
Abaisse-
mentduni-
veau des
terrains é-
levés.
Au reste , ces affaissements et éboulements
doivent être actuellement bien moins nombreux
et bien moins considérables que dans les premiers
tems de la formation du globe : les diverses par Lies
de l’édifice ont en quelque sorte pris l’assiette
qui leur convient.
A r t . 11. Effets dus aux éléments atmosphériques.
L’action des agents atmosphériques, de l’air et
de l’eau, sera encore aussi universelle que celle de
la pesanteur ; elle sera même plus continue , au
moins quant à ses effets. Nous avons déjà fait connaître
en détail la nature de cette action ( §§ 38—
48) : quelque foibles et petits que paraissent les
effets que nous avons cités comme exemples , si
l ’on considère que les agents qui les produisent
travaillent sans interruption sur tous les points de
la surface du globe, et cela depuis un laps de tems
indéfini, on conclura qu’en somme ils ne peuvent
manquer de produire des effets bien considérables
; et effectivement ils en ont produit de
tels : ils ont abaissé le niveau des terrains élevés;
ils ont morcelé les couches minérales , et ils ont
excavée la plupart de nos vallées. Examinons chacun
de ces divers effets.
§ 86. L’action décomposante de l’atmosphère
agit sur toutes les roches dont la superficie est à
découvert; elle les pénètre, elle relâche et détruit
l’agrégation de leurs molécules ; les eaux entraînent
les parties ainsi désagrégées, et par suite
d’une continuelle répétition de ces effets , les
terrains doivent baisser de niveau , et baisser
d’autant plus que la roche qui les constitue est
plus sujette à la décomposition. Mais comme cet
abaissement est toujours extrêmement petit, durant
le laps de tems que peut embrasser la durée
des observations du même homme ; qu’il se
fait le plus souvent d’une quantité égale ou du
moins très-graduée sur tous les points d’une
grande étendue de terrain, il sera imperceptible.
Vainement la tradition nous apprendrait-
elle que, dans un très-grand nombre de lieux,
l oti aperçoit maintenant des cimes et des objets
que l’on ne voyait pas autrefois , parce que des
montagnes ou des coteaux interposés, qui en dérobaient
la vue , ont perdu de leur hauteur : vainement
Pallas nous dirait-il que la chaîne granitique
de la Sibérie a beaucoup perdu de sa hauteur , à
cause de la facilité avec laquelle sa roche se décompose
(1); on pourrait encore contester ces
abaissements, si la na ture elle-même n’avait laissé,
en plusieurs endroits, des termes de comparaison,
et des témoins (2) de l ’ancienne élévation du sol.
Ces témoins sont les filons dont la partie supé-
(1) Voyage dans les gouvernements méridionaux de la Russie ,
tom. I , pag. 611.
(2) Les ouvriers employés au déblai, des terres donnent le
nom de témoins à des massifs de ces terres qu’ils laissent sub