
deux ouvertures parfaitement semblables, et couronnées également de six rayon
ne répondoient-elles, en effet, qua un seul animal!
Cette question est aujourd’hui résolue. J’ai observé, dans la collection de
M. Cuvier, deux espèces d’Alcyons qui méritent, aussi bien que la précédente
le surnom SAscidioides, parce que leurs petits animaux ont, de même, deux ou
vertures tubuleuses, semblables pour la forme, quoique leurs relations soient très
différentes, puisque l’une conduit à la bouche et l’autre à l’anus. L ’examen de
I organisation intérieure de ces espèces à deux oscules m’a prouvé qu’elle ne d®.
roit point de celle des Alcyons précédemment décrits. Il est donc démontré
par l’analogie, que les Alcyons gélatineux pourvus de six tentacules simples
quel que soit le nombre apparent des ouvertures, en ont toujours deux à du-
cune de leurs cellules.
La position et la forme de ces ouvertures, lorsqu’elles sont également visiblesI
et qu’elles surmontent des cellules elles-mêmes proéminentes, donnent aux Ai l
cyons gélatineux l’aspect général des Ascidies. Il paroît certain que les rapports!
de ces animaux entre eux ne se bornent pas à cette apparence extérieure, et ml
leur analogie s’étend très-loin. M. Cuvier, en examinant avec moi les dessins I
relatifs à mon premier Mémoire, a cru y voir une organisation rapprochée de]
celle des Ascidies de sa quatrième division. La comparaison que nous avons faite I
aussitôt de ces dessins et de ceux qu’il avoit lui-même exécutés pour l’anatomiel
des Ascidies, a confirmé ce soupçon. J’ai donc dirigé mon attention de ce côté;I
et, après avoir comparé de nouveau, sur la nature, les Ascidies et les divers genres!
d’Alcyons gélatineux, scrupuleusement, organe par organe, je me suis convainc»!
qu il manquoit peu de chose à leur parfaite ressemblance, et que l’analogie se|
soutenoit dans presque tous les points ( i ).
Ainsi le ventricule thoracique des Alcyons répond au sac ou ventricule bran-l
chiai des Ascidies; son entrée est garnie des mêmes filets; sa structure présente!
de même des vaisseaux longitudinaux se croisant à angles droits avec des vaisseaux!
transverses qui tiennent par un bout à une veine, et par l’autre vraisemblablement!
à deux artères pulmonaires : on doit donc penser qu’il sert aussi à la respiration.!
Ce qu’il y a de singulier, c’est la quantité d’animalcules dont ce ventricule respira !
toire est souvent rempli et gonflé. Un fait non moins remarquable est la grosseur!
et la solidité que ces vaisseaux, si fins dans les Ascidies, prennent dans quelques!
Alcyons ; on en aura une idée quand on saura que le réseau presque caitilagi-l
neux que j’ai trouvé chez certaines espèces, et dont j’ai donné ci-devant une!
description détaillée, n’est autre chose que le tissu vasculaire de leur sacl
branchial.
L ’ouverture, couronnée de six tentacules, par laquelle l’eau et les alimensl
s’introduisent dans la cavité du thorax, ne peut être comparée qu’à l’orifice bran-l
chiai des Ascidies, lequel est aussi quelquefois marqué de six plis. D ’après cel
(i) Les personnes qui desireroient connoître le degré à ta première classe de l’institue, et imprimé dans
d’importance que les zoologistes ont attaché à ce ré- l’édition in-8.° de mes Mémoires sur les A n im a u x sans
suhat, peuvent consulter le rapport fait par M. Cuvier vertèbres.
principe, la véritable bouche du Polype seroit, comme dans l’Ascidie, non l’ori-
jjce qui reçoit les aümens du dehors, mais la petite ouverture qui i l transmet
immédiatement au tube intestinal. Néanmoins, comme cette ouverture, située au
fond du sac branchial ( u), n’a point de lèvres, on pourroit lui appliquer le nom
ie pharynx, et laisser celui de bouche à l’orifice extérieur, dont les tentacules
ou rayons charnus représentent, en effet, les tentacules des Polypes proprement
dits et les lèvres des Mollusques bivalves. On supposerait alors le ventricule bran
chiai formé par une dilatation de la partie du tube alimentaire située entre les
lèvres et le pharynx (2).
Le premier intestin,' que ja i nommé intestin grêle, doit être considéré comme
t,n oesophage, et le ventricule qui lui succède , comme un véritable estomac
J’observe cependant que ce ventricule, lorsqu’il est profondément divisé, différé
beaucoup du renflement qui constitue l’estomac de l’Ascidie : d’ailleurs chez
celle-ci, l’estomac est souvent enveloppé dans un foie volumineux,-« les animaux
en question n’ont pas de foie bien distinct, ou, s’ils en ont un épais et faisant
masse, comme celui des Pyrosomes, il est autrement placé. Leur intestin après
être remonté sur lui-même, se termine toujours par un anus libre, exactement
comme dans les Ascidies, chez lesquelles l’extrémité du rectum flotte sous J’ori-
ficc destine a 1 évacuation des excrémens (3).
La cavité qui contient les intestins, ou l’abdomen, n’est pas placée de même
¿ans les deux familles. Les Ascidies ont l’abdomen latéral ; je veux dire qu’il est
entièrement appliqué sur un des côtés du sac branchial, dont il ne dépasse point
la base. Les Alcyons gélatineux, au contraire, ont l’abdomen inférieur, et souvent
même il est pédiculé. Le rectum est la seule partie du tube intestinal qui
sappuie sur le thorax. II y a néanmoins quelques Ascidies, telles que i'Ascidm
Iqaiifomis et I Ascidia clavata, dont l’abdomen se rapproche par sa position de
celui des Alcyons.
Lovaire de ces derniers est toujours unique, tantôt appliqué sur le côté de
labdomen, tantôt pendant au-dessous : celui de plusieurs Ascidies est double- il
y en a un de chaque côté du corps. Nous trouverons aussi un ovaire double dans
les riotrylles et dans les Pyrosomes.
Tous ces petits animaux composés sont complètement hermaphrodites • leurs
oeufs sont des germes susceptibles de se développer sans fécondation préalable
ou moms apparente. Ne peut-on pas en dire autant des Ascidies et même de
tous les Mollusques acéphales! En cela, cette classe d’êtres semble se rapprocher
Polypes autant qu’elle s’éloigne des autres Mollusques.
Jai dit qu’on observoit aux animaux des Alcyons gélatineux deux tubercules:
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«■'«-rarement à son ^ r ‘7 " ' comme I autre, mais deux replis en forme de valvules,
Ascidies J son extreme fond, sur-tout dans les ou un simple repli circulaire,
naires : d ou il suit que les artères branchiales,