
gris-blanchâtre argenté sur le ventre et les flancs, et d’une nuance un peu p|us
foncée sur le dos. Les barbillons sont d’un gris rosé, de même que le bord po$.
térieur de l’opercule. Quelques individus présentent des taches noires sur toutes les
nageoires, et principalement sur l’anale et les ventrales. Ce poisson remarquable
est connu des Arabes sous le nom de schai karafche ou harafclù.
III. L E S B A G R E S , P O R C U S , G e o f f r . S.t-H i l .
C e troisième sous-genre est ainsi caractérisé par M. Cuvier : dents delà
mâchoire supérieure disposées sur deux bandes transverses et parallèles, une intermaxillaire
et une vomérienne; le crâne généralement plus lisse, et la plaque de la
nuque plus petite que dans les deux premiers sous-genres.
L ’A B O U R É A L
( Pimelodus auratus, G e o f f r . S.t -H i l . , planche j 4, fig. J et 4),.
C e t t e espèce est remarquable par sa nageoire dorsale, composée d’une épine
rudimentaire et à peine visible, d’une autre épine de grandeur moyenne, grêle et
peu épaisse, dentelée seulement sur son bord postérieur, et de rayons mous tellement
inégaux, que le dernier est deux fois plus court, et le premier deux fois
plus long que l’épine. La caudale est profondément échancrée comme chez les
schals, et composée ainsi de deux lobes dont lè supérieur est le plus long. L'adipeuse
est très-petite et assez éloignée de la dorsale : elle se termine postérieurement
à peu près au même niveau que l’anale. Les ventrales, dont la forme 11 offre
rien de remarquable, occupent le milieu de la longueur totale : la dorsale, plus
antérieure, est aussi éloignée de leur insertion que de celle des pectorales. Celles-ci
sont de grandeur moyenne : leur épine est assez courte, mais très-large, très-dure,
et hérissée sur son bord interne de fortes dentelures dirigées en avant.
L ’abouréal s’éloigne des schals par l’aspect lisse que présentent chez lui le crâne
et la partie antérieure du dos, et par son casque peu apparent et divisé en deux
pièces, dont la postérieure, placée à la base de lepine dorsale, est très-petite. Les
barbillons sont au nombre de six, et ressemblent à ceux du karafché pour leur
grandeur et leur disposition (fig. 3 et 4 )• La tête est déprimée, et sa face supérieure
est presque plane; le corps est comprimé, grêle, fusiforme et proportionnellement
très-alongé.
Ce bagre, qui pourra être nommé Porcus auratus, est assez différent des autres
siluroïdes par ses couleurs : il a le dos d’un noir bleuâtre, le ventre blanc, les
nageoires jaunâtres, les barbillons d’un gris rosé, e t , ce qui le distingue plus
particulièrement, le dessus de la tête d’un jaune doré. Il est aussi assez remarquable
par sa petite taille; car il n’a communément que six à sept pouces de longueur
totale, et un pouce et demi de hauteur vers l’insertion de l’épine dorsale.
Le Pimelodus ou Porcus auratus est connu dans l’Égypte inférieure sous le nom
de schal abourcal, et dans la supérieure sous celui de zammar; il est aussi appelé
à Rosette xaxoug roumi.
L E B A Y A D F I T I L É
(Porcus bayad, G e o f f r . S.t - H i l . , planche 1 5 , fig. 1 et 2 ) .
Ce poisson est très-remarquable par sa tête large e t tellement déprimée, que
les yeux sont plutôt supérieurs que latéraux, et qu’antérieurement sa hauteur est
à peine de quelques lignes. L ’ouverture buccale, fendue transversalement à l’ex-
tremité du museau, est tres-grande, quoiqu elle ne se prolonge pas sensiblement
sur les côtés. La lèvre supérieure, un peu plus longue que l’inférieure, a quatre
barbillons, dont les deux internes, tres-courts et très-grêles, naissent devant les
orifices des narines, et dont les externes, naissant près de l’angle de la commis-
1 sure, sont très-gros, et tellement prolongés, que leur extrémité atteint la nageoire
anale; dimensions véritablement considérables, et dont nous n’avons point encore
vu d’exemple. Les barbillons inférieurs sont aussi au nombre de quatre : ils ne
présentent rien de remarquable, si ce n’est qu’ils sont un peu plus longs que de
coutume. Les yeux sont assez petits et circulaires. La fente branchiale, peu prolongée
supérieurement, est au contraire très-étendue inférieurement. Les rayons
des ouïes sont au nombre de neuf.
Le corps est alongé, arrondi en dessous, caréné en dessus, beaucoup plus élevé
que la tête, et généralement couvert d’une peau fine et lisse. La tête offre aussi
a peu près lè meme aspect, parce què le casque crânien est peu apparent, et qu’il
ne présente d ailleurs aucune trace de tubercules. La ligne latérale, qui occupe la
région moyenne, est, comme dans toutes les espèces précédentes, droite et très-
visible jiisquau niveau antérieur de la dorsale : elle présente ensuite quelques
légères inflexions, et devient de moins en moins apparente. L ’anus est placé vers
la moitié de la longueur totale ; il correspond au niveau postérieur de la nageoire
dorsale, et est beaucoup moins éloigné de l’insertion des ventrales que de l’origine
de l’anale. La grande épine dorsale est assez courte, grêle et non dentelée :
il en existe, comme à l’ordinaire, une seconde, très-rudimentaire, placée plus
antérieurement. Les rayons mous de la nageoire dorsale sont très-inégaux, les
premiers étant deux fois plus grands, les derniers deux fois plus petits que l’épine :
mais tous ont cela de remarquable, qu’ils ne sont pas enveloppés dans la membrane
jusqu’à leur extrémité, comme cela a lieu le plus ordinairement. Les épines
pectorales' sont à peu près de même forme et de même dimension que la dorsale;
mais elles présentent sur leur bord interne quelques dentelures très-fines. La caudale,
profondément échancrée, est, comme chez les schals, formée de deux lobes
un peu inégaux. L ’adipeuse est assez haute et très-longue : elle est presque contiguë
antérieurement avec la dorsale, et se prolonge postérieurement beaucoup au-delà
de l’anale. ' 5 - -
Le bayad [ Silums bajad, Forsk. n." 9 5 ] est généralement d’un blanc argenté
avec le dos dun noir bleuâtre : les nageoires sont verdâtres , et la tête’ est