
Les deux rames sont presque toujours intimement unies, et néanmoins
elles se distinguent-éminemment par leur forme et par la nature
de leurs soies.
Il y a en effet, dans cet ordre, des soies de trois sortes, qui ne se rencontrent
jamais ensemble sur la même rame, et qui n’occupent
jamais les deux îarnes du même pied : i.° les soies subulées proprement
dites; 2,0 les soies a palette ; 3.0 les soies à crochets.
Les soies subulées ne diffèrent essentiellement des soies proprement
dites (festucæ) des Néréidées, ni par leur forme, ni parleur
disposition. Elles sont réunies dans une seule game, ou, mais
très-rarement, distribuées dans plusieurs, qui toutefois se réu-l
nissent en un seul'faisceau constamment dépourvu d’acicules. Cel
faisceau constitue ordinairement la rame dorsale, et c’est lai
seule partie du pied à laquelle le nom de ramé convienne exac-|
tement.
Les soies à crochets (uncinuli) sont de petites lames minces, compri-l
mées latéralement, courtes ou peu alongées, exactement alignées!
très-serrées les unes contre les autres, et découpées sous leur!
sommet en plusieurs dents aiguës et crochues, qui sont d'autant!
plus longues qu’elles se rapprochent davantage de la base de lai
soie; rarement elles sont à un seul crochet. Ces soies, disposées sut*
un ou deux rangs, occupent le boid saillant d’un feuillet ou d’uni
mamelon transverse, qui réunit les muscles destinés à les mou-J
voir, et dans l’épaisseur duquel elles peuvent elles-mêmes sel
retirer (1).
Quoique les soies à crochets occupent généralement la place de lai
rame ventrale, elles peuvent prendre celle de la rame dorsale,!
soit à tous les pieds, soit seulement sur un certain nombre.
Les soies subulées sont fort sujettes à manquer dans la partie posté-!
rieure du corps, et les soies à ’crochets dans la partie la plul
antérieure, où elfes sont quelquefois remplacées par les soies ¿1
palette (spateliulæ). J’appelle ainsi' une troisième sorte de soies,!
dont le bout est aplati horizontalement et arrondi en spatule.!
( 1 ) C e sont les mamelons en qu e s tion , qu e qu e lq u es zo o lo g is te s m o d e rn e s, faute d ’y regarder de près» on*j
pris e t prennent encore p o u r des stigmates.
K arrive aussi quelquefois que la première paire de pieds, et Une, deux,
ou même trois des suivantes, affectent des formes anomales qui ne
paraissent pas convenir au mouvement progrëssif, et qui, jointes
au volume des segmens antérieurs, donnent à ces segmens réunis
l’apparence d’une tête.
Les cirres manquent en tout ou en partie: lorsqu’ils existent, on n’en
trouve qu’un à chaque pied; c’est ordinairement le eirre supérieur.
Les branchies manquent de même, du elles n’occupent que certains
segmens. Ordinairement elles sont bornées pour le nombre à
une, deux ou trois paires qui naissent des segmens les plus antérieurs,
où elles peuvent acquérir un plus grand développement.
ti.U. TOME 1. - , }.' parilc.