
les formations secondaires récentes. Les roches y
sont de deux classes, les unes, telles que le gneiss, le
schiste-micacé , le phyllade, etc., sont très-distinctement
stratifiées ; elles le sont jusque dans leurs
derniers éléments , ainsi que nous l’avons déjà remarqué
; mais les autres, telles que les granités ,
les porphyres, les diabases, les calcaires purs, les
gypses , les serpentines , les quartz , e tc ., ne portent
point ou presque point d’indices de stratification.
Les couches et les strates n’ont plus , dans
les terrains primitifs , la même suite et la même
uniformité que dans les secondaires ; elles passent
aisément des unes aux autres , en changeant graduellement
de nature ; et leur position, qui est sujette
d’ailleurs à de grandes variations, se rapproche
plus souvent de la verticale que de l’horizontale,
tant dans les plaines que dans les montagnes.
Cette position, comme la forme , devient tout-à-
fait indépendante de la forme du sol et de ses inégalités.
Ce que je viens d’exposer dans ce paragraphe
est plutôt le résultat de mes observations que la
doctrine de Werner I car ce savant, ainsi que
Saussure et un grand nombre de naturalistes ,
admet la stratification sensible ou faiblement sensible
du granité et de la plupart des roches que
nous avons rangées dans la classe des non-stratifiées
, en observant que la grande épaisseur des
strates empêche souvent de les distinguer.
Les géologistes ont été très-divisés d’opinions sur la stratification
de diverses roches , et particulièrement sur celle du granite
: nous donnerons quelques détails à ce sujet dans la seconde
partie. On attachait une grande importance à cette question
, à cause des conséquences qu’on voulait en déduire sur
l’origine de cette rqche, qui était alors regardée comme servant
exclusivement de base et de support à la mince écorce stratifiée
composée des autres roches ; la forme par strates ou couches
rappelant toujours l’idée de sédiments, ou de précipités, opérés
dans un fluide aqueux. Mais, dans l’état actuel de nos connaissances,
cette question est sans intérêt, au moms sous le meme
rapport: le granité alterne,par couches,avec d’autres roches, et
il a incontestablement la même origine qu’elles. Quoique je n aie
pas vu de grande masse d’un vrai granite réellement stratifiée ,
c’ est-à-dire soudivisée en strates, je n’en ai pas moins vu,
par exemple entre Rosswein et Meissen en Saxe, une couche
horizontale d’un beau granité rouge, d’un à deux pieds d épaisseur,
placée entre des couches de schiste phylladique ( Thon-
schiefer ou Grünsteinschiefer ).
§ 1 14. Quelle est donc la cause de la stratification
des roches , et des diverses circonstances
qu’elle présente ? Je ne crois pas que nous soyons
encore en état de répondre a cette question d une
manière générale et positive.
Lorsque nous examinons la coupe d un de nos
derniers terrains secondaires , tels sont ceux des
environs de Paris ; que nous les voyons composes
de couches de calcaire , de gypse , de marne et
d’argile , alternant diversement entre elles , de
forme généralement plane , s’étendre horizontalement
à de grandes distances en conservant a-
Ohservations
sur les causes
de la
stratification.