelles inspirations, jusqu’à ce que l’air remplissant le poumon soit entièrement
vicié. II n’y auroit que cette disposition organique pour doter l’organe respiratoire
de moyens secourables, que nous saurions nous expliquer comment il
arrive aux crocodiles de ne venir respirer à la surface de l’eau qu’après un certain
laps de temps. Par cette structure des poumons, aussi bien que par quelques points
de celle de leur hyoïde, les reptiles ressemblent aux tortues marines. Enfin je termine
cettë description en déclarant que d’autres anatomistes m’ont précédé à cet
égard; on connoît effectivement les importantes recherches, à cet égard, de
Vesale, de Sloane, de Perrault, d’Hasselquist, et celles, plus circonstanciées, des
peres Jésuites missionnaires à Siam, auxquelles Duverney a encore beaucoup
ajouté. r
Je considère les autres viscères.
i Le cteur. J’ai trouvé sa hauteur égale à om,o7, et sa base à om,o j : l’oreillette étoit
a droite plus grande qu’à gauche.
=^KaUeS-^ rUreS qj-V C Va'S raPp,° " er •’appliquent aux parties d’un sujet mâle que j’ai examiné anatomiquement
6ueutdei»,2,CrOC° g j | ayan' mcsure du bouI du musea” jusqu’à l’extrémité de la queue, avoit une lon-
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