
E x p o r t a t i o n s .
Ce n’est pas l’Europe seule qui est obligée de payer avec son or
et ses autres métaux, les riches et abondantes productions qu’elle
retire de l ’Inde : la Turquie voit s’écouler par le même canal presque
tous ceux que l’Europe lui fournit. C’est en sequins vénitiens,
hollandais et hongrois, en vieux sequins turcs et en vieilles piastres
qu’elle solde toutes les marchandises qui lui viennent du golfe Per-
sique. Il s’écoule par cette voie au-delà de dix millions de piastres
turques. Cette somme serait beaucoup plus forte si la Turquie ne
fournissait à l’Inde quelques objets de valeur, ainsi qu’on le verra
plus bas.
On évalue à cinq millions de piastres l’argent qui passe en Perse,
et à un million les marchandises d’Europe qui sont données par
les T u r c s , en paiement de celles qu’ils retirent de la Perse ou de
l’Inde.
Il passe dans l’Inde, par la voie de Bagdad, beaucoup de cuivre
en pain des mines de d ’Asie mineure, ainsi qu’une très-grande
quantité de vieux cuivre qui est apporté de la Syrie, de la Mésopotamie,
de la Natolie et du Curdistan.
Les noix de galle sont encore un objet important : il en passe
beaucoup dans l ’Inde. Il arrive aussi de l’Asie mineure un peu
d’opium et un peu de gomme adragant. Bagdad, Kerkouk et Mossul
expédient quelques ballots de garance, nommée fo u a .
On envoie beaucoup de dattes à Kermancha, Amadan et au nord
de la Perse. On y envoie aussi un peu de riz. On embarque à Bas-
sora pour Mascate, Surate et le golfe de Cambaye, des dattes,; du
r i z , et quelquefois du froment et de l ’orge. .
Les plumes à écrire dont se servent les Persans et les T u rçs , sont
fournies par un roseau qui croît sur-, les bords des rivières , à
l’orient du fleuve des Arabes : il en passe une.très-grande quantité
aux Indes. |
Les chevaux.élevésrpar les tribus arabes qui sont à l ’occident
de Bassora.et de Bagdad, sont très-estiinés dans .l’Inde. Il ¡en pas,se
chaque année un grand nombre à Surate et au Guzurate.
M a r c h a n d i s e s d ’ E u r o p e .
Les satins, les velours, les étoffes en or et en argent de L y o n ,
les moires, etc. se consomment en Turquie : il en vient souvent à
Bagdad pour se répandre en Perse et jusqu’au Candahar.
Les draps de France vont en Perse et jusqu’au Candahar : les
qualités les plus recherchées sont les londrins seconds, des fabriques
du Languedoc.
Lorsque les Européens étaient établis dans le golfe Persique et à
Ispahan, il se faisait une grande consommation de draps et autres
produits manufacturés de l’Europe. Sous Kérim-Khan, les Anglais
vendaient encore à Bassora et à Bouscher, des draps pour la valeur
d’un million; ils étaient destinés pour la Perse. Ils n’en vendent
presque plus à présent, et voici quelle en est la raison. Autrefois
le gouvernement anglais forçait la compagnie des Indes orientales
à acheter annuellement des fabriques d’Angleterre , une certaine
quantité de draps, qu’elle vendait à perte à Bender-Abassi. Ayant
perdu ce comptoir, la compagnie fit passer ses draps à Bouscher
et à Bassora. Tant que les draps anglais furent vendus à perte, ceux
des autres nations ne purent entrer en concurrence. Mais depuis
que la compagnie est devenue libre, quant à cet objet, le prix des
draps a beaucoup augmenté à Bassora et dans les ports du g o lfe ,
et alors ceux des Français ont pu être vendus à meilleur marché.
Il n ’est pas douteux que les F rançais, dont les draps sont moins
chers, .et dont la qualité est plus estimée dans ces,contrées, ne puissent
donner un jou r , à cette branche de commerce, tout le. déver
loppement dont elle est susceptible. Il faudrait pour cela avoir des
établissemens à Bassora. Les vaisseaux expédiés de France auraient
leur chargement en draps, quincaillerie, étoffes de L yo n , etc. pour
Mascate, Bassora et les ports de Perse. Ils feraient leur retour, soit
en comestibles de Bassora pour Mascate, en cuivre et dattes pour
Surate, où ils prendraient leur chargement pour l ’Europe. Ils pourraient
également charger des comestibles et du goudron minéral ou
bitume de Hit pour l’Ile-deT]f’rance.
Les, galons de Lyon sont un trèsrgrand objet de consommation