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D iv i s io n en
rectangles.
D’après ce que nous venons de dire, la stratification
, au moins dans un grand nombre de roches
, ne serait qu’un effet dépendant de leur nature
, et ne proviendrait point de la manière que
la roche a pu être formée ou déposée : le granité
a été bien certainement formé et déposé comme
le gneiss qui lui est adjacent, et auquel il passe. Ici
nous différerions d’opinion avec Werner, qui ne
voyait dans la stratification qu'un effet de la succession
de dépôts distincts; chaque strate était à
ses yeux un dépôt particulier.
b) Division prismatique.
Des fissures,. autres que celles de la stratification
, en traversant les roches dans une direction
constante , parallèlement à différents plans i
la divisent en polyèdres presque toujours prismatiques
, le plus souvent de forme à-peu-près
rectangulaire, quelquefois en prismes ordinaires ;
leur hauteur est, dans certains cas, si petite,
qu’il en résulte de simples plaques.
§ i i 5. La division en masses rectangulaires,
ou, pour parler un langage plus exact, en paral-
lélipipèdes rectangles, est assez commune dans
les roches secondaires à couches horizontales ;
elle est produite par des fissures dans deux sens
perpendiculaires entre eux, e t perpendiculaires
en même tems aux fissures de la stratification.
Elle se remarque principalement dans les
«mès ; elle y donne lieu à des masses rectangulaires
de toutes les dimensions ; j’en ai vu dans
les belles vallées de Pirna et de Schandau, en
Saxe, qui avaient jusqu a quarante métrés de
côté : elles étaient quelquefois un peu arrondies
sur les arêtes, ce qui rendait les fissuies encoie
plus distinctes ; et les montagnes présentaient,
en grand, l image de ces tas de gros ballots rectangulaires
que l ’on voit quelquefois dans les
magasins des villes de commerce. Saussure a observé
cette même division dans un grand nombre
de grès des Alpes ; auprès du Chapiu, dans la
Tarentaise, il en a vu qui étaient si régulièrement
divisés qu’on les employait comme pierres
de taille dans la construction des chalets voisins ;
elles étaient d’une forme tres-reguhere , et la
nature avait fait tous les frais de la taille, dit
Saussure. M. Ramond a observe egalement au
pied méridional du Mont-Perdu, des grès divisés,
par des fissures verticales, en masses dont la
forme approchait plus ou moins de celle de ps**
rallélipipède recLangle.
Quelques calcaires, tes houilles , et quelques
autres roches qui tendent naturellement a se diviser
en fragments cubiques , présentent en petit
un fait du même genre.
Saussure indique deux causes de cette division,
ou plutôt de la formation des fissures qui la produisent
: i° 1 affaissement successif des couches,