
plaines de Cologne et de la Hollande. De iiiême y
le Tessin, qui ne sort des Alpes qu’en traversant le
ac Majeui, ne peut avoir porté leurs débris dans
les plaines de la Lombardie , etc. Cette objection,
dont nous sommes loin de contester la force,
prouve formellement que le Rhône , le Rhin , le
Tessin , etc., ne portent aujourd’hui au delà des
lacs qu’ils traversent aucun des produits de la décomposition
des roches qui sont en amont. Mais
1 état actuel des choses existait-il à l ’époque où les
vallées ont commencé à être creusées , et où les
terrains de transport ont commencé à être étendues
sur les partiesRasses du globe ? Je ne le pense
pas : les terrains des plaines de l’Alsace , de la
Hollande , de la Lombardie , etc. , n’ont pas été
déposés par lés fleuves ac tuels : tout indique qu’ils
1 ont été dans le sein d’une eau tranquille ; et ce
n est que depuis la retraite de cette eau que date
l ’ordre actuel : la date est peu ancienne. Avant
cette époque, la configuration du fond de ces mers
ou lacs , c’est-à-dire le fond des grandes vallées,
n était peut-être pas la même qu’aujourd’hui.
Quoique presque tous les fleuves qui entrent dans
la Lombardie traversent de grands lacs , Saussure
, qui connaissait d’ailleurs l ’objection de De-
luc ? n en pensait pas moins que l ’énorme couche
d’atterrissement qui forme le sol de cette partie
de lTtalie venait des Alpes, et qu’elle était le
produit de leur destruction et de leur décomposition.
Il n’en croyait pas moins , car le fait est
d’une évidence manifeste, que, depuis leur consolidation
, ces montagnes avaient éprouvé de
prodigieuses dégradations , que leurs couches
avaient été morcelées, et que l’excavation de la
plupart de leurs vallées était un effet de l’erosion
des eaux pluviales , des torrents et des rivières.
( Sauss., §920.)
Le redressement des couches lui paraissait être l’autre cause
de l’existence des vallées, et particulièrement de celles qu’il
nommait longitudinales, et dont la direction était, d’après
lui, parallèle à la stratification des montagnes qui les bordent.
De pareils redressements, incontestables dans de certaines
localités , ne peuvent manquer en effet d’y avoir été la cause
directe ou indirecte de la formation de plusieurs vallées.
Nous aurons donc, i° des vallées primitives ( § 8£ ), c’est-à-
dire de même date que la surface de la terre ; 20 des vallées
dues en partie au redressement des couches ; 3° des vallées
oceasionées par quelques fentes ou accidents postérieurs
à la consolidation du terrain ; 4° enfin des vallées produites
par l’action de l’eau et de l’atmosphère. Si celles-ci ne sont
pas toujours les plus considérables, elles seront bien certainement
les plus nombreuses ; et la cause qui les a creusées aura
encore donné aux autres leur forme actuelle ; elle aura produit
la plupart de leurs vallées secondaires, de leurs gorges et
de leurs ramifications.
Le redressement des couches est bien encore une des causes
des inégalités de la surface du globe ; mais , outre que le fait
est presque d’origine première , qu’il a eu lieu immédiatement
après la formation des couches, et qu’il ne se continue plus
en aucune manière , les observations ne m’ont pu faire apercevoir
aucun rapport entre la grandeur ou la disposition de ces