
dérobé à nos observations, nous ne pouvons avoir
aucune notion sur les formations qui s’y font ou
qui peuvent s’y faire ; rien meme ne nous apprend
positivement qu’ils’y en opère quelqu’une. Cependant
quelques faits semblent nous indiquer que,
dans certains lieux et dans des circonstances favorables
, il peut se faire quelques produits analogues
à celles de nos masses minérales. Par
exemple, lorsque dans la mer du Sud on voit de
petites îles formées de couches calcaires entrelacées
de coraux absolument semblables à ceux
qui vivent sous l’eau, à quelques mètres plus bas,
il est bien difficile de ne pas croire que ces couches
ont été produites par cette même mer au-dessus de
laquelle elles s’élèvent aujourd’hui. Bien des analogies
semblent indiquer que plusieurs de nos
calcaires coquilliers ont été déposés dans des mers
peu différentes des mers actuelles. Pour terminer
par un fait positif, je citerai un grès que Saussure
et Spallanzani ont, en quelque sorte , vu se produire
sous leurs yeux. « J’ai vu , dit Saussure , au
» bord de la mer, sur le phare de Messine, auprès
» du gouffre de Carybde , des sables qui sont
» mobiles dans le moment où les flots les amon-
» cèlent sur les bords ; mais q u i, par le moyen
» du suc calcaire que la mer y infiltre , se durcis-
» sent graduellement au point de servir à des
» pierres meulières : ce fait est connu à Messine ;
» on ne cesse de lever des pierres sur les bords ,
» sans qu’elles s’épuisent, ni que le rivage s’a-
» baisse ; les vagues rejettent du sable dans les
» vides ; et, en peu d’années, ce sable s’agglutine
» si bien, qu’on ne peutplus distinguer les pierres
« de formation nouvelle avec celles qui sont les
» plus anciennes ( Sauss. § 3o5 ). »»
Ar t . II. Des agents intérieurs.
Les agents que le globe recèle dans son sein, et
dont l’existence s’est manifestée à sa surface, ne
nous sont connus que par les phénomènes des
volcans et des tremblements de terre. Nous allons
traiter , dans cet article , de ces deux sortes de
phénomènes , et nous nous permettrons ensuite
quelques observations sur leurs causes. Nous examinerons,
dans la seconde section de ce chapitre,
les changements qu’ils opèrent ou qu’ils peuvent
avoir opérés à la superficie de la terre.
a) Des volcans et des phénomènes volcaniques.
Les volcans, ainsi que l’on sait, sont des ouvertures
dans l’écorce du globe, d’où il sort, de
tems en tems des jets de substances embrasées
et des courants de matières fondues qui portent
le nom de laves. Ces ouvertures sont presque
toujours sur le sommet de montagnes isolées ;
elles ont la forme d’un entonnoir , et prennent
le nom de cratère.
Après avoir jeté un simple coup-d’oeil sur les