
tenir à un volcan particulier , et avoir leur foyer
dans la même région que lui : ils ne se font guère
ressentir qu’à quelques lieues ou dixaines de
lieues de distance , et presque toujours leurs pa-
roxismes sont liés avec ceux de ce volcan. Les
autres, qui paraissent avoir leur foyer à une bien
plus grande profondeur, et dont les effets sont
beaucoup plus grands , se propagent à des dis-
tànces immenses avec une célérité incroyable ;
ils se font ressentir presque en même tems sur des
points éloignés de mille lieues.
Cependant quelques-uns de ceux-ci se rapprochent
des premiers , et ils tiennent encore aux
phénomènes volcaniques. C’est ainsi que lors du
tremblement qui renversa Lima en 1746, et qui
fut un des plus terribles que l’on ait vus, il s’ouvrit
qüatre volcans dans une nuit ; et l ’agitation
de la terre cessa (1). On dirait que les fluides élastiques,
qui, retenus et comprimés dans l ’intérieur
de la terre , y produisaient ces fortes secousses ,
s’étant ouvert une issue, se sont dégagés , et que
la nature se trouve délivrée du mal qui la tourmentait.
Buffon avait déjà fait celle remarque.
« Dans les pays sujets aux tremblements de terre,
dit-il, lorsqu’il se fait un nouveau volcan, les tremblements
cessent ou ne se font sentir que dans les
éruptions violentes , comme on l’a observé dans
(1) Ulloa, Vojage en Amérique.
l’île de Saint-Christophe « (1). Les volcans de
Monte-Nuovo près de Naples, et de Jorullo dans
le Mexique, vont nous fournir des exemples du
même fait.
§ 75. Dans les terrains volcanisés et encore fumants
du royaume de Naples, tout près de la Sol-
faltare de Pouzzol, en i 538, après deux ans de
tremblements de terre presque continuels, le terrain
se crevassa, et il en sortit du feu et des vapeurs
; il s’y fit en outre une ouverture d’où il s’éleva,
pendant sept jours, une si grande quantité de
fragments de lave, de scories et de cendres, que
ces matières, retombant tout autour, comblèrent
presque entièrement le lac Lucrin, et produisirent,
par leur entassement, le Monte-Nuovo ou
Monte di Cinere, qui a environ i 4o mètres de
hauteur au-dessus de sa basep laquelle a 2600
mètres de circuit : sa sommité présente encore les
restes du cratère qui a vomi ces matières (2).
D’une manière peut-être encore plus extraordinaire
s’est élevé, en ^à'Q, le volcan de Jorullo a
cinquante lieues à l ’est de Mexico , et a trente-six
lieues de la mer. Au milieu d’une plaine couverte
de riches plantations de cannes à sucre , et sur
un terrain volcanique, des mugissements épouvantables
, accompagnés de tremblements de
(1) Histoire naturelle, tom. I.
(2) Hamüton, Campi phlegrcei. Breislak, Institutions géologiques,
§ 5go.
Volcans
produits durant
les tremblements
de
terre.