
semblables à ceux qu’on voit maintenant sous les eaux, dans èèé-
mêmes parages. Mais encore ces faits ne me paraissent pas assez
concluants ; ils semblent dépendre uniquement des localités.
Je dois ici remarquer que l’augmentation de la différence
de niveau entre la surface des eaux et quelques points observés
sur la terre ferme, qui était, pour les savants suédois,
une preuve de l’abaissement de cette surface, n’est aux yeux
de M Playfair qu’ une preuve de l’exhaussement des points observés
: car, dit-il, on ne saurait admettre l’abaissement du
niveau des mers en un point, sans l’admettre aussi sur toute la
surface de l’Océan : or, les observations faites dans nos ports,
prouvent que cet abaissement général n’a pas lieu. MM. de
Buch et Breislak partagent cette opinion sur le soulèvement
des terres ; mais il me semble qu’on ne saurait admettre une
conséquence aussi extraordinaire, avant que les faits dont on
veut la déduire n’aient été constatés dans tous leurs détail».
Werner remarque que, s’il était bien prouvé que le niveau
des mers se maintient exactement à la même hauteur, on pourrait
en conclure la diminution des eaux; car les graviers sables et
limons que les fleuves portent dans leur sein, et qui en exhaussent
nécessairement le fond, devraient aussi en élever le
niveau, si la quantité d’eau restait la même. Manfredi, après
avoir prouvé directement l’exhaussement du fond de l’Adriatique,
conclut, d’une suite de longs calculs, que le niveau général
des mers devrait s’élever de six pouces en348 ans,p^f l’ effet
des matières charriées par les fleuves.
En résumé , soit que la mer ait été autrefois à un niveau bien
plus élevé, ainsi que cela paraît incontestable aux yeux de presque
tous les naturalistes ; soit même quelle ait été à un niveau
inférieur au niveau actuel, ainsi que la forme de quelques vallées
et parties de la terre fermera où elles s’enfoncent sous les eaux,
pourrait porter à le croire, nous pouvons conclure que l’ensemble
de nos observations indique qu’il n’y a point eu de
changement sensible dans le niveau général des mers depuis les
tems historiques.
Les eauxsont-eiles arrivées à leur niveau actuel par l’effet d’un
abaissement ou mouvement subit, d’une révolution sur le globe,
d’où daterait l’ordre actuel des choses, ainsi que le pensent
MM. Deluc, Cuvier, etc., ou bien par l’effet d’une diminution
graduelle, dans un ordre de choses dont le nôtre serait une
continuation non interrompue , comme le croyaient Linné ,
Bergmann , Werner, etc.? Je n’oserais prononcer ; quoique
d ailleurs l’examen des parties basses de nos continents et de
nos terrains de transport donne une plus grande probabilité
à la première de ces deux opinions.
NOTE IX.
Des principaux systèmes de géogénie.
L ’examen des divers modes dont le globe terrestre a pu être
formé, c’est-à-dire des divers systèmes de géogénie, est étranger
à ce traité ; on peut voir l’exposition et la réfutation d’une
cinquantaine de ces systèmes dans la Théorie de la Terre par
Lametherié. Cependant, afin de ne pas renvoyer à un autre
ouvrage la connaissance de ceux qui fixent, à cette époque,
l’attention des minéralogistes, et dont la discussion se mêle
continuellement aux dissertations géognostiques , je vais donner
une idée très-succincte de ceux de Buffou, Deluc, Hutton,
Laplace et Herschell.
Buffon a supposé qu’une comète, passant avec rapidité près le
soleil, globe de matière embrasée et bouillonnante, avait choqué
une portion de sa surface , l’avait détachée et lancée dans l’espace;
et que cette portion, en se réunissant autour de divers
centres,avait produit les différentes parties du système planétaire,
et par suite la terre. Celle-ci était donc dans l’origine une
masse en fusion ( de nature vitreuse ou quartzeuse ). Elle se
2,7.
Système
de Buffon.