
\ u des coquilles marines sur les cônes volcaniques;
Je ne parlerai pas des absorptions de la mer
si souvent mentionnées : ce fait n est pas constate
d une manière assez positive; mais je remarquerai
que la plupart des observateurs signalent les rapports
qu’il a entre les crises des volcans et les cil-
constances qui peuvent porter de l ’eau dans leurs
gouffres. Dolomieu dit expressément : « L agita-
» tion intérieure des volcans est augmentée par
» les pluies et par toutes les circonstances qui
» font arriver les eaux dans leurs foyers (1). »
On a également remarqué que c’est ordinairement
à la suite des saisons pluvieuses que les
violents tremblements de terre ont lieu (2).
Mais comment l ’eau pénè tre-t-elle dans les cavités
volcaniques? Si elle y pénètre en grande
quantité, et il semble qu il n en saurait etre autrement
de l’eau de la mer , ne concourrait-elle pas
plutôt à éteindre le feu volcanique , qu’à redoubler
son activité ? Ce sont certainement des questions
dont la solution est difficile ; elle peut être
très-compliquée , mais elle n’ëst pas impossible.
Je n’entrerai pas dans des détails à ce sujet, et je
me bornerai à rappeler que la presence de 1 eau,
et de l’eau en grande quantité , est incontestable
au milieu des phénomènes volcaniques.
( 1 ) D e s c r ip t io n d e s î le s P o n c e s , p a g . 1 29®‘
(2 ) B e r t r a n d , sur les tremblements de terre; D o lom i e u , sur le
tremblement de la Calabre.
On connaît l’étonnante force de ce fluide réduit
en vapeur ; mais nos machines à feu et nos
machines de Papin peuvent à peine nous donner
une idée de celle qu’il peut acquérir dans des
cavernes dont les parois ont plusieurs millieis
de mètres d’épaisseur, et qui supportent les montagnes
de l’Etna et du Chimboraço ; la chaleur
peut tendre son ressort à un point dont il est
même difficile de nous faire une idée.
L’eau , à l ’état de vapeur , n’est pas le seul
fluide élastique qui exerce une action dans les
foyers volcaniques ; il peut s’y trouver, et nos
observations nous portent encore à croire qu il
s’y trouve du gaz hydrogène , du gaz acide carbonique
, etc. Spallanzani a en outre fait observer
, avec beaucoup de justesse , que la matière
même des laves réduite en vapeurs par l’action
du calorique , devait joindre ses efiels a ceux des
autres fluides aériformes.
Il serait superflu d’entrer dans les details de la
manière que les fluides élastiques , agissant dans
l ’intérieur des cavernes souterraines , peuvent
produire les diverses circonstances de l ’ascension
et de l’éruption des laves , ainsi que celle des
tremblements de terre : un peu de réflexion les
fera aisément concevoir (1).
(x ) U n é v é n em e n t a r r iv é en A n g le t e r r e , eu 1801 , e t r a p p o r t e
p a r M . O r d in a i r e , d an s so n Histoire naturelle des v o lca n s , p e u t