
Les eaux qui traversent ces terrains n’y produisent
, en les morcelant, que des mamelons ,
des collines -, ou , tou t au plus , de fort petites
montagnes: telles que celles de la Bretagne ; tandis
que le morcellement des plateaux donne lieu à de
vraies montagnes. Ic i, 1 action érosive des eaux ,
ou plutôt la cause , quelle qu’elle soit, qui détruit
peu-à-peu les masses minérales , continuant d’agir
, diminue de plus en plus la largeur des plateaux,
et doit finir par en faire des cimes ou des
faîtes de montagnes. Par un laps de tems, qui
dépasse presque , il est v ra i, ce que notre imagination
pourrait concevoir à cet égard, les vallées
ou échancrures qui entourent le grand plateau
central de 1 Asie, ou, pour parler avec plus
de connaissance de cause , le grand et haut plateau
de los Pastos dans f Amérique méridionale ,
s’avançant de plus en plus vers son intérieur, par
suite de l'action destructive des éléments, finiront
peut-être par le morceler entièrement ; et
ses derniers vestiges seront alors les cimes des
plus hautes montagnes de la région.
Entre les plaines des régions basses et les hau ts
plateaux des montagnes, il est encore des surfaces
en quelque sorte intermédiaires , et dont le morcellement
donne lieu à des inégalités du sol, qu’il
est important de signaler. Qu’on se figure un
terrain sous la forme d’un grand plan incliné,
et que loin à loin il s’y produise des sillons , la
personne qui le traverserait dans ses parties
élevées, obligée de descendre et de remonter
dans des vallées de quelques centaines de rnètres
de profondeur , le trouverait certainement fort
inégal ; et cependant elle n’y verrait point de
montagnes, c’est-à-dire des parties fortement
saillantes au-dessus du plan général de la surface ;
car les vallées et vallons n’existant que de loin
à loin , leur volume serait peu considérable par
rapport à celui du terrain resté à sa primitive
hauteur : les inégalités du sol ne seraient point
ici des exhaussements du terrain, elles y seraient
des enfoncements. Tel est à-peu-près le cas de la
partie de la France comprise entre la Loire , la
Garonne et le Rhône. A partir de l ’Océan , cette
région s’élève assez graduellement vers l ’est-
sud-est, jusqu’au faîte des Cevennes , dans l’Ardèche
et la Lozère, où elle atteint une hauteur
de près de i 5oo mètres : sa partie centrale, qui
comprend le Limosin, le Quercy, l’Auvergne et
le Rouergue, quoique très-morcelée, ne présente
presque point de montagnes , abstraction
faite des monts et produits volcaniques ; et cependant
on y est quelquefois à une hauteur de
près de mille mètres , et on y traverse des vallées
de trois , quatre et cinq cents mètres de
profondeur.
§ 34- Avant de terminer ce qui concerne les
inégalités que présentent les continents, nous nous
Bassins
t rivières.'