
PREMIÈRE PARTIE.
CONSIDÉRATIONS GENERALES SUR LE GLOBE TERRESTRE
ET SUR LES MASSES MINERALES QUI
LE COMPOSENT.
CHAPITRE PREMIER.
DE LA FIGURE ET DE LA MASSE DU GLOBE
TERRESTRE.
L a considération de la figure et de la masse de
la terre est d’un grand intérêt en géologie , par
les lumières qu’elle répand sur l’état primitif de
notre planète , et sur quelques points de sa constitution
intérieure : c’est sous ce rapport que
nous allons traiter de cette figure et de cette
masse. 1» § 4. De nombreux phénomènes avaient déjà ,
depuis long-temps, indiqué que la terre était
ronde : les navigateurs , qui , en allant toujours
dans la même direction, se retrouvaient au point
dont ils étaient partis, et qui avaient ainsi fait le
tour du monde, mirent ce fait hors de tout doute,
et ils lui imprimèrent le sceau de la certitude
physique. La sphere étant le plus simple des
corps ronds , et rien n’ayant encore indique que
le globe fût plus arrondi dans une partie que
dans une autre, on le supposa parfaitement sphé-
Irique.
Cependant, s’il avait été fluide , comme plusieurs
circonstances pouvaient le faire présumer,
son mouvement de rotation aurait dû altérer la
sphéricité de sa forme , e t , en donnant une plus
grande force centrifuge aux parties situées vers
Sl’équateur, il aurait dû renfler le globe dans cette
partie et l’aplatir aux pôles. Huyghens, après
avoir découvert les lois des forces centrales , les
fit servir à la détermination de cet aplatissement,
et il le porta à , c’est-à-dire, que, d’après lui,
[le diamètre de l’équateur est à l’axe terrestre
comme 5 7 8 à 5 7 7 .
Voyons comment la théorie a pu conduire à un pareil ré-r
jsultat (1).
I Toutcorps qui décrit un cercle tend continuellement, ainsi que
l’on sait, à se mouvoir suivant la tangente, et par conséquent
|à s’éloigner du centre. Cette tendance, ou force centrifuge, se
[mesure par la quantité dont le corps s’éloignerait réellement
Idans l’unité de tems, la seconde, par exemple , si la force cen-
Itripète, ou l’obstacle qui le retient autour du centre , cessait
fd’agir, et cette quantité est représentée par le sinus verse du
ipetit arc décrit durant une seconde. Or, le rayon de l’équateur
iétant de 6376986 mètres , et la terre mettant 2dh 56' I f à
| (1) Les objets imprimés en petit caractère, dans cet ouvrage,
(sont, en quelque sorte, des notes nécessaires à l’intellig nce ou
jau développement du sujet, et que nous avons liées au texte pour
pie pas en couper la lecture pur des renvois.
Figure
d’après les
lois de l’équilibre
dee
fluides.