
entraîne avec elle. Ces dissolutions souvent répétées
, doivent à la longue produire des vides plus
ou moins considérables dans l’intérieur des montagnes.
De là le grand nombre de grottes , de cavernes
et de canaux souterrains que l’on trouve
si souvent dans les roches calcaires et gypseuses,
et dont nous parlerons en traitant de ces roches :
de là encore les affaissements, les creux et les
lacs qu’on y trouve quelquefois , et qui sont une
suite de l’existence des cavernes.
Décomposé S 48. L’eau concourt encore d’une manière pins
tiondesro- ° ^ <
ches. forte , quoique moins apparente, a la destruction
des roches : c’est lorsque, répandue dans l ’atmosphère
, aidée de l ’action de l ’air, de la chaleur,
et peut-être encore de quelques agents qui nous
sont inconnus , elle opère leur décomposition ,
et les fait tomber comme en efflorescence. On a
observé que l ’air humide était plus propre à ce
travail de la nature, preuve évidente de la coopération
de l ’eau.
La décomposition dont nous parlons i c i , celle
qu’éprouve un minéral qu’on laisse exposé à l’action
de l ’atmosphère , n’est pas seulement due
à un simple relâchement dans l ’agrégation des
molécules intégrantes : il paraît qu’il y a un effet
chimique qui attaque même ces molécules, et qui
en change la composition, soit par la soustraction
, soit par l ’addition de quelque nouveau
principe. L’eau est un des agents qui produisent
A C T I O N DE l ’e a u SUR LA SURF. DU GLOBE, l l f î
cet effet : tantôt elle enlevera à quelques minéraux
leur partie alcaline ; tantôt elle se combinera
avec le fer qu’ils peuvent contenir, pour
former des hydrates ; ou bien encore, en se décomposant
, elle produira l ’oxigénation ou la
sur-oxigénation de quelque principe constituait.
Le feldspath, qui est la substance minérale la
plus abondamment répandue sur le globe , qui est
comme la base des granités et de la plupart des
roches primitives , est très-sujet à la décomposition
, sur-tout lorsqu’il est en grains lamelleux. Il
n’y a pas de paveur qui ne sache que , malgré sa
dureté apparente , c’est une des plus mauvaises
pierres qu’il puisse employer : à peine l’a-t-il
étendue sur un chemin qu’elle s’y réduit en une
vraie terre. L’analyse chimique ayant indiqué la
présence de la potasse dans un grand nombre de
feldspaths , on a pensé que la soustraction de ce
principe , opérée par les agents atmospheiiques,
pourrait bien être cause de la facilité avec laquelle
ce minéral se décompose. Sa décomposition entraîne
nécessairement la désagrégation complété
des roches dont il fait partie.
Les schistes , tant par suite de leur texture que
de leur composition , se délitent et se détruisent
avec beaucoup de facilite. Les pierres calcaires
résistent beaucoup plus, sur-tout lorsqu elles sont
pures. Quant aux grès , leur résistance dépend
beaucoup de la nature de leur ciment ; mais, en