
i 3o CHAPITRE IY.
Natural-bridge; il a 5o mètres de hauteur et 3o
de largeur ; c’est en passant au-dessous que la rivière
James traverse une branche des monts
Alleganys ( i ) . Je ne saurais donner une idée
plus exacte de l ’action érosive de l’eau sur les
rochers, qu’en rappelant le phénomène que présentent
les superbes cataractes du Niagara , dans
l’Amérique septentrionale : cette rivière sort du
lac Ené et va dans le lac Ontario , distant d en?
viron huit lieues, et plus bas de cent mètres que le
premier : vers les deux tiers de son cours, elle
tombe de près de 5o mètres de haut, et elle
achève sa route dans une échancrure profonde
qu’elle a creusée dans le so l, ou plan incline ,
compris entre les deux lacs : les cataractes étaient
autrefois vers le bas du plan j elles ont recule
d’environ 12000 mètres (2 ) , et reculent encore
depuis que les Européens sont dans le
pays ; l ’échancrure dans le sol est évidemment
leur ouvrage. L ’action de l ’eau sur les roches, qui
a donné lieu au proverbe goutte sur goutte use
les pierres , est un fait connu trop généralement
et depuis trop long-tems pour que j’y insiste
davantage.
L’eau des ruisseaux et des rivières qui s’imbibe
dans le roc de leur lit, le ramollit quelquefois au 1 2
(1) American Geography, b y Jedidials Morse , pag. 6 i 3.
(2) Voyea la note qui est sur la carte des Etats-Unis, par Arrovr-
Smith.
ACTION DE l ’e AU SUE LA SURF. DU GLOBE. l 3 t
point de le réduire en un limon qui est ensuite
attaqué, délayé et emporté avec une grande facilité
J’ai eu occasion de voir ce fait dans des ravins
du Mont-d’Or , en Auvergne ; le marteau
s’enfonçait dans la roche a-peu-pres comme dans
de la boue.
Les substances que les torrents entraînent ne
peuvent qu’augmenter leur force destructive :
ainsi les sables et les graviers qu’ils roulent doivent
contribuer à user et corroder les rocheis
contre lesquels les eauxles pressent. Lesglaces que
les rivières charrient dans les tems de debacle,
étant d’un volume souvent énorme, et étant animées
d’une vitesse considérable , peuvent produire
de grands effets par le choc. On a vu des
quartiers de roche transportés sur de gros glaçons
à des distances considérables ; et sans un pareil
intermédiaire, il serait souvent bien difficile de
concevoir comment certaines masses énormes ont
pu être apportées par les-,eaux sur un sol qui leur
est absolument étranger.
§ 43. Dans les lacs qui ont une issue , les eaux
exercent une action continuelle contre la digue
ou la paroi qui s’oppose à leur écoulement :
lorsque le trop-plein s’épanche par-dessus une
digue , elles en corrodent la paitie supeueuit et
en baissent continuellement le niveau : lorsqu’elles
s’échappent par des fentes ou fissures ,
elles se pressent fortement contre leurs parois
9-
Eau dans les
lacs. Erosion
des digues.