
raboteuses, hérissées et scorifiées que présentent
la plupart des courants. L’intérieur, éprouvant
moins d’agitation et étant soumis à une plus forte
compression , est moins boursouflé ; les pores
y sont plus petits et en moindre quantité , et cela
d’une manière d’autant plus sensible qu’on s enfonce
davantage au-dessous de la surface. Très-
souvent , et par suite du mouvement progressif,
ces pores , ou plutôt ces cavités bulleuses, sont
allongés dans le sens du courant, et leurs parois,
après le refroidissement, sont lisses et comme
‘émaillées.
Vitesse des § 64- La vitesse avec laquelle se meuvent les
courants, de iave | présente les plus grandes variations,'
en faisant meme abstraction de celle
en vertu de laquelle la lave jaillit par les ouvertures
qu elle se fait sur les flancs de la montagne.
La vitesse dépend de la pente du terrain
sur lequel se fait le mouvement, ainsi que de la
quantité et de la viscosité de la matière. Au Vésuve
M. de la Torre a vu des courants parcourir
800 mètres dans une heure : Hamilton en a observé
un qui faisait 1800 mètres dans le meme
lems ; l ’éruption de 1776 en présenta un autre qui
fit un trajet de plus de deux mille mètres en quatorze
minutes. M. de Buch , témoin de l ’éruption
de i8o5 , vit un torrent s’élancer de la cime avec
une rapidité extraordinaire ; en trois heures de
tems, il fut près des bords de la mer, à plus
de sept mille mètres , en ligne droite , du point
de départ. Cet auteur observe que l'histoire du
Vésuve offre à peine un exemple d’une pareille
rapidité (1). Au reste , ceux que nous venons de
citer présentent des vitesses extraordinaires, cai,
en général, les laves se meuvent lentement, celles
de l’Etna, coulant sur un terrain incliné , passent
pour aller vite , lorsqu elles parcouient quatre
cents mètres en une heure. Dans des terrains plats,
elles emploient quelquefois des journées entières
pour s’avancer de quelques pas. : Dolomieu en
cite une qui a mis deux ans pour parcourir
38oo mètres.
§ 65. Ce peu de vitesse des laves provient principalement
de leur viscosité. Quelquefois, à la
sortie du volcan, leur fluidité paraît semblable à
celle d’une eau jaillissant à travers une petite ouverture
; mais bientôt elle se perd , et la matière
devient d’une viscosité et d une ténacité extraordinaires.
De très-grosses pierres, lancées par Spal-
lanzani sur une lave en mouvement, n’y produisaient
presque aucune dépréssion : Hamilton avait
de la peine à enfoncer un bâton dans la lave de
1765; et il a traversé un courant qui avait une
vingtaine de pas de large , et qui coulait encore,
lentement à la vérité.
Au reste , il faut observer que , dans ces cas,
Viscosité
des laves.