
Il
11. ' Le squelette. Le crâne, ainsi que tous ies os du bras et de la langue qui
s y articulent, ne diffèrent pas assez des mêmes parties dans la citharine, pour
que nous nous y arrêtions davantage.
Il n’en est pas de même du tronc : la colonne épinière du néfasch est composée
de quarante-six vertèbres; de -trente, qui portent des côtes, et de seize, qui en
sont dépourvues. Les quatre dernières de ces vertèbres coccygiennes finissent par
se souder les unes aux autres, e t, ainsi transformées en une lame épaisse, par devenir,
pour la nageoire caudale, un point d’appui d’une solidité parfaite.
Les côtes ne sont ni assez longues pour atteindre à l’arête abdominale, ni assez
renforcées près des vessies aériennes pour ne pas céder sous l’action des muscles
abdominaux : elles peuvent donc être employées, au gré de l’animal, à comprimer
ses vessies aériennes ; et elles ont réellement, dans le néfasch, tous les genres d’utilité
qu’on leur a reconnus dans la plupart des poissons.
Toute nageoire dorsale, comme on le sait très-bien, ne repose pas immédiatement
sur des muscles ou sur les apophyses montantes des vertèbres, mais est
assise sur une série d’apophyses particulières. Il n y a jamais moins de ces apophyses
tutrices que de rayons à la nageoire.
Ces apophyses, se soudant avec l’âge, adhèrent ensemble, dans le néfasch, par
l’interposition d’autant de lames osseuses; et les antérieures sont, de plus, remarquables
par de vives arêtes latérales qui en augmentent l’épaisseur, et conséquem-
ment la solidité. Mais ce qu’il y a , en outre, de plus favorable pour la.fixité de la
nageoire dorsale, ce sont dix autres apophyses semblables, qui existent entre elle
et la tête , quoiqu’elles n’aient rien à soutenir dans cet intervalle : elles forment
là une sorte de chaîne, dont la première pièce est articulée avec le crâne, et la
dernière avec le premier rayon de la nageoire.
C O N C L U S I O N .
L e néfasch ressemble à la citharine, mais non jusqu’à lui appartenir comme
espèce du même genre : ses dents, si longues, si nombreuses, et si singulièrement
bifùrquées, ne nous ont pas trompés, en nous faisant pressentir un tout autre
arrangement des organes de la digestion, puisqu’il résulte de la considération de
ceux-ci qu’il est en effet plus décidément carnassier que la citharine ; et il étoit non
moins intéressant de constater comment ses vessies aériennes ne participent plus
aux anomalies dont celles de la citharine nous ont offert un si singulier exemple.
LE CH A R A C IN R A S CH A L
E T
LE C H A R A C I N R A Ï
L e temps a consacré l’usage introduit par A rtéd i, d’appliquer le nom de salmo à
tous les poissons abdominaux qui, ayant deux nageoires dorsales, en ont une des
deux fort petite, privée de rayons, et formée seulement par une simple expansion
de la peau.
Il a sans doute fallu, avant de songer à ranger les poissons dans une série naturelle,
s’occuper d’abord des moyens de les distingùer; et il n’est pas étonnant
qua l’époque où l’on n’employoit à la distinction des êtres que les choses de leur
extérieur les plus apparentes, on ait accordé autant d’importance à cette seconde
nageoire dorsale, qu’une mollesse habituelle a fait désigner sous le nom de nageoire
adipeuse.
On ne peut, en effet, expliquer le choix qu’on en a fait comme caractère générique
, que par la commodité qu’on a trouvée à s’en servir ; ca r, d’ailleurs , il est
impossible d’indiquer l’usage de cette partie , et il l’est également de lui trouver
quelque influence sur l’organisation. Comme pièce de l’extérieur, elle n'a d’action
ni sur les muscles, ni sur les parties du squelette en contiguité avec elle : c’est tout
simplement une excroissance du système cutané. Qu’elle existe dans un poisson,
ou qu’elle vienne à y manquer, rien n’est au surplus changé dans la condition de
cet etre ; ses goûts, ses habitudes et ses allures n’en sauroient être affectés.
Une circonstance semble pourtant la relever aux yeux du physiologiste, c’est
la fixité de sa position. On ne trouve effectivement de nageoire adipeuse que vers
la naissance de la queue : mais il en est une cause appréciable ; le lieu où s’attache
cette partie en détermine la nature. Placée plus haut, ce ne seroit plus une nageoire
adipeuse, une nageoire rudimentaire : mais elle deviendrait ce qu’est la.
deuxième dorsale dans les autres poissons, c’est-à-dire, une nageoire complète
et pourvue de tous ses rayons, ceux-ci existant par-tout où ils trouvent à se développer.
Il est d autres organes de l’ordre d’une nageoire adipeuse qui appartiennent
aussi au système cutané, dont on n’aperçoit pas davantage la liaison avec les
choses de leur voisinage, et dont Iinutilité est également manifeste, qui ne sont
pas moins considérés comme ayant une certaine valeur : tels sont ceux qui nous
fournissent des indications infaillibles d’une conformation commune à plusieurs
espèces. Mais la nageoire adipeuse n’est pas dans ce cas : on ne peut pas dire
quelle ne se trouve que dans des poissons qui ont d’ailleurs la plus grande affinité,
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