
terraines à la décomposition et à l'inflammation
des pyrites, en se fondant principalement sur le
prélendu volcan artificiel de Lémery. Ce chimiste
prit vingt-cinq livres de limaille de fer et de soufre
pulvérisé ; il humecta le mélange, le mit dans
un vase , le couvrit d’un linge , le plaça à un pied
sous terre ; au bout de huit ou dix heures, la
terre se crevassa, se gonfla, et il en sortit des vapeurs
sulfureuses, et même quelques flammes (i).
Cette expérience prouve bien que le soufre et le
fer produisent de la chaleur et du feu , lorsqu’ils
s’unissent pour former un sulfure : mais lorsque
le sulfure existe , il n’y a plus d’action, il n’y a
plus de chaleur.
Les grandes masses de pyrites qui se trouvent
dans l ’intérieur de la terre , y sont en bancs intercalés
dans des couches de pierres ; elles ne sont
en contact ni avec l’air ni avec l’eau, au moins
sur une grande étendue. Jamais mineur n’a trouvé,
dans ses ateliers souterrains , des pyrites en igni-
tion , ou prêtes à prendre feu ; jamais il ne s’est
rien présenté à lui qui pût même lui permettre
de penser qu’un pareil effet pût avoir lieu. On
en chercherait vainement un exemple dans les auteurs
, même dans la grande Pyritologie de Henc-
kel; et c’est cependant ce métallurgiste qui, le
premier, a établi le système des fermentations
(i) Mèmoïi'es de t Académie , 1700.
souterraines (1), et qui l’a établi dans Ce t ouvrage.
J’ai vu des mines de pyrites , et l ’air n’y
était pas plus chaud que dans les autres. Je sais
cependant que les pyrites, dans certaines circonstances,
mêlées avec certaines substances, se décomposent
et produisent de la chaleur ; elles
élèvent ainsi la température dans des galeries de
mines; elles produisent réchauffement et même,
avec le contact de l ’air , l’inflammation de quelques
houilles et de quelques schistes bitumineux :
j ’en ai souvent cité des exemples; mais , je le répète
, les pyrites en bancs ne m’ont présenté rien
de semblable , et jamais on n’en a vu en feu ( 2 ) .
La cause qui allume et entretient les feux volcaniques est
très-vraisemblablement entièrement différente de celle qui produit
nos feux et nos combustions ordinaires, et probablement
elle est un effet de l’action chimique que des corps exercent les
uns sur les autres dans les entrailles de la terre : le mélange
d’acide sulfurique et d’eau, 1 extinction de la chaux vive, etc.,
nous offrent des exemples d’une chaleur produite par une pareille
action : des chimistes hollandais, et M. Berthollet, en combinant
des métaux avec du soufre, ont obtenu, même sans le
contact de l’air et de l’eau, la production d’une grande chaleur
accompagnée de lumière (3).
§ 81. La chaleur souterraine , quelle qu’en soit
( 1 ) V o y e z l 1o p in io ii d e W e r a e r s u r c e s fe rm e n ta t io n s : Théorie
des filons , § 8 g .
(2 ) D a n s q u e lq u e s c a s p a r t ic u l ie r s , le s p y r ite s p o u r r o n t ê t r e , p a r
su ite d e c e q u e n o u s v en o n s d e d ir e , la c a u s e d ir e c t e o u in d ir e c t e
d e la c h a le u r d e s e a u x th e rm a le s .
(3 ) Statique chimique, tom . I , p a g . 2 5 5 .
l 4.
S
M a t iè r e s
d e s la v e s .